Controverse autour d’un projet d’un milliard au Pndp PDF Print E-mail
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Written by Aboudi Ottou   
Wednesday, 19 September 2012 07:17

Le Rassemblement de la jeunesse camerounaise, une association présidée par le journaliste Sismondi Barlev Bidjoka, a publié un rapport pour dénoncer « une grave malversation financière » dans le projet «Transfair services » conduit par le Programme national de développement participatif (Pndp). Au Pndp et chez Hope Corporate, le cocontractant, l’on assure que tout se passe dans les règles de l’art. La coordonnatrice du Pndp parle même « d’une volonté de nuire ».


Le déclencheur


Mardi 18 septembre 2012, Sysmondi Barlev Bidjoka, le président Rassemblement de la jeunesse camerounaise (Rjc), une association de jeune camerounais créée en 2007, réunit les journalistes dans un hôtel de Yaoundé. Il leur présente un rapport qui dénonce « une grave malversation financière » dans le projet «Transfair services », logé au Pndp. Ce projet d’un coût de près d’un milliard de Fcfa, porte sur la construction « d’une plateforme informatique intégrée » pour la mobilisation des ressources non génératrices d’endettement, la réalisation d’un « Cd Rom interactif» sur les atouts et les potentialités de l’économie camerounaise et d’une « plaquette » sur le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (Dsce).

 

Les dénonciations de ce journaliste de profession qui demande déjà « la mise immédiate à la disposition de la justice des acteurs identifiés de cette escalade », repose sur trois arguments principaux. Le premier est que Hope finances, la filiale camerounaise de Hope corporate, entreprise cocontractante basée à Paris en France, a commencé à émarger dans les caisses de l’Etat le 31 janvier 2011, alors que le marché n’a été passé de gré à gré que le 22 juillet 2011. De plus, s’inquiète-t-il, la plateforme réceptionnée le 6 septembre n’est pas « visible en ligne », le Cd rom et la plaquette ne sont non plus disponible. Enfin, Sismondi Barlev Bidjoka, ne comprend pas pourquoi le marché a été passé de gré à gré.

 

Pour comprendre, le président du Rjc dit avoir joint la Coordonatrice du Pndp. Madame Marie Madeleine Nga lui aurait lancé « Vous allez publier et puis quoi ? …vous n’avez aucune idée de qui je suis. Publier ce que vous voulez… vous écrivez tous les jours non ? », avant de raccrocher.

 

« Je n’ai jamais parlé avec un certain Bidjoka »

 

Rencontrée au siège du Pndp, la Coordonatrice dément. « Je n’ai jamais parlé avec un certain Bidjoka », indique-t-elle l’air préoccupé. Et d’ajouter, « de tels mensonges montrent bien qu’il y a une volonté de nuire ». Pour expliquer ce qui est présenté dans le rapport du Rjc comme des « anomalies », Madame Nga nous plonge dans l’historique du projet.

 

On apprend alors que début 2011, alors que le Pndp et Hope corporate, entreprise spécialisée dans le transfert de services, travaillent déjà pour la construction d’un portail dédié au financement des plans communaux de développement (Pcd), ils sont approchés par les responsables du ministère de l’Economie de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat), tutelle du Pndp, à la recherche des financements non générateurs d’endettement pour le financement des projets inscrits dans le Dsce, intéressés par l’idée mise en place pour le financement des Pcd.

 

A l’issue de la première conférence annuelle des responsables du Minepat qui se tient en février 2011 et à laquelle prennent part de hauts responsables du ministère des Finances, « il est recommandé d’étendre cette solution conceptuelle des Pcd à la stratégie pour la croissance et l’emploi et de tout mettre en œuvre afin d’assurer son implémentation dans les meilleurs délais ». D’où le gré à gré et le choix de Hope corporate. Le projet financé à 35% par le Pndp et à 65% par le Minepat, prend le nom de « Tranfair services ». Les près de 200 millions versés à Hope finances avant que le gré à gré ne soit autorisé par le Premier ministre sont une partie des 35% du Pndp, et représentent les sommes dues avant l’élargissement du projet.

 

« C’est n’est pas un site internet »


La plate forme informatique intégrée, l’une des composantes du projet « Transfair services » est un projet « révolutionnaire de recherche de financements et de suivie de projet ». « C’est n’est pas un site internet », a tenu à préciser Philippe Mbondjo Penda, le directeur des opérations à Hope finances également rencontré. Au moment de son exploitation, un contrat y relatif est d'ailleurs en préparation, la plate forme aura une interface publique interactive. Y seront visibles, tous les projets contenus dans les Pcd, le Dsce, et même des projets d’organisations non étatiques.

 

Ainsi, explique le directeur des opérations, tout individu ou organisation intéressé par la réalisation d’un projet, pourra donner sa contribution à partir son ordinateur un peu comme dans les sites de vente en ligne et suivre la réalisation du projet sans se déplacer. De plus et grâce à l’interactivité de la plate forme, tout citoyen aura la possibilité de dénoncer tout dérapage survenu dans la réalisation du projet.

 

Le Cd Rom et les plaquettes quant-à-eux, seront livrés au plus tard le 15 décembre 2012, la réalisation du projet ayant accusée un retard de 9 mois suite au changement intervenu à la tête du Minepat le 9 décembre 2011 et au manque de financements. D’ailleurs, Hope finances réclame encore à l’Etat plus de 250 millions de Fcfa.

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Last Updated on Wednesday, 19 September 2012 17:48
 
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