Diplomatie : Un émissaire d’Obama à Yaoundé PDF Print E-mail
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By Alex Gustave Azebaze   
Sunday, 26 June 2011 11:47

Moins d’une semaine après la publication par Wikileaks du supposé ultra-secret câble diplomatique de l’ambassade des Etats-Unis sur un entretien de deux heures le 04 février 2009 entre le Président Biya et Mme Janet E. Garvey, alors Ambassadrice des Etats-Unis au Cameroun et en Guinée Equatoriale, l’un des plus hauts responsables de la diplomatie américaine va séjourner à Yaoundé.

Selon un communiqué laconique du département d’Etat des Etats unis, Johnnie Carson, le Monsieur Afrique de l’administration Obama, arrive au Cameroun ce 26 juin. Il y restera jusqu’au 28, avant de s’envoler vers Malabo, en Guinnée Equatoriale pour assister, du 28 au 30 juin, au sommet de l’Union africaine (Ua).

 

Pendant son séjour dans la capitale camerounaise, le Collaborateur de Mme Clinton en charge des affaires africaines, discutera du « partenariat » de son pays avec le Cameroun, notamment sur les questions de démocratie, de gouvernance publique et des investissements, entre autres.

 

Présidentielle 2011

 

Alors que le Cameroun est censé préparer une élection présidentielle cruciale cette année 2011, l’envoyé du président Obama aura des entretiens aussi bien avec les autorités gouvernementales camerounaises que les acteurs de la société civile et les responsables de partis politiques représentés à l’Assemblée nationale.

 

L’on peut penser qu’en arrière fond de ces discussions, le diplomate en chef américain chargé de l’Afrique voudra évaluer les progrès survenus sur le terrain politique et institutionnel en faveur d’une transition politique apaisée à travers « des élections libres, justes et transparentes » comme le leur ont toujours promis les plus hautes autorités camerounaises.

 

L’on a ainsi appris, grâce au câble diplomatique que sur cette question, le chef de l’Etat camerounais en personne avait promis à la représentante américaine, lors de leur long entretien du 04 février 2009, que serait soumis à l’Assemblée nationale, dès mars 2009 un code électoral unique pour adoption.

 

Plus de deux ans sont passés. Ce code que revendiquent à cor et à cri aussi bien les acteurs de la société civile que les partis politiques d’opposition de même que les milieux religieux, n’a même pas, à ce jour, été soumis à une quelconque discussion populaire! C’est dire si le Président Biya a tenu sa promesse supposée à Mme Janet Garvey!

 

Pareillement pour la promesse d’un aménagement d’Elecam, en vue de le rendre véritablement indépendant, bien que selon le même câble diplomatique, le président Paul Biya semblait ne pas avoir de formule pour le détacher du « système administratif gouvernemental centralisé », la réforme espérée et attendue, et qui a effectivement eu lieu en mars 2011, a achevé de vider cet organe du minimum de crédit qui lui restait.

 

Outre que le chef de l’Etat camerounais a fait porter le nombre des membres du Conseil électoral de 12 à 18, sans indiquer clairement si cette réforme serait accompagné par une réforme des modalités d’opérationnalité de la toute puissante Direction générale, afin de la mettre effectivement l’autorité et la responsabilité du Conseil Électoral, il a été retiré à cet organe le pouvoir de rendre publics les résultats provisoires!

 

Ce qui a suffi pour convaincre même les plus optimistes des observateurs, diplomates et société civile, que le pouvoir camerounais n’avait pas du tout l’intention de tenir une élection présidentielle incontestable dans ses modalités d’organisation.

 

L’on peut ainsi présumer que cette question qui agite bien de milieux politiques et médiatiques camerounais, surtout depuis le message au peuple camerounais de Mme Clinton à l’occasion de la fête nationale camerounaise de l’Unité, sera au cœur des discussions de M. Johnie Carson.

 

Les moindres déclarations de ce dernier seront alors scrutées, aussi bien par le pouvoir camerounais qui se montre de plus en plus fébrile, voire horripilée, face aux observations, publiques ou feutrées, de ses partenaires diplomatiques traditionnels (Onu, Union européenne, France, Etats-Unis, etc.). De même que ses adversaires politiques intérieurs qui savent que la clé d’une élection présidentielle libre, équitable et transparente réside sans doute, outre sur une forte mobilisation des Camerounais en âge de voter, mais aussi sur le maintien d’une pression attentive des observateurs internationaux.

 

Ce qui est sûr, ce passage de M. Johnie Carson, le premier d’un très haut représentant de l’administration depuis l’accession de Barack Obama à la Maison Blanche laissera de clés d’avenir plus ou moins immédiat.

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Last Updated on Monday, 27 June 2011 13:20
 
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