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A l’occasion de la célébration de ses 25 ans de carrière, l’artiste Roméo Dika se confie à camerounactu.net et parle de sa carrière, de la musique camerounaise, de ses rapports avec les autres artistes, du ministère de la Culture et bien d’autres sujets.

A l’occasion de la célébration de vos 25 ans de carrière, vous organisez le 11 décembre prochain, au palais des Sports de Yaoundé, un concert événement. Ce sera le premier spectacle que vous donnez dans la capitale politique du Cameroun. Pourquoi avoir attendu 25 ans pour vous produire à Yaoundé ?
Simplement parce que les promoteurs ont jugé que peut-être j’étais un peu compliqué pour leur manière de fonctionner. Et comme à l’époque je n’avais pas les moyens d’organiser les concerts tel que je souhaitais, j’ai simplement attendu, et puis le moment est arrivé.
Cette célébration de vos 25 ans de carrière coïncide avec la sortie de votre nouvel album « You & Me ». Vous parlez de qui lorsque vous dites « You » ?
« You&Me » simplement parce depuis 25 ans j’ai un rapport étroit et chaleureux avec le public, les médias, avec tout le monde. C’était pour moi l’occasion de m’arrêter et de dire merci à tout le monde.
Est-ce que c’est pour vous l’occasion de dire merci et d’annoncer la fin de votre carrière ?
Si Anne Marie Ndzié, Manu Dibango, Eko Roosevelt et tous les aînés tirent leur révérence, je pense que je ferai aussi pareil. Mais pour le moment comme ils sont encore en activité et que je ne suis qu’un tout petit enfant comparé à eux, je ne peux pas avoir la prétention de dire que je m’arrête. Je ne suis qu’à mes débuts.
Cette interview est l’occasion pour nos lecteurs de connaitre davantage sur vous. Occasion de connaitre par exemple le quantième album solo que vous mettez sur le marché.
« You & Me » est le dixième album solo de Roméo Dika. Mais je suis le propriétaire de la structure DRI Productions qui a déjà produit à peu près 70 artistes camerounais et étrangers (Ndlr : Cette structure qu’il a crée en 1987 a produit des artistes tels que le groupe antillais Flash, Sala Bekono, Julia Young, Solo Sita, Chantal Ayissi, Pablo Ekambi, Biba Bi Fana, Pepe Kingue, Ndjang le Zappeur, Jean Noel Sengat, Claudia Dikosso, Mango , Monique Seka etc).

Très souvent vous vous définissez comme un artiste engagé.
C’est vrai. Quand on écoute mes textes dans le premier sens, c’est tout à fait normal qu’on ne comprenne pas. Mais si on écoute dans la profondeur de ma pensée, on constatera que je suis un artiste engagé.
C’est certainement pourquoi vous avez intitulé votre précédent album « La lutta continua ». Vous parlez de quelle lutte dans ce disque ?
La lutte pour le vécu quotidien, la lutte pour l’arrêt de l’avilissement des consciences, la lutte pour l’avènement d’un ordre démocratique assez poussé dans lequel les uns et les autres ont toutes leurs chances d’évoluer. Une lutte qui devrait régenter le fonctionnement de l’ordre politique. Un combat pour la régulation des rapports entre les hommes de médias et les hommes de culture.
Comment réussissez-vous à concilier ce statut d’artiste engagé et votre appartenance au Rdpc ?
Peut-être que les gens ne le savent pas, le Rdpc est un parti d’engagement. Tout le monde au Rdpc est engagé. Engagé dans un esprit de permettre l’amélioration des conditions de vie des camerounais. Il n’y a pas de raisons que cela se fasse ailleurs. C’est plutôt à l’intérieur du Rdpc que se passe le débat démocratique.
En plus d’être artiste musicien et de militer dans le Rdpc, vous êtes également producteur, éditeur, arrangeur de musique. Comment gérez-vous toutes ses casquettes ?
Grâce à l’organisation. En effet je ne travaille pas tout seul. Nous sommes une équipe et chacun fait son boulot. Je me contente de faire le mien.
Qu’est-ce qui vous emmené dans la production ?
Lorsque j’étais plus jeune, j’ai constaté qu’il fallait faire beaucoup de courbettes pour trouver un producteur ou tout simplement pour faire écouter son travail. N’étant pas quelqu’un qui aime les courbettes et étant très décidé, j’ai décidé de me battre pour trouver des solutions. Et par la grâce de Dieu, ça marche jusqu’aujourd’hui.
En 25 ans de carrière, on peut dire que vous êtes un doyen. Et cela vous donne le droit de poser un regard sur la musique camerounaise dont vous avez vu l‘évolution au cours de ces années.
C’est un regard avec beaucoup de recul. Beaucoup de recul parce que quand on est quelqu’un qui commence, on doit éviter de porter des jugements de valeurs. Mais je pense que la musique camerounaise traverse un moment difficile. Cette musique reflète l’état d’esprit des camerounais aujourd’hui. Des camerounais qui ne pratique pas le culte de l’effort. Si on veut la facilité, la musique et la culture elles-mêmes ne seront que faciles. On ne sera pas dans une logique de prospective. Cependant je crois que les camerounais ont la capacité de travailler. Ils ont la capacité de surpassement. C’est ce à quoi je les interpelle. Il faut tout simplement the right man in the right place.
Quelles sont vos relations avec les autres artistes camerounais?
Je pense que je n’ai pas de mauvaises relations. Dans mon esprit je n’ai rien contre personne. Quand j’ai un travail à faire avec quelqu’un, je l’appelle. Mais je n’ai plus d’amis dans ce milieu. J’ai des collègues avec les quels je fais un certain nombre de choses le moment venu. Les évolutions et un certain nombre de choses ont fait que j’ai pris un peu de distance. Le seul ami que j’ai véritablement c’est mon fils et le bon Dieu.
Qu’en est-il de vos relations avec le ministère de la Culture, quand on sait pendant une dizaine d’années, vous étiez persona non grata dans ce ministère?
On semble vouloir me donner l’impression que je peux avoir accès au ministère de la culture. Mais au-delà de la parole, il faut que des actes soient posés. Je n’ai pas encore été reçu par le ministre de la culture en tant que Roméo Dika. Je pense que j’ai tellement de casquettes que de manière logique, ça devrait aller de soi que je demande une audience et que je sois reçu. La ministre de la culture m’a écrit pour me marquer son accord pour parrainer la célébration de mes 25 ans de carrière. Mais il y a un certain nombre cde choses qui devaient arriver et qui ne sont pas arrivées.
On peut donc dire que ce n’est pas encore le parfait amour entre Roméo Dika et le ministère de la Culture ?
On n’a même pas besoin de parfait amour. On a besoin d’amour normal et logique. C’est-à-dire que Roméo Dika en 25 ans a écrit des pages de la musique camerounaise. On ne peut pas dire que je n’ai rien fait. Si on le dit, c’est qu’on méconnait Grace Decca, Annie Anzouer, Chantal Ayissi, Sallé John ou Ben Decca. Je ne dois pas quémander. J’ai contribué en tant que auteur compositeur, arrangeur, producteur. J’ai investi pour avoir l’un des plus grands matériel de sonorisation. Si je dois faire des courbettes pour obtenir le soutien d’un ministre de la Culture, c’est que je me suis perdu de pays. J’aurais mieux fait d’investir sur les ivoiriens ou d’autres personnes.

Beaucoup de lecteurs aimeraient bien savoir la relation qui vous lie à l’artiste Mango.
C’est une artiste produite par DRI Productions. Et je profite pour inviter les camerounais à s’élever au-dessus des reptations. Quand on est un artiste, on est un homme public, mais ça ne veut pas dire qu’on invite tout le monde dans sa vie privée. La relation que nous avons avec le public, c’est qu’il écoute nos œuvres et qu’il apprécie ou qu’il n’apprécie pas. Ils n’ont pas besoin de savoir si Roméo Dika couche avec tel ou tel autre. Ce n’est qu’au Cameroun qu’on voit ça. Ça nous désole un peu.
Roméo Dika merci
Je vous remercie et aussi ceux qui m’ont soutenu depuis 25 ans. Et je saisis l’occasion pour m’adresser à ceux qui racontent des ragots et leur dire qu’on ne connait pas quelqu’un sans l’approcher. Et comme je crois en Dieu, je pardonne.
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J aimerais bien chanter ce ke j ecri mai ki va me produir ?nous avon besoin d
aide merci.