Admission au barreau : Un examen dans l’étau de la corruption PDF Print E-mail
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By Abel Thierry Onana   
Wednesday, 30 March 2011 12:09

Les accusations de corruption et de favoritisme qui pèsent sur l’examen font trainer la publication des résultats.


Les procès verbaux des corrections ont pourtant été acheminés chez le garde des sceaux depuis le 28 février dernier. Ainsi se défend Me Junior Eta-Bessong, face aux accusations de fraude proférées par certains candidats. Le bâtonnier de l’ordre des avocats a présidé le jury chargé de la régulation de l’examen d’entrée dans la profession qui s’est déroulé du 26 au 27 février 2011.

 

Et dès lors, les regards se tournent vers le ministère de la justice qui est la tutelle. A ce niveau, certains candidats d’après le quotidien Le jour, ont commis une lettre dans laquelle ils dénoncent certains tripatouillages. Les plaignants révèlent que les délibérations sont terminées depuis le 18 mars, mais que « de nombreux coups de fil sont passés en direction des avocats stagiaires pour leur demander de prendre contact avant jeudi, avec les responsables du ministère de la justice ou des membres du conseil de l’ordre de leur région pour les modalités d’admission ».

 

Ces mêmes candidats ajoutent que 400 candidats sont déjà déclarés admis, alors qu’à la date de vendredi dernier, seuls 378 avaient fait l’objet des délibérations. En outre, certaines avocats stagiaires dénoncent un favoritisme en faveur des postulants d’une certaine sensibilité linguistique.

 

A toutes ces accusations, le bâtonnier Eta-Bassong répond que les délibérations se sont déroulées en toute objectivité ; tout en qualifiant ces allégations de graves. « Nous na savons pas d’où vient le favoritisme », s’est-il défendu. Il ne reste simplement attendu que le vice premier ministre, ministre de la justice proclame les résultats.

 

La persistance des fraudes

 

Selon des informations recueillies par le quotidien Mutations, la corruption dans le milieu du barreau ne date pas d’aujourd’hui. A en croire un avocat, ces fraudes ont toujours existé et ont simplement gagné en ampleur. Ce dernier évoque aussi le cas de l’encadrement des stagiaires qui se fait souvent dans cabinets fictifs.

 

Des révélations, si elles étaient avérées, viendraient soutenir les informations du programme de renforcement des capacités de contrôle des structures de l’Etat, qui déclarait en juillet dernier, lors de l’élaboration de la stratégie nationale de lutte contre la corruption, que la justice est le deuxième secteur le plus corrompu au Cameroun après les finances publiques.

 

De l’avis des membres du barreau, cette situation de déliquescence morale est favorisée par la négligence du ministère de la justice qui n’aurait pas suivi de près l’organisation de la session en court de l’examen contesté. L’institution est ensuite accusée d’avoir gelée depuis quelques années la ligne budgétaire relative à l’organisation du concours d’entrée au barreau. Toute chose qui fausse un certains nombre de données dans profession en manque d’effectif.

 

En effet, les 2400 avocats recensés dans la profession en 2010 exercent prioritairement dans les deux grandes métropoles que sont Douala et Yaoundé. Pourtant le Cameroun selon certaines estimations, requiert 8 000 avocats pour couvrir les besoin en personnel de ce secteur, dans le pays tout entier.

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