Menaces extérieures : Les évêques évitent de percer l’abcès PDF Print E-mail
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By Guy Zogo   
Thursday, 04 August 2011 14:50

Sensibles à la défense de la souveraineté camerounaise, les évêques oublient de rappeler que seule une véritable démocratie peut mettre notre pays à l’abri des ingérences extérieures.

 

Enfin, les évêques camerounais prennent ouvertement position ! Dans leur lettre délivrée le 25 juillet devant la presse, ils n’ont pas hésité à mettre en garde les fidèles catholiques contre les effets de mode qui consistent pour certains à souhaiter l’immixtion  de l’extérieur dans les affaires internes du Cameroun.

 

Voilà qui  a le mérite de la clarté, en ce sens qu’ils n’entourent point leur propos de circonlocutions. Il va donc sans dire que l’idée de plus en plus mise en avant, depuis quelques semaines, d’une brouille entre le pouvoir camerounais et des puissances étrangères qui n’en voudraient plus, dont les Etats Unis et la France, tient à cœur le collège des évêques camerounais. Et il le fait savoir.

 

C’est d’ailleurs la seule fois, dans ce chapelet de recommandations, que l’on s’éloigne de l’énonciation des principes généraux pour avoir prise avec la réalité. Comme on aurait aimé, dans cette lettre, entendre le même empressement à rappeler combien la transparence des scrutins reste sujette à caution au Cameroun depuis 1992.  Et, sur ce terrain, appeler avec force le pouvoir à rendre le jeu démocratique plus serein dans notre pays, en le dotant d’institutions crédibles, qu’il s’interdirait d’instrumentaliser à l’image d’Elecam dont les replâtrages ne convainquent au final pas grand monde.

 

Les évêques, du haut de leur autorité morale, auraient aussi pu déplorer clairement l’attitude de ces fidèles catholiques qui ont poussé à la révision constitutionnelle de 2008, dont le corollaire immédiat aujourd’hui est la lourde hypothèque  qu’elle fait peser sur le climat politique du pays.

 

Davantage de pugnacité

 

Fort de ce constat fait à partir de quelques exemples tirés de la vie politique nationale ces dernières années, les évêques ne peuvent ignorer que leurs recommandations ont eu peu d’emprise sur le pouvoir depuis le retour au multipartisme en 1991. Même pas le travail de la commission Justice et Paix, dont les résultats, souvent crédibles, n’ont jamais été traduits dans les faits, barrés surtout pour leur objectivité.

 

Devant de tels goulets d’étranglement, les évêques ont tort de ne pas se montrer plus pugnaces. Car des laïques, à l’instar du Pr Alain Didier Olinga, d’une certaine manière produit des milieux catholiques, traduisent mieux dans les faits l’idée de justice que revendique pourtant l’église catholique. Et comment toute une conférence épiscopale ne saurait le faire ? A force de faire preuve d’une telle tiédeur, la hiérarchie de l’église catholique camerounaise risque d’être assimilée à ses prédécesseurs d’avant l’indépendance.

 

Le 13 mai 1955, une lettre pastorale signée des cinq évêques européens du Cameroun appelait les fidèles à se détourner de l’Union des Populations  du Cameroun (UPC), présentée alors comme dangereuse pour le pays. C’était la preuve d’une connivence qui ne s’est véritablement jamais démentie entre elle et l’autorité coloniale, comme l’a par exemple si bien décrit Eza Boto dans « Ville Cruelle ». On aimerait tant que l’église catholique actuelle au Cameroun se détourne de ce lourd poids du passé, au risque d’apparaitre aussi comme complice des errements du pouvoir.

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Last Updated on Thursday, 04 August 2011 17:59
 
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