Corruption : La Conac s’attaque au budget d’investissement public PDF Print E-mail
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By Aboudi Ottou   
Tuesday, 20 July 2010 12:04

L’institution poursuit depuis ce lundi à Yaoundé, l’élaboration de la stratégie nationale de lutte contre la corruption.


Après l’autopsie de la corruption dans le secteur de la santé et le secteur des forêts et de l’environnement la semaine dernière, la Conac examine depuis ce lundi, le budget d’investissement public (Bip). Y prennent part les partenaires au développement, les membres de la société civile , les responsables intervenant dans l’exécution du budget d’investissement public, les experts et responsables de la Conac.

 


A l’issue des deux jours de travaux, comme ce fut le cas pour les deux premiers ateliers, ces participants sortiront avec des informations sur le niveau et les manifestations de la corruption dans le Bip ainsi que dans les marchés publics. Ils vont également élaborer une matrice d’actions précises à mener pour réduire le fléau dans ce secteur.


Bip principal outil de développement


L’enjeu ici réside dans le fait que le budget d’investissement public est le principal outil que l’Etat utilise pour promouvoir le développement. Il sert par exemple à la construction des infrastructures de base telles que les routes, les écoles et les hôpitaux.


Mais selon Didier Gilbert Edoa, le directeur général du budget, même si on ne peut pas pour l’instant chiffrer l’impact de la corruption sur le Bip, «de manière empirique on peut penser qu’il y a de grosses pertes ».


Une enquête du Canadel, le Centre d’accompagnement de nouvelle alternative, réalisée entre 2000 et 2005 sur l’utilisation du Bip dans 4 communes (Akono, Mfou, Mbengui, et Ngoulmakong) a, par exemple constaté, que « des différents projets inscrits sur le Bip (de ces communes durant cette période), très peu ont été réalisés, mais presque tous ont été réceptionnés ».


Le rapport indexait alors la corruption qui commence depuis la sélection des projets à inscrire au budget d’investissement public jusqu’à la réception des projets. Une corruption qui fait que « le prestataire de service est souvent retenu grâce à ses relations et non pour ses capacités techniques et financières requises pour exécuter les travaux ». Et l’enquête de conclure que « le Bip reste mal géré et les ouvrages mal faits au profit des intérêts égoïstes ».


La corruption a la peau dure


Et ce constat n’est guère éloigné de la situation actuelle malgré des réformes intervenues dans la passation des marchés publics. Depuis le début du mois de juillet, l’évaluation faite de l’exécution du budget d’investissement public 2010 à mis parcours n’est pas rassurante.


A Garoua par exemple le comité régional de suivi de l’exécution du Bip parle de 7,78% de réalisation pour une dotation globale d’environ 6 milliards.


Dans le Sud le comité prédit déjà que les 10 milliards alloués à la région dans le cadre du Bip 2010 ne seront pas consommés à moitié. Et de fait, en dehors de la vallée du Ntem, les taux d’exécution physique des investissements publics dans les autres trois départements de la région du sud ne dépassent pas 10%. Le cas le plus alarmant reste celui de la Mvila, département qui abrite le chef lieu de la capitale régionale, où l’on enregistre un taux de 04%.


Et à chaque fois les pratiques de corruption ne sont pas étrangères à la situation. Les participants à cet atelier devront donc trouver une stratégie innovante pour y remédier, avant de mettre le cap sur Douala, pour s’en prendre mercredi, à la corruption dans le secteur de l’éducation.

 

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Last Updated on Monday, 26 July 2010 06:45
 
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