Cameroun : L’unité nationale à l’épreuve des conflits interethniques PDF Print E-mail
User Rating: / 0
PoorBest 
By Ebenizer Diki   
Wednesday, 18 May 2011 12:19

Dans deux jours, le Cameroun va célébrer la fête nationale de l’unité. La fièvre des festivités monte avec notamment ce mercredi 18 mai 2011, la répétition générale du défilé à Yaoundé capitale politique et dans les régions. Mais cette unité qu’on célèbre depuis le 20 mai 72 est menacée par de nombreux conflits entre communautés.


Depuis 39 ans les régimes qui se sont succédés à Yaoundé n’ont de cesse prôné l’unité nationale du Cameroun. Pas de discours des présidents Ahidjo et Biya qui n’exaltent les avantages de cet idéal.

 

Toute fois sur le terrain ce noble objectif des dirigeants du pays est presque tout le temps attaqué dans son édifice, si bien que certains se demandent si ce chantier sera parachevé un jour.

 

A cette question les plus optimistes vous diront oui parce que c’est un idéal commun nécessaire et salutaire pour la nation. Aussi parce que l’unité nationale est une œuvre de longue haleine qui demande non seulement de la patience mais également à être consolider tous les jours.

 

Pour appuyer leur optimisme, les partisans de cette analyse évoquent parfois les questions corses en France et basques en Espagne, deux vieilles démocraties, pour montrer que le Cameroun n’est pas le seul pays au monde à avoir mal à son unité nationale.

 

Mais là s’arrête la comparaison puisque dans les deux cas suscités, les corses et les basques revendiquent chacun l’autonomie de leur territoire. Des revendications politiques donc.

 

Au Cameroun par contre, excepté la question anglophone avec le Scnc, la plus part des conflits inter communautaires tire leurs origines de la quête de survie d’une part et d’un complexe de supériorité d’autre part.

 

Que ce soit le conflit Gbaya contre Foulbés à Meingang en 2005 dans l’Adamaoua qui fit 20 morts, Bagam contre Bameyan à l’ouest en 2006 avec ses 13 morts Nyokon et Bamilékés ou encore entre les Banyanguis et les bororos dans le nord ouest 13 morts aussi, toutes ces «guerres » avaient comme pomme de discorde : la question des terres donc de survie.

 

A côté des ces questions de survie, il y a la stigmatisation. Certaines communautés sont affublées de cliches dégradants. Ainsi les Etons et le Bassa’a sont-ils qualifiés de gens violents, les Bamilékés taxés de sales et épris d’intérêt. Des stigmatisations qui portent en elles-mêmes des germes de la haine.

 

Il ya aussi le refus des autochtones d’assimiler les allogènes ; de sorte qu’à la moindre étincelle l’« étranger » est tout de suite indexé.

 

Certains anthropologues affirment que les guerres tribales recensées au Cameroun sont la conséquence des problèmes sociaux mal étudiés et mal résolus.

 

Il faut aussi relever que les élites camerounaises sont elles mêmes les vecteurs de la dislocation de l’Etat, parce qu’elles exportent ou enveniment les clivages ethniques à des fins personnelles. La manipulation étant devenue le fond de commerce pour la plus part des politiciens et hauts responsables de l’Etat. Conséquence, le népotisme, le tribalisme sont érigés en valeur au détriment de la compétence.

 

Si les camerounais pouvaient se conduire en citoyens et non en originaires de telle tribu, telle région ou en adepte de telle religion, l’unité nationale s’en porterait mieux.

Comments (0)
Write comment
Your Contact Details:
Comment:
[b] [i] [u] [url] [quote] [code] [img]   
:D:):(:0:shock::confused:8):lol::x:P:oops::cry:
:evil::twisted::roll::wink::!::?::idea::arrow:
Security
Please input the anti-spam code that you can read in the image.

Bookmark with:

Deli.cio.us    Digg    reddit    Facebook    StumbleUpon    Newsvine
 
  • Latest News
  • Most Popular
  • Most Commented