Débat autour de l’héritage littéraire de Léopold Ferdinand Oyono PDF Print E-mail
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By Pierre Patrick Mouandjo / Carole Prudence Tientcheu   
Tuesday, 15 June 2010 12:10

« Une vie de boy », « Le vieux nègre et la médaille », « Chemin d’Europe ». Trois romans parus entre 1956 et 1960, c’est à ça que se résume la bibliographie de Léopold Ferdinand Oyono décédé jeudi dernier à Yaoundé.

 


 

Avant-gardistes, réaliste, humoristique ou tragique. Cinquante ans après leur parution, les œuvres littéraires du feu ambassadeur itinérant continuent de faire parler d’elles en bien.


A la Librairie des Peuples Noirs, aux Editions Clé et à la médiathèque du Centre Culturel Français, tous les responsables s’accordent à dire que «Le vieux nègre et la médaille » est sans aucun doute l’un des livres les plus demandés par les passionnés de lecture.


Pour Mme Njako Françoise responsable de la librairie des Peuples Noirs, cet ouvrage a propulsé au rang de meilleur romancier africain du XXème siècle Léopold Ferdinand Oyono. Celui-ci prônait l’éveil de conscience du peuple noir, pour qu’il sorte de la léthargie dans laquelle elle était plongée. Le but étant de prendre son destin en main.


Mais, elle déplore que l’ancien ministre de la culture ait cessé d’être en accord avec les idéaux de liberté et d’indépendance dès son entrée dans l’administration. Mme Njako dit par exemple qu’en 1972, quand parait « Main Basse sur le Cameroun » de Mongo Béti, Oyono qui était ambassadeur du Cameroun en France, est l’une des personnes qui a fait censurer ce livre qui va paraitre malgré tout. Pourtant l’ouvrage est en quelque sorte le prolongement du combat prôné par ses œuvres.


Pour Lele Vincent-de-Paul, responsable littéraire et production aux Editions Clé, Léopold Ferdinand Oyono était un grand écrivain qui a fait le choix d’une « carrière administrative, incompatible avec l’écriture romanesque raison pour laquelle il a rangé sa plume ».


Des avis que ne partagent pas tout à fait Alphonse Tonye, enseignant de stylistique et sémiotique à l’Université de Yaoundé I. Pour lui, on ne peut pas dire que Léopold Ferdinand Oyono ait arrêté toutes activités littéraires et intellectuelles après qu’il soit devenu un haut fonctionnaire. D’autant plus que précise le maitre de conférences, la littérature et la politique vont ensemble. A son avis, l’engagement littéraire de l’écrivain Oyono s’est poursuivi au niveau politique par le biais de l’action sur le terrain. Il a prolongé ses écrits en défendant ses principes dans l’exercice des différents postes qu’il a occupé.


Alphonse Tonyé qui a fait parti d’un collectif des enseignants qui ont rédigé un travail sur les écrits d’Oyono intitulé « Ecce Homo Léopold Ferdinand Oyono »(en français Cet Homme Léopold Ferdinand Oyono) confie que le regretté avait en projet depuis des années, un quatrième livre. Ce dernier qui n’a jamais paru aurait eu pour titre « Pandémonium ».


Pour rendre hommage à cet auteur qui utilisait un humour sarcastique pour dépeindre les réalités post indépendances et les travers de la colonisation, la médiathèque du Centre Culturel Français de Yaoundé organise une exposition de ses différentes œuvres qui s’arrachent comme des petits pains.

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