De Dadis Camara à Silvio Berlusconi : le difficile art de la politique. PDF Print E-mail
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By Guy Zogo   
Sunday, 20 December 2009 14:10

 

Si Ovide, poète de l’antiquité romaine, dont on se souvient peu aujourd’hui, a écrit un Art d’aimer dans lequel on trouve bien des astuces pour circonvenir la gent féminine, il faut bien admettre que la politique elle n’a guère d’école où on l’apprenne. Même pas les instituts de science politique qui font foison aujourd’hui de par le monde ne peuvent jouer ce rôle.

D’ailleurs, l’éminent constitutionnaliste français Maurice Duverger, affirme sans détour dans son Introduction à la Politique qu’il n’existe pas à proprement parler d’art de la politique. Ce qui ne veut toutefois pas dire, poursuit-il, qu’il n’y a pas un ensemble d’attitudes qui donnent forme à la pratique politique chez tel ou tel acteur de ce domaine.

 

Dadis Camara, Président de la Guinée Conakry qui n’a cessé d’aller de dérives en dérives dès son accession au pouvoir, ainsi que le fantasque Silvio Berlusconi, Président du Conseil Italien, connu pour être un multirécidiviste, un multi poursuivi qui pourrait aussi se muer bientôt en multi condamné illustrent à suffisance leur incapacité à respecter les règles qui permettent d’être un acteur émérite du champ politique.

 

La violence exercé contre eux ces derniers jours, une balle dans la tête pour Dadis Camara et des violents coups de poings au visage avec la perte de deux dents pour Berlusconi, dans des circonstances étonnantes pour des politiques de ce rang, ne vient que confirmer combien leur approche de la gestion du pouvoir est singulière.

Ils l’ont banalisé, voire vampirisé à leur seul profit et surtout dissout dans un spectacle permanent, à la longue agaçant pour les autres acteurs du champ politique, et ont suscité simplement de la haine de leur part. C’est connu, le Président doit être présent, mais aussi absent.

 

L’hyper Président, pour reprendre la formule de l’hebdomadaire satirique français Le Canard Enchaîné ne fait donc pas forcément recette. Le recours à la violence dans les cas Dadis et Berlusconi est donc une réponse à cet éloignement de l’Art de la politique, une rectification suite à la licence prise par rapport à la sémiotique politique.

 

Deux jours avant son départ de l’Elysée en 1995, François Mitterrand, alors chef de l’Etat Français, accordait une interview à Jean François Bedarida de l’Académie des Sciences Morales et Politiques, pour le compte du quotidien Le Monde. Parlant de l’exercice du pouvoir, il affirmait avoir toujours observer les grands hommes d’Etat à travers leurs biographies qu’il avait lues : comment ils avaient conquis le pouvoir, comment il l’avait gardé, comment il l’avait perdu. Lui a passé 14 ans au pouvoir dans un contexte difficile.



Combien aujourd’hui emprunte ce chemin de l’apprentissage à travers les maîtres qui les ont précédés ? Pas grand monde.


 

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