Présidentielle 2011 : Le Sdf sur le départ PDF Print E-mail
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By Guy Zogo   
Monday, 08 August 2011 19:46

Enfin résolu à concourir à l’élection présidentielle, le Sdf la joue réaliste quitte à donner du crédit au processus électoral tel qu’il est mené alors que Fru Ndi montre son attachement aux ors du pouvoir.


Fini le yoyo, le Social Democratic Front (Sdf), deuxième force politique du Cameroun, ira à l’élection présidentielle. La décision du National Executive Council (Nec), rendue publique le 07 Août, qui appelle en outre les militants à s’inscrire sur les listes électorales, marque un tournant à 180 degré de ce parti au sujet de l’élection présidentielle à venir.

 

Pendant longtemps, le parti de Ni John Fru Ndi ne s’est pas privé de clamer urbi et orbi l’incapacité d’Elecam de conduire un processus électoral impartial lors de la présidentielle, évoquant donc l’éventualité de son boycott.

 

Cette posture de fermeté s’est traduite dans les faits par la saisine de la Cour Suprême pour irrégularité dans le décret de création de cette institution par le chef de l’Etat et l’absence de constatation de cette création. Si la demande d’annulation a été rejetée, en revanche, les pressions du Sdf et d’autres ont conduit à la démission ubuesque des membres du Conseil Electoral d’Elecam du Rdpc. A quoi s’est ajoutée la nomination, le 11 Juillet, de six nouveaux membres dans le Conseil Electoral, dont des personnalités issues de la société civile, signe d’une inflexion de Paul Biya. Pour autant, le Sdf n’a jamais cessé de décrier les insuffisances d’Elecam, au point que, ces derniers jours, le parti avait de nouveau brandi la menace du boycott de l’élection présidentielle.

 

Finalement l’annonce de la participation du Sdf à ce scrutin est un véritable revirement. Très certainement, il permet au Sdf de se positionner sur une ligne réaliste. Celle qui prône la participation au scrutin malgré les imperfections du système électoral, voire la volonté de son principal adversaire, le Rpdc, de le tailler à sa mesure. Le Sdf fait le pari que participer c’est gagner non pas seulement le pouvoir, mais au moins des positions de privilège dans la nomenclature institutionnelle nationale. Tel est déjà le cas pour lui à l’Assemblée National et dans certaines communes. Fru Ndi lui-même en tire la stature de chef de l’opposition au Cameroun.

 

Fru Ndi et Paul Biya ensembles

 

C’est une leçon manifestement tirée des boycotts de l’élection législative de Mars 1992 et de la présidentielle d’Octobre 1997. A propos du premier scrutin, outre que s’être privé d’une représentativité qui s’annonçait conséquente au parlement, le Sdf est accusé jusqu'à ce jour par beaucoup d’avoir empêché la victoire de l’opposition à cette élection. Car, affirment ceux-ci, c’est du fait de son absence que le Rdpc put nouer une alliance et obtenir la majorité à l’Assemblée Nationale. Quant à l’élection présidentielle de 1997, le boycott du Sdf à ouvert un boulevard au Rdpc pour redorer son blason, alors que son image était pourtant écornée depuis 1990.

 

D’autre part, en ce repositionnant dans le jeu électoral, le Sdf ferme aussi la porte à tout aggiornamento interne. Depuis quelques semaines, de nouvelles pistes émises par des cadres du parti évoquaient la possibilité de présenter une candidature autre que celle de Fru Ndi à la présidentielle. Que l’annonce de la participation du parti à l’élection présidentielle vienne du Nec, organe réputé fidèle à Ni John Fru Ndi, signifie qu’il n’en sera rien de cette idée.

 

D’une certaine manière, comme le Rdpc, le Sdf étale la super puissance de l’appareil du parti peu porté à faire remonter les aspirations de changement de la base, pour asseoir l’appétit du pouvoir d’un seul homme. Bien qu’usé par un combat sans fin dans lequel il n’est pas prêt d’apercevoir le bout du pouvoir, Ni John Fru Ndi à défaut de la présidence de la présidence de la République entend manifestement se contenter de la place de leader de l’opposition. Il ya là un pouvoir qui permet d’exercer une influence sur le Sdf et de continuer le combat contre le parti au pouvoir, avec des méthodes anachroniques. L’essentiel n’est il pas de faire perdurer l’image idyllique du Sdf des années 90, quoique cela en coûte ?

 

Pour Paul Biya, la participation du Sdf à l’élection présidentielle est une bonne nouvelle. Les critiques acerbes de ces dernières semaines à l’endroit d’Elecam avaient trouvé un écho favorable auprès des partenaires internationaux du Cameroun qui avaient beaucoup à redire sur la conduite du processus électoral. Que le Sdf y participe voilà qui permettra d’affirmer dorénavant que les principales forces politiques du pays y adhèrent, preuve même de sa crédibilité. Donc plus rien à voir circulez, l’élection sera libre, démocratique et transparente. On y rêvait tant.

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