Yaoundé :Les journalistes defient les autorités PDF Print E-mail
User Rating: / 0
PoorBest 
By Dorine Temeching,   
Monday, 03 May 2010 13:08

Le sit-in qui était prévu ce lundi à l’esplanade des services du premier ministère et interdit par le sous préfet de yaoundé III a plutôt eu lieu en face de l’hôtel Hilton.

 


Ils étaient près de trois cent journalistes à assister à cette manifestation. Quelques uns tenaient dans leurs mains des pancartes avec écrits dessus, « Vigilance monsieur le président » ou encore « que la lumière soit faite sur le décès de Bibi Ngota ». Sur des tee-shirts portés par d’autres il était écrit sur le dos « que cesse la barbarie » ou bien « nous sommes tous des Bibi Ngota ».

 


Ils étaient encerclés par des gendarmes. Ces derniers les ont molestés à leur arrivée à l’hôtel Hilton. Et dans une résistance certains journalistes comme Polycarpe Essomba de la télévision « équinoxe tv », ont eu des vêtements déchirés.

 

Celui-ci déplore d'ailleurs le fait qu’en ce jour de célébration de la journée internationale de la liberté de la presse, les pouvoirs publics aient envoyés un déploiement de gendarmes pour molester la presse. Pour lui « c’est signé l’acte de décès de la presse camerounaise ».


Un journaliste raconte qu’à leur arrivée les gendarmes ont formés une ceinture pour les empêcher de passer. « On a trouvé une faille et on a pu passer. Ils ont donc arrêtés nos confrères. Je me suis accroché à Polycarpe Essomba qu’ils voulaient amener et c’est là que j’ai reçu des coups ». C’est dans cet affrontement que Polycarpe Essomba va perdre sa veste et sa chemise.


A 10h45, les journalistes entonnent l’hymne national. Après a suivi la lecture du mémorandum par le président de l’Ujc, Charles Ndi Chua. Dans ce document l’Ujc demande au gouvernement d’accepter leurs doléances pour que la presse puisse contribuer au développement du Cameroun et au processus de démocratisation du pays. Le sit-in s’est achevé vers 11h15 avec une minute de silence en mémoire au disparu.


Pour certains journalistes, bien que le sit-in n’ait pas eu lieu à l’esplanade des services du premier ministère, le message est passé. « Ce que nous voulions c’était faire une manifestation symbolique pour présenter le mémorandum de la presse camerounaise. Nous n’étions pas focalisés sur l’immeuble du Premier ministre » affirme Christophe Bobiokono secrétaire général de l’Ujc.


« Je suis très satisfait que cette manifestation soit passée. Les journalistes n’ont pas l’habitude de manifester donc il y a un malaise que les pouvoirs publics doivent prendre au sérieux » déclare Xavier Messe rédacteur en chef du quotidien « Mutations ».
 

Réactions


Charles Ndi Chua, président de l’Ujc : « Des gendarmes armés ont frappé des journalistes »


« Nous sommes venus discuter avec le gouvernement. Nous voulions marcher calmement en faveur de notre confrère. Mais nous avons été accueillis comme des bandits. Des gendarmes armés ont frappé des journalistes. Ils nous ont traités comme ils ont traité notre collègue. Nous sommes seulement venus armés de nos caméras, de nos papiers et de nos stylos. Mais ils sont venus avec des armes et nous ont frappés. Nous ne voulons par lutter avec la police encore moins le gouvernement. Laissez nous faire notre travail ».


Christophe Bobiokono, secrétaire général de l’Ujc : « Nous prenons à témoin l’opinion publique pour mettre l’Etat des pouvoirs publics devant leurs responsabilités »


« On a des collègues qui ne sont pas venus parce que la police a saisi les chefs d’entreprise pour qu’ils soient envoyés en mission hors de la ville. Nous prenons à témoin l’opinion publique pour mettre l’Etat des pouvoirs publics devant leurs responsabilités. Ce que nous voulions c’était une manifestation symbolique pour présenter le mémorandum de la presse camerounaise que nous avons déposé le 21 avril, avant le décès de Bibi Ngota, chez le Premier ministre et nous nous indignons de ce qui est arrivé à notre confrère. Nous n’avons pas tenu notre sit-in comme nous le voulions à l’esplanade des services du Premier ministre mais il a eu lieu. Nous n’étions pas focalisés sur l’immeuble ».


Xavier Messe, rédacteur en chef du quotidien Mutations : « L’encerclement des forces de l’ordre et la précarité avec laquelle ils ont frappé les journalistes telles sont les images qui feront le tour du monde »


« C’est un rassemblement symbolique. Le plus important est qu’au sein de l’opinion publique le message passe. Dans la mesure où une fois de plus on donne aux pouvoirs publics et aux forces de l’ordre la possibilité de démontrer qu’au Cameroun il n’y a pas de liberté d’expression au sens global du terme. Comment on peut expliquer qu’une corporation veut remettre un mémorandum aux pouvoirs publics et que cette corporation soit encerclée par les forces de l’ordre. Les pouvoirs publics ont l’habitude de dire que ce sont les journalistes qui ternissent l’image du Cameroun en diffusant des messages qui ne sont pas corrects. L’encerclement des forces de l’ordre et la précarité avec laquelle ils ont frappé les journalistes telles sont les images qui feront le tour du monde. Je suis très satisfait que cette manifestation soit passée. Les journalistes n’ont pas l’habitude de manifester car ils se considèrent comme une élite aux missions pédagogiques. Donc il y a un malaise que le gouvernement gagnerait à prendre au sérieux. Ce n’est pas n’importe quelle classe sociale ».


Haman Mana, Directeur de publication du quotidien « Le Jour » : « Respectez nous, arrêtez de mépriser la presse »

«C’est un geste de témoignage et je demande à tous les professionnels de rester les coudes soudés en ce jour mémorable. Je vous prie de vous en tenir à la déclaration de l’Ujc. Le message au gouvernement c’est respectez nous, arrêtez de mépriser la presse.»


Polycarpe Essomba, journaliste à « Equinoxe tv » : « C’est signé l’acte de décès de la presse camerounaise »


« C’est un sentiment de colère de voir que pour une manifestation comme celle-ci et qu’en ce jour on envoie un tel déploiement de gendarmes et de policiers pour intimider les hommes de presse. Je trouve cela totalement abominable. Ce sont des voies de faite qu’ils ont perpétrées sur ma personne. Ça aurait pu être n’importe qui, je ne pense pas qu’ils avaient rendez-vous avec moi. C’est davantage cette image que nous renvoyons dans le monde entier en ce jour de célébration de la journée internationale de la liberté de la presse. C’est signé l’acte de décès de la presse camerounaise ».
 

Comments (0)
Write comment
Your Contact Details:
Comment:
[b] [i] [u] [url] [quote] [code] [img]   
:D:):(:0:shock::confused:8):lol::x:P:oops::cry:
:evil::twisted::roll::wink::!::?::idea::arrow:
Security
Please input the anti-spam code that you can read in the image.

Bookmark with:

Deli.cio.us    Digg    reddit    Facebook    StumbleUpon    Newsvine
Last Updated on Tuesday, 04 May 2010 07:16
 
  • Latest News
  • Most Popular
  • Most Commented