Cemac : Pourquoi faut - il amener les entreprises a la bourse? PDF Print E-mail
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Written by La COSUMAF   
Monday, 08 November 2010 13:57

 

Alors que les critiques fusent en direction des banques leur reprochant de ne pas faire suffisamment en matière d’octroi de crédit aux entreprises, les mêmes qui se plaignent de ce état de fait ne semblent pas accorder d’intérêt ou d’importance au nouveau mécanisme de financement qui a été crée pour elles. Il s’agit de la Bourse Régionale des valeurs mobilières qui est un outil de financement long par excellence.
 
Ce paradoxe est encore plus amplifié lorsqu’on prend en considération les nombreux besoins de financement à satisfaire pour sortir de la pauvreté et réaliser les objectifs du millénaire et l’embellie financière exceptionnelle des pays de la CEMAC.
 
Cette situation incongrue doit interpeller les décideurs de la vie économique pour résoudre cette équation somme toute facile entre un excédent de capitaux et une forte de demande de capitaux.
 
Le marché financier de la CEMAC peut aider à la résolution de cette équation grâce à un accompagnement qu’il faut offrir aux entreprises pour qu’elles diversifient leurs sources de financement en mélangeant recours aux crédits bancaires et recours au marché financier.
 
Sans nul doute, les entreprises de la CEMAC se sentent peu préparées pour prendre la décision importante de s’introduire en bourse. Beaucoup d'entreprises n'ont encore qu'une idée vague de l'intérêt d'une introduction en Bourse et elles  en mesurent mal les coûts.
 
A quel moment s’introduire en Bourse ? Combien vaut l'entreprise et comment déterminer le prix d'introduction à partir d'une estimation de la valeur? Sur quel compartiment de la BVMAC s’introduire ? Quel intermédiaire et quelles procédures sont  les mieux adaptées à l'entreprise ?
 
Telles sont les questions pertinentes que se posent assurément les dirigeants de nos entreprises.

L’autorité de régulation du marché financier de la CEMAC, en organisant à BRAZZAVILLE le 6 et 7 Décembre 2010, la deuxième édition des journées du marché financier de la CEMAC, veut offrir une opportunité à tous las acteurs du marché financier de la CEMAC, de débattre de cette problématique du financement des entreprises par le marché financier ; Sans nul doute qu’à cette importante rencontre toutes leurs interrogations trouveraient –elles une réponse ?
 
En outre, nous savons qu’une entreprise même florissante a besoin, tout au long de sa vie et dans sa quête :
-de créer toujours plus de richesse,
-et  de prendre des mesures préventives pour concilier entre le niveau des  fonds propres et  l’endettement.
 
Cet arbitrage s’opère en permanence au moyen de l’autofinancement qui est un l’indicateur de bonne santé de la société  et du financement par le crédit bancaire et /ou au financement direct par le marché.
 
Le marché financier est donc bien une source alternative de financement qu’une entreprise peut solliciter pour assouvir son ambition de croissance.
 
Dans l’exposé qui suivra, « quelques bonnes raisons » seront mises en relief pour convaincre les entreprises de la CEMAC à franchir le pas et chercher à s’introduire en Bourse. Bien; entendu pour que le message soit complet, seront aussi esquissés « les inconvénients » ou plus tôt les exigences de ce mode très moderne de financement des entreprises.
 
 
 
I)-LES BONNES RAISONS D’UNE INTRODUCTION EN BOURSE 
 
Une entreprise peut être amenée à rejoindre le marché boursier pour différentes raisons :
¨ -La levée des fonds et le renforcement des fonds propres
¨ La recherche de la notoriété
¨ -la valorisation permanente de l’entreprise
¨ -l’intéressement des employés et des salariés
¨ -Amélioration de la gouvernance d’entreprise
¨ -le Bénéfice des avantages fiscaux
 
(1) la levée des  fonds et le renforcement des fonds propres:
 
Dans le contexte des économies modernes, le marché financier est l’endroit idéal où les entreprises sont en mesure de lever les fonds et financer leur haut de bilan. Cette opération financière demeure la principale motivation de toute introduction en bourse. Elle fait de la bourse une source de financement alternative. Une entreprise y recourt lorsqu’elle est confrontée à deux types de situation.
 
(i)-l'entreprise souhaite financer des projets d'envergure qui dépassent la capacité de financement de ses bailleurs de fonds habituels (actionnaires actuels et banquiers). Citons à titre d’illustration :
-le rachat d'une autre entreprise ;
-l'augmentation des capacités de production de l'entreprise ou l'amélioration de sa productivité ;
Une entreprise qui développe de telles perspectives de croissance ressent un besoin de liquidité auquel les actionnaires ne peuvent pas toujours répondre. Alors dans ce cas, la Bourse constitue une source de financement alternative ou complémentaire à un prêt bancaire ou à un apport d'associé.
 
(ii) l'entreprise souhaite réduire son endettement
 
L'introduction en bourse permet de dégager des fonds qui viendront éponger la dette de l'entreprise et assainir sa situation financière. Ce faisant, elle accroît sa capacité d'endettement future;
Dans les ces deux cas, (La restructuration financière et  la réduction de l’endettement de l’entreprise,), l'essentiel des actions proposées lors de l'introduction sont des actions nouvelles.
 
 L’introduction en bourse permet de dégager des fonds qui viendront éponger les dettes de l’entreprise et assainir sa situation financière. Ce faisant, elle accroît sa capacité d’endettement future.
 
(2)  la recherche de la notoriété et l’amélioration de l’image de marque.
 
Le désir de notoriété figure au premier rang des motivations affichées par les entreprises s'introduisant en Bourse. La publicité faite autour d'une opération d'introduction est importante et la présence d'une entreprise à la cote lui assure une visibilité permanente à travers l'attention régulière portée à son évolution et à ses résultats par les medias.
 
Cette visibilité accrue et récurrente multiplie les opportunités de l'entreprise à retenir l'attention et à attirer vers elle de futurs partenaires ou de nouveaux clients.
 
Ce gain de notoriété et de crédibilitéfacilite également les relations de l'entreprise avec les autres institutionnels (banques, administration...), et les  partenaires au quotidien.
 
Une entreprise non cotée aura plus de mal à attirer des collaborateurs de haut niveau, ou à entrer dans des relations de long terme avec de grandes entreprises.
 
(3) la valorisation en permanence de l’entreprise.
 
La cotation fournit quotidiennement un prix de marché de l’action, qui vient faciliter la résolution du problème de la valorisation des cessions, très délicat pour les entreprises non cotées.
 
L’introduction en bourse offre à certains actionnaires familiaux la possibilité de vendre leurs titres progressivement après l’introduction, ou à certains autres, de se retirer ; Ce qui n’empêche pas de conserver un bloc majoritaire familial évitant tout risque de perte de contrôle. Elle permet, pour un actionnaire dirigeant, de réduire la concentration excessive de son patrimoine sur l’entreprise qu’il dirige, au profit d’une diversification souhaitable de ses actifs personnels.
 
(4) l’intéressement des employés et de la direction
 
L'introduction en Bourse facilite aussi la mise en place d'un système d'intéressement des salariés des entreprises à fort potentiel de résultat, par exemple sous la forme de stock-options.
 
Certes, rien n'interdit à une entreprise non cotée de distribuer des stock-options à ses salariés, mais l'absence d'un prix de marché clair et la difficulté de céder les titres en diminue l'intérêt pratique.
 
(5) l’amélioration de la gouvernance de l’entreprise
 
L’introduction en Bourse est l'occasion d'une mutation dans le système de « Gouvernement de l'entreprise ».
 
Elle implique au minimum une transparence des comptes de l'entreprise, et plus largement un effort de communication financière dirigé vers des investisseurs externes, actuels ou potentiels. Elle conduit aussi à la mise en place de système moderne de contrôle interne et à une professionnalisation des instances d'administration et de surveillance.
 
Ces mutations sont parfois vécues, à court terme, plus comme un coût que comme un avantage de l'introduction. A long terme, elles ne peuvent que conforter la solidité de l'entreprise et mieux la préparer à solliciter le marché financier 

(6i) Bénéficier d'incitation fiscale conséquente:
 
Dans la zone CEMAC, les Hautes autorités politiques ont tout de suite concédé aux opérations boursières, de nombreuses dispositions fiscales avantageuses pour les rendre attractives.
 
Ainsi, l'introduction en bourse d'une entreprise lui permet de bénéficier d'un statut fiscal particulier et avantageux. Une entreprise bien gérée et qui a un potentiel de croissance, si elle fait le choix de se financer par le marché financier, paiera moins d’impôt.
 
Plus concrètement, si elle ouvre son capital, soit en émettant de nouvelles actions, soit en cédant une proportion du capital au grand public, dans ces conditions, le taux d’imposition de l’Impôt sur le Bénéfice (IS) enregistrerait un abattement passant de 35% à 25% ou 20% en fonction du degré d’ouverture du capital décidé. Pour les anciens actionnaires, le produit de la vente de leurs actions lors l'introduction est exonérée de tout impôt.
 
Les avantages que tirerait une entreprise à s’introduire en bourse sont nombreux. L’’énumération a laquelle nous venons de procéder suffira-t-elle pour convaincre les entreprises de la CEMAC à choisir ce mode de financement ? N’y a-t-il que des avantages ou bien existe-t-il une peur sourdine à recourir à la Bourse ?
 
Les griefs, les plus couramment évoqués par les dirigeants des entreprises s’assimilent plutôt à des contraintes que nous allons passer en revu
 
II)- LES INCONVENIENTS DE LA COTATION :
 
(1) Sacrifices en termes des coûts :
 
Une opération d’introduction en bourse génère des coûts. Certains coûts sont connus tels que ceux homologués par l’autorité de régulation.
 
Les autres coûts sont difficilement chiffrables, mais ils doivent être pris en considération car pouvant peser sur les charges de l'entreprise. Il s'agit de tous les coûts liés à la mobilisation des dirigeants de l'entreprise qui vont décider, suivre et gérer tout le processus de l'introduction en bourse.
 
(2) Le manque de confidentialité :
 
Les entreprises cotées doivent pratiquement tout dévoiler. Les informations sur les ventes de la société nouvellement cotée, ses marges, ses salaires, ses projets d'avenir seraient accessibles à tous. Cela signifie queses concurrents, clients, fournisseurs, et employés auraient accès à ces informations.
 
(3) Une pression accrue sur les résultats à court terme :
 
L'aspect le plus frustrant de l'introduction en bourse serait l'importance accordée par les actionnaires aux performances à court terme. L'entreprise cotée serait obligée de communiquer des résultats trimestriels et annuels. Les marchés financiers ainsi que les banques d'affaires et les actionnaires seraient très déçues si l'entreprise cotée enregistrait un mauvais trimestre et le ferait savoir. Ceci peut être d'autant plus frustrant que la baisse des résultats trimestriels ou annuels peut résulter des décisions intelligentes et stratégiques d'investissement à long terme, dont les effets ne se feront ressentir que plus tard.
 
CONCLUSION
 
Les griefs contre une opération d’introduction en bourse et qualifié ici d’inconvénient mériteraient plutôt d’être considérés comme les obligations d’une entreprise inscrite à la cote officielle d’une Bourse. Aujourd’hui, ces obligations qui se résument en une nécessité de transparence ne sont plus le lot des seules entreprises en Bourse.
 
Dans la nouvelle régulation bancaire, notamment dans l’édiction des normes de Bâle 3, les BANQUES doivent justifier au Régulateur la transparence dont fait montre les entreprises à qui elles ont donné du crédit.
 
Faute de la production de cette preuve, les banques en question seront astreintes à constituer des provisions. Ce qui va obérer leur rentabilité.
 
Dès cet instant, il est clair que les entreprises de la CEMAC ne doivent plus redouter les obligations d’informations qui pèsent sur une entreprise qui s’introduit à la Bourse. ELLES sont maintenant les mêmes quelque soit le marché bancaire ou financier
 
Par conséquent, Il est tout aussi clair que le recours au marché financier ne peut se développer sans une volonté réelle de mettre les entreprises à un même degré de transparence et un accès au financement avec les mêmes contraintes (Transparence et performance).
La concurrence imparfaite entre marché bancaire et marché financier ne peut qu’accroître l’endettement des entreprises au risque et péril du secteur bancaire qui va assumer seul le fardeau des crédits octroyés.
 
Dans notre espace économique, le recours nécessaire au marché financier accélèrera la mise à niveau de nos entreprises et de la structure de leurs fonds propres, étape nécessaire et urgente pour pouvoir faire face à la concurrence des entreprises étrangères installées localement ou à l’étranger.

 

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Last Updated on Monday, 08 November 2010 15:44
 
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