Prime à la démocratie : Obama renvoie l’Afrique centrale à ses devoirs PDF Print E-mail
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By Guy Zogo   
Monday, 01 August 2011 18:49

Bientôt en fin de mandat, le président américain n’a reçu qu’un seul chef d'Etat de la sous région à la Maison Blanche.

 

Quatre chefs d’Etat africains viennent de séjourner aux Etats-Unis à l’invitation du Président Américain Barack Obama. Alassane Dramane Ouattara de Côte d’Ivoire, Boni Yayi du Bénin, Alpha Condé de Guinée Conakry et Mohaman Issoufou du Niger se retrouvent donc auréolés de la sympathie du chef de l’Etat de la nation la plus puissante du monde. Du fait qu’il s’agit d’eux et non pas d’autres, et qu’en sus ils appartiennent à la même aire géographique, l’Afrique de l’Ouest, il y a lieu de questionner ce choix de Barack Obama.

 

En jetant son dévolu sur ces chefs d’Etat, Barack Obama continue vraisemblablement sa revue démocratique sur le continent. En 2009 déjà, un an après son élection, son retour sur la terre de son père s’était déroulé à Accra au Ghana. Ce choix s’expliquait pour beaucoup voire essentiellement par le caractère démocratique de ce pays. En quelques années, le Ghana s’est imposé sur la scène continentale par l’exemplarité de ses scrutins. Certes disputés, ceux-ci sont toujours marqués par leur transparence et naturellement l’acceptation des résultats par toutes les parties.

 

Après ce premier intérêt pour l’Afrique de l’Ouest, en 2011, l’Afrique Centrale à eu droit à son tour, en la personne de Ali Bongo Ondimba, reçu en juin dernier à la Maison Blanche. Ce choix avait laissé croire à d’aucuns que d’autres chefs d’Etat de cette région pourraient bénéficier de la même sympathie de Barak Obama. Malheureusement pour eux non. En recevant à nouveau quatre chefs d’Etat de l’Afrique de l’Ouest, c’est que décidément il n’y a plus rien de démocratique à se mettre sous la dent dans cette partie de l’Afrique, hormis Ali Bongo Ondimba bien sûr.

 

Certes il a été élu dans des conditions douteuses, élection d’ailleurs évoquée dans un documentaire qui attribuait plutôt la victoire à son adversaire, André Mba Obame. Mais la conduite de sa présidence avec manière et détermination l’a crédibilisé et rendu sympathique aux yeux de Barack Obama, qui voit en lui un dirigeant prometteur, du moins avec qui il est possible de discuter sur un minimum acceptable. Ce faisant, cette posture implique le maintien à distance de l’ensemble des autres chefs d’Etat accusés de se fossiliser au pouvoir. Aucun d’entre eux, en dehors d’Ali Bongo et François Bozizé qui malheureusement n’est pas un exemple dont on peut s’inspirer, ne totalise moins de 20 ans au pouvoir.

 

L’Afrique centrale renvoyée a ses études

 

Vu de Washington, il n’y a aucune matière démocratique consistante qu’on puisse tirer ou espérer tirer d’eux, de Brazzaville à Yaoundé en passant par Ndjamena, Bangui et Malabo. Des pratiques politiques aux antipodes de ce qui se fait en Afrique de l’ouest où la vie démocratique est trépidante tout en offrant des garanties d’alternance au pouvoir.

 

Donc, à la veille d’une élection Présidentielle au cours de laquelle il aura à cœur de préserver une image de virginité qui lui a si bien réussi en 2008, Barack Obama n’entend pas associer son image à ceux qui pourraient apparaître rétrogrades. Ce qui fait naturellement bondir de colère ces chefs d’Etat habitués par le passé à apparaître incontournables pour Washington, dans tel ou tel domaine, au détriment de la démocratie, réduits aujourd’hui à raser les murs.

 

La seule assurance qu’ils ont, c’est de continuer à jouer les utilités pour Washington, notamment dans le cadre de sa politique géostratégique.

 

Johnnie Carson, sous-secrétaire d’Etat Américain chargé des affaires Africaines, n’était-il pas à Yaoundé en juin ? Au moins, à défaut de dissiper définitivement l’affront fait par Hillary Clinton à Yaoundé, en écrivant directement au peuple camerounais en mai dernier, cette visite a permis de maintenir l’essentiel du lien entre les deux Etats. Loin évidemment de la complicité entre les dirigeants, qui est toujours un plus pour faire avancer les choses.

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Last Updated on Tuesday, 02 August 2011 07:42
 
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