Tapis rouge pour les dictateurs africains et parfum de nostalgie coloniale sur les champs Elysées PDF Print E-mail
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By Jean Vincent Djenda Mondon   
Thursday, 29 July 2010 11:08

Les images de soldats africains descendant le pavé de l’avenue des champs Elysées à la faveur du traditionnel défilé du 14 juillet ont fait le tour du monde... Emotives au possible et encore plus pour ceux qui comme moi ont assisté au défilé. Au-delà du symbole voulu par le président de la république française, cette participation pose quelques questions d’ordre à la fois historique et factuelle toutes envisageables du point de vue des droits humains.

 

 

Alors qu’en France un concert de voix monte pour demander la suppression de cette manifestation jugée coûteuse (par les Verts notamment), ce sont les pays du « pré carré » qui ont été convié à prendre part au défilé. Nicolas Sarkozy a voulu rappeler à la conscience collective l’accession à l’indépendance, en droit et en droit seulement, de ses colonies d’Afrique. C’était il y a cinquante ans. D’où le parfum à peine dissimulé de nostalgie coloniale qui flotte depuis ce 13 juillet dans le tout Paris.

 

Depuis ce 13 juillet parce que les chefs d’états de l’Afrique noire Francophone, hors mis la RDC, sont arrivé à Paris dès avant le 14 et ont été reçu à déjeuner par leur hôte rue du Faubourg Saint Honoré. De Paul Biya président du Cameroun depuis 1982 à Wade qui prépare son fils à sa succession au Sénégal en passant par Ali Bongo qui a repris le flambeau paternel au Gabon. D’autres éternels, Sassou Nguesso le congolais réarmé en… France pour renverser le pouvoir élu qui lui avait succédé un temps et Idriss Déby du Tchad ancien rebelle qui s’emploie à massacrer ses compagnons de lutte d’hier, pour ne citer que les emblématiques.


Dans les salons de l’Elysée, le discours officiel exclut de considérer cette « clique » comme dictatoriale. En totale opposition de pensée avec les opinions publiques de ces pays où corruption, clientélisme, pauvreté ont résulté de la volonté de confiscation du pouvoir par quelques uns depuis la supposée accession à la souveraineté nationale et à l’autodétermination à la fin des années 50.

 

Difficile dans ces circonstances de justifier que Paris leur déroule le tapis rouge comme si l’idée de hold-up du pouvoir était compatible avec celle qu’il faut se faire d’une démocratie.

 

Et dans les faits, la question d’une colonisation feutrée, plus qu’elle n’est posée, demeure préoccupante. Accablées par la complaisance intéressée de la France, les associations de défenses des droits de l’homme n’ont ménagé aucun effort depuis 48 heures. Multipliant les manifestations pour dénoncer des régimes qui envoient des journalistes mourir en prison, des chefs d’états qui investissent le fruit de leurs détournements dans l’immobilier en Europe ou garnissent des comptes bancaires avec les mêmes fonds, des modes de gouvernance autocentré et fondé sur la personnalisation du pouvoir et l’illimitation des mandats.

 

Dans ce cortège quasi funéraire, on retiendra les exceptions consacrées par le Mali, le Bénin et le Niger en parfait décalage avec les républiques sœurs du pré carré et résolument tournés vers l’avenir. Au même titre que l’alignement décidé des droits de pension des anciens combattants sur celle de leurs frères d’arme français.

 

Comments (2)
  • Blaise
    Du JVDM tout craché. L'art de frapper juste où ça fait mal. Bien dit en tout cas
  • veronique  - bravo!!
    les nostalgiques de la colonisation se sont fait plaisir ce 14 juillet . Bien
    bel article !!!
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