Intégration sous-régionale : Un bilan mitigé pour l’Afrique centrale PDF Print E-mail
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Written by Charles L. Tchagnéno   
Thursday, 29 September 2011 15:28

Dans un ouvrage qu’il vient de publier, Alphonse Zozime Tamekamta présente les tares qui ont plombé les objectifs de l’Udeac et la gestion camerounaise de son administration, et interroge l’avenir de l’intégration en zone Cemac à l’heure de la mondialisation.

 

En 1964, sous l’impulsion des chefs d’Etat de l’Afrique centrale, naît l’Union douanière des Etats de l’Afrique centrale (Udeac). Avec pour objectifs de permettre, à terme, une intégration économique effective de la sous-région à travers la libre circulation des personnes et des biens. Et une harmonisation des politiques économiques (douanières, industrielles,…). C’est du moins ce qui ressort des textes constitutifs de l’Union.

 

Des objectifs louables. Mais qui ont été « partiellement ou imparfaitement atteints » à cause de nombreux écueils, constate Alphonse Zozime Tamekamta, dans un essai qui vient de paraître aux éditions L’Harmattan. Des écueils dus, entre autres, à l’inadéquation entre les textes et les principes fondateurs, aux égoïsmes nationaux ou encore aux conflits de leaderships entretenus par les dirigeants des Etats-membres.

 

Une situation qui a plombé, pour longtemps, l’activité de l’Udeac. Et celle de son administration dépouillée de pouvoir de décision, malgré toute la bonne volonté, la compétence et le dynamisme des nombreux secrétaires généraux (camerounais) qui se sont succédés à sa tête entre 1964 et 1998, date de la création de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac).

 

C’est une recension de plus de trois décennies d’histoire de l’Udeac et de sa transition vers la Cemac, mais surtout du rôle central qu’a joué le Cameroun dans le processus d’intégration en Afrique centrale que l’auteur expose sans vergogne dans un ouvrage riche de 246 pages pour trois parties subdivisées en sept chapitres.

 

Une histoire qui remet au goût du jour, de ses prémices à l’ère du Renouveau, la volonté, malheureusement « éphémère » des chefs d’Etat de la sous-région Afrique centrale, de se mettre ensemble pour un idéal communautaire d’intégration. Mais une volonté qui a résisté aux difficultés et au temps. Notamment avec la création de la Cemac qui de l’avis de l’auteur, « s’inscrit dans la continuité du processus d’uniformisation des espaces économiques initié en 1964 avec la création de l’Udeac » dont elle est la fille. (p. 165).

 

A ce titre, elle en a (certainement) hérité nombre de tares, malgré son souci d’intégration plus affiché. Avec, entre autres, la mise sur pied des instruments juridiques coercitifs à l’instar du parlement communautaire et la cour de justice communautaire.

 

L’ouvrage préfacé par le Pr. Jacques Fame Ndongo ne manque pas au passage, d’interroger l’avenir de l’intégration en Afrique centrale dans un contexte de tiraillement entre nationalisme, communautarisme et mondialisation. Un questionnement qui, avant d’en appeler à la responsabilité des chefs d’Etat de la sous-région, met en exergue le rôle trouble qu’aura joué la France dans la « non-intégration » de l’Afrique centrale. Une France tenant plus que jamais à garder la mainmise sur ses anciennes colonies.

 

Alphonse Zozime Tamekamta est enseignant d’histoire. Il vient d’achever la rédaction d’une thèse de Doctorat/PhD en histoire des relations internationales. Il s’intéresse dans ses différentes recherches à la thématique générale du développement par l’intégration sous-régionale en Afrique centrale.

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Last Updated on Friday, 30 September 2011 09:21
 
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