Crash de Mbanga Pongo : Les pilotes responsables de l’hécatombe PDF Print E-mail
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By Francis Sabikanda   
Thursday, 29 April 2010 10:02

 

 

Le rapport final de l’enquête au sujet du crash du vol Kq 507 de Kenya Airways dans la nuit du 4 au 5 mai 2007 à Mbanga Pongo (Douala) a été rendu public hier. Les conclusions indiquent qu’il a été causé par des erreurs de pilotage.

Le rapport d’enquête est formel. Dans le deuxième paragraphe de sa conclusion consacrée aux « causes probables » en page 57, l’on peut lire: « L’avion s’est crashé après une perte de contrôle par l’équipage résultant d’une désorientation spatiale (…) après une longue et lente inclinaison pendant laquelle aucune vérification des instruments de bord n’a été effectuée, et en l’absence de repères visuels dans une nuit noire. »

 

Ce paragraphe continue d’ailleurs : « un contrôle opérationnel inadéquat, manque de coordination de la part de l’équipage, associés au non respect des procédures de vol, confusion dans l’utilisation du pilote automatique ont également contribué à causer cette situation »

 

Un doigt accusateur est donc pointé sur le pilote (âgé de 52 ans et totalisant 8 682 heures de vol), décrit comme un homme autoritaire et trop sûr de lui. Ce dernier « ne vérifie pas ses instruments de vol », comme il est d’usage. Ensuite, il lance la procédure de décollage sans autorisation de la tour de contrôle. Néanmoins, jusqu’à une altitude de 1000 pieds (305m), il parvient à maîtriser l’avion (sorti d’usine en 2006) qui a tendance à s’incliner progressivement vers la droite. C’est à cette altitude qu’intervient l’erreur qui attire le plus l’attention dans les conclusions de ce rapport.

 

En effet, l’enquête révèle qu’à partir de cette altitude-là, le pilote relâche les commandes de l’avion pendant 55 secondes, sans avoir au préalable branché le pilote automatique qu’il annonce pourtant comme étant en marche.

 

Les enquêteurs révèlent que l’angle d’inclinaison de l’avion sur la droite continue à s’accroître lentement, sans que le pilote ne s’en rende compte. Il ne le constate qu’au moment où l’inclinaison atteint un seuil critique et juste avant le déclenchement d’une alarme prévue à cet effet. Il reprend alors soudain le contrôle et, dans la confusion, augmente plutôt l’angle d’inclinaison qui passe de 34° à 50°. C’est alors qu’il branche le pilote automatique qui stabilise l’inclinaison.

Cependant, cette stabilisation ne suffit pas et le pilote reprend le contrôle et l’angle d’inclinaison de l’appareil passe à 70°. Il s’écrie alors : « Nous crashons ! », ce que confirme aussitôt le copilote.

 

Tentant de reprendre la situation en main, le commandant de bord actionne vers la droite et de manière prolongée la gouverne de direction. Cette manœuvre a deux inconvénients : elle fait passer l’angle d’inclinaison à 90° ; puis, l’avion décroche et commence à descendre en vrille. C’est alors que le copilote lui demande d’actionner les ailerons à droite, avant de corriger aussitôt : « à gauche, à gauche, à gauche, commandant. »

 

Peu après, l’avion revient à une inclinaison de 70°. Mais il est déjà trop tard et l’appareil percute le sol à environ 0h8mn, ne laissant aucune chance de survie à ses 114 occupants.

 

Contrairement à ce que l’on a souvent pensé, le rapport de l’enquête sur l’accident de Mbanga Pongo ne met nullement en cause les conditions météorologiques exécrables qui prévalaient sur la capitale économique du Cameroun et ses environs en cette tragique nuit du 4 au 5 mai 2007.

 

Car comme le font remarquer les enquêteurs, l’avion était équipé de la technologie de la toute dernière génération en ce moment-là. Avec, entre autres, un radar météo embarqué permettant à l’équipage d’identifier, puis de contourner les zones où la météorologie est dangereuse.

 

Au sujet du temps fou qu’il a fallu pour retrouver les restes de l’appareil, le rapport révèle que l’avion n’avait pas émis de signal de détresse suffisamment précis pour le localiser tout simplement parce que la balise de détresse dont il est équipé s’est cassée au moment de l’impact.

 

 

Comments (16)
  • eric
    il n'était pas saoul le pilote?
  • BRICE
    COMMENT SE FAIT LE RECRUTEMENT DES PILOTES? de telles erreurs sont
    inadmissibles! et les pauvres passagers qui ne se doutaient de rien
  • raissa
    je suis scandalisée. c'est tout simplement qu'un pilote pense qu'il a mis le
    guidage automatique alors qu'il n'en est rien.la compagnie doit êtyre
    sanctionnée
  • PIERRE
    le copilote est il un spectateur?
  • HASSAN
    Lorsqu'on met ensemble un pilote de 52 ans et un copilote de 23 ans, il faut
    s'attendre à un conflit de générations.
  • varene
    1minute42secondes et c'est la fatalité. paix aux ames des disparus
  • valérie
    mais pourquoi a-t-il laché les commandes? comment un pilote qui avait de tels
    états de service a-t-il mis le pilote automatique sans avoir pris assez
    d'altitude? aucune enquête ne nous le dira.
  • murielle
    j'adore votre site. vous êtes très réactifs et avez des articles bien détaillés.
    en plus vous ne versez pas dans l'injure
  • Jean claude
    Après tant d'années d'expérience, commment un pilote aussi expérimenté a t-il pu
    faire une erreur pareille.Comme on le dit toujours :les vieilles habitudes ont
    la peau dure.

    Que la terre de nos ancetres leur soit légère.
  • ndanga déiré
    Si seulement on pouvait avoir des analyses sur la santé psychique du pilote au
    moment du drame.Parce qu'à mon avis,seul cette analyse pourrait nous édifier sur
    les erreurs du pilote qui a conduit au pire.J'implore donc la Compagnie Kenya
    Airway responsable du crash de penser à l'indemnisation des familles des
    victimes
    Une fois de plus mes condoléances aux familles des disparus.
  • yvonne
    qu'advient il des familles des disparus? pourkoi le dédommagement traine-t-il?
  • christian
    on veut nous laisser croire que toute la responsabilité est assumée par les
    pilotes? et la compagnie qui a mis ensemble un très jeune copilote avec un cadre
    qui n'en tient qu'à sa tête? c'est trop facile
  • amougou
    puisque les morts nesont pas la pour se justifier. acceptons. la balise s'est
    détachée? n'avait-on pas prévu les chocs lorsqu'on l'installait sue cet
    appareil? n'avait-t-on pas prévu des accidents? acceptons. mais permettez moi de
    douter des résultats decette enquête.
  • luciano
    Les resultats de ce crash arrivent à quelle heure jusqu'à ce nous nous mettions
    à comenter dessus ? D'ailleurs qu'il y a beaucoup de doute autour.De qui se
    moque-t-on dans ce pays ?
  • leonel Ottou
    je crois tout ce ke nous diront après cette accident ne servira a rien .le mal
    est fait ,l'on se console souvent lorsqu'il s'agit de problemes météoroligiques
    ,mais maintenant 'est bel et bien deux individus qui ont occassioné la mort de
    ces 114 passagers
  • RONEL TCHEUNO  - blame
    pourquoi garder un pilote de ce genre dans une compagnie aérienne ceci avant que
    le drame ne se produise quel sacrilège!!
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Last Updated on Thursday, 29 April 2010 11:34
 
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