Séisme à Haïti : Une camerounaise rescapée raconte PDF Print E-mail
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By Assongmo Necdem, Le Jour   
Tuesday, 02 February 2010 16:15

Alvine Anne Pouhet était partie à Port-au-Prince en août 2009 rejoindre son époux camerounais, employé dans une Ong humanitaire.

 


Jusqu’à 10h30 ce dimanche 31 janvier 2010, le petit Samir, 6 ans, dort les points fermés dans un appartement de cet immeuble cossu situé au quartier Ngodi à Douala.


«Il peut dormir aussi longtemps qu’il veut. Lui et moi sommes des miraculés», déclare sa mère, Alvine Anne Pouhet, 39 ans. Son fils et elle sont sortis « sans une égratignure » du séisme survenu le 12 janvier dernier à Port-au-Prince la capitale de Haïti.


« Que j’ai eu peur ! », s’exclame Alvine. « Il était presque 17h ce jour-là, je consultais ma boîte e-mails dans une des pièces de la maison. Mon fils regardait la télévision dans l’un des salons. Mon mari était au travail. Tout à coup, la maison s’est mise à trembler. Tout tombait autour de moi, même l’unité centrale de l’ordinateur. Les murs se sont fissurés. Immédiatement, je suis allée chercher mon enfant que j’ai trouvé épouvanté», se souvient-elle. Alvine habitait au rez-de-chaussée d’un duplex à Port-au-Prince.

 

« C’est une fois dans la rue que je me rends compte de la catastrophe. Les gens couraient dans tous les sens. Tout à coup, il y a eu une deuxième secousse.» Le quartier Pacot où habitait la famille Pouhet est situé en altitude. De sa position, Alvine assiste alors à l’horreur qui se déroule en contre bas de la ville. « Il y avait une épais nuage de poussière. Des immeubles s’effondraient. J’essayais de joindre mon mari en vain par son téléphone portable ».

 

Au bout de 45 mn, Alphonse Pouhet arrive, couvert de poussière et à pied. « Notre rue était plein de familles comme nous. Des personnes pleuraient. Il y en avait, coincées dans les gravats, qui demandaient de l’aide. Or, il n’y avait aucun secours. Nous étions impuissants. Des gens criaient qu’il faut s’éloigner des bâtiments et des arbres. Nous avons donc passé la nuit à la belle étoile. Mon mari est quand même rentré dans la maison chercher deux draps qui ont servi de couverture. A Haïti, c’est la saison des cyclones qui provoquent des pluies. Heureusement, il n’a pas plu cette nuit-là. Mais il y a eu 30 nouvelles secousses de moindre intensité », raconte Mme Pouhet.

 

Ambassade de France


Jusqu’à 10h le lendemain, ne voyant aucun secours arriver, les Pouhet décident de se rendre à l’ambassade de France. Le mari travaille dans une Ong humanitaire française. «Il n’y avait aucun taxi. La route était encombrée de cadavres et de décombres d’immeubles. Nous allions à pied lorsque nous avons croisé une moto. J’ai proposé cinq dollars américains à son conducteur. Cela fait environ 2.500 F.cfa. Or, d’habitude, cette distance est payée à 5 ou 10 Goudes, soit 50 ou 100 F.cfa». L’état de la route et les embouteillages obligent finalement le couple et son fils à atteindre l’ambassade à pied. «Nous n’avions rien mangé depuis la veille. On nous a donné des biscuits et du jus de fruits ». Des matelas et des couvertures aussi pour la nuit.

 

Les Pouhet et d’autres victimes prennent l’avion pour la Guadeloupe, où ils passent deux jours à l’hôtel. Puis départ pour la France et trois jours supplémentaires dans un hôtel près de l’aéroport Roissy Charles de Gaulle. Alvine et son fils embarquent enfin pour le Cameroun. A Douala, la rescapée est accueillie par sa sœur et retrouve ses parents qu’elle avait quittés en août 2009.

 

Alvine avait rejoint son époux, recruté comme humanitaire et affecté à Haïti en 2008. Cadre financier, Alphonse Pouhet avait travaillé dans plusieurs banques au Cameroun. Alvine, son épouse, titulaire d’un Bts en comptabilité obtenu au Maroc, travaillait dans un cabinet de consultations. A Haïti, elle avait trouvé un emploi depuis un mois comme assistante d’administration. Alvine compte rester au Cameroun jusqu’à la fin de 2010 au plutôt, avant de rejoindre son mari qui regagne Haïti cette semaine. On cherche déjà une école pour le petit Samir qui doit achever sa classe de Sil.

 

Article Le Jour
 

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Last Updated on Wednesday, 03 February 2010 10:52
 
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