Sucre : La faible production locale à l’origine de la pénurie PDF Print E-mail
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By Dorine Temeching   
Saturday, 23 October 2010 12:14

Depuis des mois déjà, cette denrée alimentaire apparait et disparait des étals des marchés plongeant les consommateurs dans le désarroi.


1000 Fcfa, tel est le prix que les consommateurs de sucre déboursent depuis déjà des mois pour un kilogramme de sucre en poudre ou en morceaux. Et ceci quand on en trouve. Car dans certains marchés ce précieux sésame est presque inexistant.


Des réunions se succèdent au ministère du Commerce pour pallier au déficit. Mais le problème persiste.


Les raisons de la pénurie


Face à cette situation, les uns avancent la thèse selon laquelle la production locale n’est pas assez abondante pour satisfaire tout le monde. «Le problème du sucre est le déphasage entre la production nationale, nettement insuffisante et une consommation, tant des ménages qu’industrielle, en forte croissance », a affirmé le ministre du Commerce dans Cameroon Tribune édition du 21 octobre 2010. Luc Magloire Mbarga Atangana constate que l’écart entre la demande et l’offre ne cesse de se creuser au fil des ans.


Cet argument est partagé par le président de l’Association citoyenne pour la défense des intérêts collectifs (Acdic), Bernard Njonga. Il pense que si la production locale est revue à la hausse, l’offre pourra combler la demande qui est sans cesse croissance au fil des années.


L’exportation


L’autre raison évoquée par le porte-parole de la campagne «Zéro produit importé au comice agropastoral d’Ebolowa » est celle liée à l’exportation des produits vers l’extérieur. «Quand une entreprise se rend compte qu’à l’intérieur du pays les prix sont homologués et contrôlés et qu’elle ne réalise plus de bénéfices, elle préfère se tourner vers le commerce international », explique Bernard Njonga.


Le produit est ainsi exporté et les consommateurs locaux se voient obliger d’augmenter la bourse pour pouvoir avoir la denrée. Il y a également des sociétés qui prennent des engagements au niveau international pour l’exportation des produits. Par conséquent quand, la pénurie commence à se faire ressentir l’entreprise doit d’abord satisfaire la demande extérieure avant de penser à l’intérieur. Pour le président de l’Acdic, on doit chercher les causes de la pénurie de sucre dans ces raisons.


La spéculation


Dans les marchés, le doigt accusateur est pointé sur les vendeurs qui à l’approche des grandes fêtes ou période de consommation de sucre stockent le produit pour les rendre cher en période de pénurie.


Si certains croient dure comme fer que ces raisons suscitées sont la cause de la pénurie, d’autres pensent que la production ne peut pas se faire 12 mois sur 12. «Les terres ont besoin d’être laissées en jachère pour une peu de temps. C’est ce qui fait que la production est souvent stoppée pour que la terre se ressource », affirme – t – on au ministère du Commerce. La même source indique la principale société de production de sucre au Cameroun, Société Sucrière du Cameroun (Sosucam) fait une pause du mois juin au mois de novembre.


Thèse que réfute Bernard Njonga qui dit que si s’était le cas à cette chaque période de chaque année il y aurait pénurie.


La solution


Selon Bernard Njonga, on ne peut pallier à la pénurie qu’en boostant la production locale. «On doit mettre les gens au travail pour plus de production », précise – t – il. Il souligne aussi que l’importation n’encourage pas la production. Il faudrait décider de se ranger vers la consommation des produits locaux en produisant en fonction de la demande.


Pour lui, il faut aussi sécuriser la production locale. « On se rend compte que les produits locaux sont importés vers les autres pays et par la suite, on exporte leurs produits à eux. Il faut que cela cesse et qu’on se contente de ce qui est produit chez nous », soutient le président de l’Acdic.


Une source au ministère du Commerce dit qu’on peut penser une libéralisation du secteur pour permettre la création des entreprises faisant dans la production du sucre. Mais pour quelques-uns, cette libéralisation ne doit pas dire, libre circulation des produits exportés à l’intérieur du pays encore moins importation à répétition.

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