Rdpc 25 ans après : Le bilan de Grégoire Owona PDF Print E-mail
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By Le Jour   
Wednesday, 24 March 2010 12:30

Le Secrétaire général adjoint du comité  central du Rdpc dans une interview publiée par le  journal Le Jour s’exprime sur l’opération Epervier, la tournée de René Sadi, les conflits dans les sections…



Qu’est-ce que ce parti propose de nouveau aux Camerounais après 25 ans d’existence ?


Le Rdpc n’a pas changé. Son discours fondateur qui a séduit de très nombreux Camerounais reste toujours pertinent. Il faut se souvenir que dès l’origine, le Rdpc proposait, en plus de la rigueur dans la gestion et la moralisation des comportements publics, le libéralisme économique et politique, la justice sociale,  le rayonnement international du Cameroun et le bien-être des Camerounais. Point n’est besoin d’avoir des loupes pour se rendre à l’évidence que beaucoup a été fait dans ces multiples domaines, même si beaucoup reste encore à faire. Nous en sommes conscients au Rdpc, d’ailleurs, le Président national nous a utilement rappelé que tant qu’un seul de nos compatriotes ne pourra manger à sa faim ou se soigner ou envoyer ses enfants à l’école, notre tâche ne sera pas terminée. C’est justement sur cet aspect de l’amélioration des conditions de vie de tous que le Rdpc invite les Camerounais aujourd’hui. Car, après les nombreuses crises que nous venons de traverser, les conditions sont actuellement réunies pour que nous fassions assez rapidement du Cameroun un pays émergent. Et le Rdpc, dans cette perspective, se veut « le parti de l’émergence du Cameroun moderne (…) (qui) porte les promesses d’une prospérité pour les postérités » selon la belle expression du ministre Sadi, dans sa circulaire relative à la célébration des 25 ans du Rdpc.

Sous quel signe est placé le 25ème anniversaire du Rdpc ?

Sous le signe de la célébration sur le thème : « le Rdpc au service du Cameroun, hier, aujourd’hui et demain. »  Nous sommes un parti de service, un parti à l’écoute et au service du pays et de la nation. Il n’est pas donné à n’importe quelle organisation de vivre 25 ans, de se maintenir ‘’aux affaires’’, de bien se porter et d’avoir encore la vigueur et l’enthousiasme de continuer et de progresser. Face au bilan positif des gouvernements successifs dont le Rdpc a été le socle ou la source d’inspiration, nous ne pouvons qu’être fiers d’avoir vécu et survécu dans la diversité du Cameroun qui cultive la paix et l’unité comme valeurs de référence et qui reprend visiblement le chemin du progrès et de la croissance.

Le Rdpc organise depuis peu une opération de renouvellement des cartes de membres. Est-ce la préparation des prochaines échéances électorales ?

Il faut d’abord dire que, pour un parti comme le nôtre, qui est dominant et majoritaire, qui est aux affaires, comme on dit prosaïquement, nous devons rester en action. Nous devons recruter de nouveaux membres et assurer l’encadrement des anciens, sans que cela incline à penser que nous préparons quelque échéance électorale. Mais pour être plus précis, nous ne procédons pas encore au ‘’renouvellement’’ des cartes mais, aux nouveaux recrutements et aux recensements de nos militants. Cela fait partie du dynamisme d’un parti politique moderne et le Secrétaire général prescrit la modernité sur la feuille de route des Sections. Cela passe aussi par l’informatisation du parti à tous les niveaux et par une communication plus intense et diversifiée, plus libre et constructive dans la ligne des idéaux du parti, plus explicative et éducative pour que la base et le sommet se comprennent mieux et que la majorité des Camerounais sachent bien de quoi il s’agit. C’est ainsi qu’on peut nous croire en campagne permanente, sans que ce soit nécessairement une campagne électorale.

On constate une recrudescence des coupures d’eau et d’électricité, la précarité de l’emploi, de l’habitat, des mouvements d’humeur dans plusieurs secteurs sociaux : quelle est la responsabilité du Rdpc dans la dégradation de la situation sociale des Camerounais ?

 
C’est une situation déplorable, que le Rdpc déplore ; notamment ces coupures d’eau et d’électricité. Sa responsabilité n’y est cependant pas engagée. Mais, le Rdpc ne se contente pas du simple constat, il essaie de comprendre, et surtout d’aiguillonner le Gouvernement, dans la recherche des solutions à tous les problèmes que vous relevez. Et vous pouvez constater que des solutions sont en train d’être trouvées au fur et à mesure. Au demeurant, le Rdpc aurait pu se féliciter de ce que les gens ont désormais la liberté de se plaindre quand ça va mal. C’est bien. Mais vous savez que ce n’était pas le cas avant. On souffrait sans pouvoir, ni pleurer ni se plaindre publiquement, aujourd’hui, sous l’initiative de Paul Biya, Président National du Rdpc et Chef de l’Etat, on peut dénoncer, critiquer, et mieux, demander des comptes… Les choses évoluent, c’est cela qui compte, le discours présidentiel du 31 décembre dernier mérite d’être revisité ; les projets annoncés sont déjà en train de se mettre en place. La capacité énergétique augmente, ce qui va permettre une meilleure industrialisation, le chômage, notamment celui des jeunes va nettement diminuer, des sociétés immobilières lancent des projets importants pour un habitat social, le dialogue social a pris corps pour que les problèmes liés aux mouvements d’humeurs se règlent au mieux, pour un secteur social apaisé… Le Rdpc n’est certainement pas responsable de toutes ces dégradations, mais, nous sommes comptables de la situation, nous assumons et nous sommes heureux de constater que les choses évoluent positivement sur tous les plans !

Qu’est-ce qui se passe dans le Mfoundi lorsqu’on sait qu’une délégation du Comité central du Rdpc y a récemment effectué une tournée ?

Rien de spécial, ici ou ailleurs. Ce n’est pas seulement une délégation, c’est une tournée du Secrétaire général. Le ministre René Sadi exécute sa feuille de route, chaque jour, tous les jours, avec ses équipes. Ce sont des séances de travail. Il se trouve simplement que le Rdpc est au travail, publiquement et dans la transparence. Mais le jour des résultats, il s’en trouvera toujours pour lui contester le fruit de son travail constant. Alors qu’ils passent le temps ou à dormir, ou à verser dans l’injure et la polémique stériles, alors qu’il faut travailler sur le terrain. Nous gagnons les élections pour sept ans et on doit nous sentir et nous voir, nos électeurs et sympathisants doivent être avec nous pendant les sept ans. Nous n’apparaissons pas qu’à l’approche des élections comme d’autres.

Qu’en est-il des militants de base du parti qui estiment ne pas être suffisamment récompensés ?

Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y aura jamais assez de «récompenses suffisantes » pour tous les militants et sympathisants du Rdpc. En revanche, la meilleure récompense qu’on puisse souhaiter, quand on est un militant honnête, c’est la réussite des idéaux du parti. Pour son pays ! Cependant, des mécanismes sont en train d’être mis en place pour que les plus méritants soient toujours connus et reconnus par la hiérarchie qui sait quoi faire ou ne pas faire. Ce qui doit véritablement compter pour nous tous, c’est que, nos convictions, celles qui reposent sur les idéaux du parti, triomphent et deviennent réalité, c’est la victoire à ce combat qui est la meilleure récompense politique. Nous devons définitivement quitter cette vision de venir à la politique pour survivre, pour s’enrichir, pour avoir un poste : le bien-être de tous, doit préoccuper plus que tout !

A quand un congrès ordinaire du Rdpc ?

En temps utile et opportun. Il y a lieu tout de même d’être perplexe devant le grand intérêt que la presse accorde à notre Congrès ! Qu’en attend-t-elle ? Il est vrai qu’ici, c’est vous qui me posez des questions, mais, puis-je rappeler que le Congrès est la plus haute instance du parti. Sa tenue et son organisation sont réglées par nos textes de base. Et n’en déplaise à ceux qui trouvent cela déplacé dans les parutions abondantes qu’on lit ces derniers mois, je voudrais leur dire qu’une lecture sereine des textes qui gouvernent le Rdpc, permet de redire sans ambages que, le Congrès se tiendra en temps utile et opportun.

La plupart des personnes interpellées dans le cadre de l’opération épervier sont des cadres du Rdpc : où sont passés la rigueur et la moralisation ?

Nous compatissions certes pour nos camarades qui ont commis des erreurs ou des fautes, mais ceux qui les interpellent sont de quel parti à votre avis ? Non, la rigueur et la moralisation constituent le socle fondateur et l’option cardinale du Rdpc. L’une et l’autre sont au cœur de nos actions, au quotidien. Retenez bien qu’on ne change pas plus d’un siècle d’histoire en quelques années. Ce qui a été cultivé en profondeur ici depuis la colonisation ne pouvait, du jour au lendemain, disparaître en 1982. Pourtant, le Précurseur de la moralisation et de la rigueur a eu de la méthode et de la pédagogie, on pouvait en sortir en moins de 25 ans mais, les habitudes ont la peau très dure. La preuve est que malgré toutes ces arrestations, quelquefois, on découvre encore des Camerounais aujourd’hui qui ne semblent pas conscients de ce qui se passe !

Quelle est la position du Rdpc vis-à-vis de l’opération épervier ?

On peut, dans un certain sens, considérer que l’opération épervier est la phase répressive de la rigueur dans la gestion et la moralisation des comportements dont le Rdpc s’occupe du volet essentiellement pédagogique. Nous n’avons peut être pas beaucoup de réussite, pourrez-vous me dire  mais c’est comme je vous l’ai dit, les habitudes ont la peau très dure. Mais, nous sommes persévérants et endurants, le pays doit évoluer pour le bonheur des générations futures. Le cap est maintenu et la réussite viendra.

Pensez-vous que le Rdpc pourra survivre à  son Président fondateur Paul Biya ?

En général, l’Homme crée une œuvre pour qu’elle lui survive. Il vous souvient par exemple qu’il y a quelques temps, le Président Biya a rendu un vibrant hommage à ceux qui ont posé les bases du Cameroun libre et indépendant dans lequel nous sommes heureux de vivre aujourd’hui. Or, pour la plupart, sinon en totalité, les artisans de cette indépendance ne sont plus… S’agissant plus spécifiquement du Rdpc, je pense qu’il a été fondé sur la base des valeurs éternelles que sont la morale et l’éthique par exemple. Certes, le Rdpc est une œuvre humaine, avec ses imperfections, mais il est aussi une organisation structurée. Et si l’on fait fonctionner les textes et les structures, si les hommes ne font pas preuve de mauvaise foi et de malhonnêteté, le Rdpc survivra à ses géniteurs, et ce sera à la gloire en particulier de Paul Biya. Je suis sûr que le vœu de Paul Biya est que le Rdpc survive après lui. C’est ma conviction à ce jour.

Vous semblez très optimiste, pourtant, on parle de ‘’guerres’’ à l’intérieur du parti et tout le monde invite Paul Biya à se représenter en 2011 pour en fait sauver votre parti. Et s’il refusait ?

Il n’y a pas de ‘’guerres’’ à l’intérieur du parti, il y a de petites rivalités inhérentes à ce type d’organisation, il y a certes des ambitions mais plus souvent une saine émulation. Mais il convient de noter que le Président Biya est sensible à tous les appels des militants, il l’a dit lui-même. D’ailleurs, pourquoi refuserait-il ? Faites-vous une hypothèse d’école ? Alors tout simplement de la position bien éclairée où il se trouve, il pourrait suggérer un ou plusieurs candidats à choisir, c’est aussi sa responsabilité de Grand leader et les structures du parti fonctionneront comme prévu. Pour le moment, il est notre meilleur champion et tant qu’il voudra se mettre au service de son parti et de son pays, nous resterons optimiste, car, il a fait ses preuves devant tant d’épreuves et le pays est resté debout et continue d’avancer et de progresser. Nous réaffirmons le choix de sa candidature pour 2011.

Pourquoi les revendications de la part des Camerounais de la diaspora sont-elles qualifiées de complot ? De quel complot s’agit-il ?

Toutes les revendications de la diaspora ne sont pas des complots. Mais force est de constater qu’il y a des complots qui sont ourdis ces derniers temps par quelques membres égarés de la diaspora. Il s’agit du complot contre l’honorabilité de notre pays et de celui qui le conduit si heureusement, le Président Paul Biya.

Que pensez-vous des revendications de ces Camerounais tel que le droit de vote ?

Le Président a déjà annoncé que cette question précise fait l’objet d’une étude. Donc ? le droit de vote de la diaspora camerounaise est un sujet sérieux, qui est adressé avec tout le sérieux requis, mais c’est aussi un sujet complexe qui ne saurait être traité avec précipitation.

Quel regard portez-vous sur l’opposition camerounaise ?

Un regard lointain, quoique fraternel et intéressé. Ce sont des adversaires politiques : nous ne partageons pas la même manière de voir les choses, mais je me dis a priori qu’elle veut aussi le bien du Cameroun et des Camerounais. Enfin, j’imagine. Mais dans les faits, j’ai souvent du mal à m’en convaincre quand je les entends parler, car, la mauvaise foi prend très souvent le dessus… puis, je me dis c’est peut-être aussi cela être opposant…  

Pensez-vous que cette opposition est capable de peser lourd sur la balance lors des prochaines échéances électorales ?

Ce sera au peuple de le dire. En ce qui me concerne, je me contente de travailler pour mon parti, le Rdpc, qui reste et demeure le meilleur choix pour moi et j’espère pour la majorité des Camerounais.

Vous êtes par ailleurs ministre  chargé  des relations avec les assemblées. La session parlementaire s’achève bientôt sans grande surprise, comme d’habitude…

Je ne pense pas. Attendons de voir. Le président de République avait annoncé une amélioration de Elections Cameroon vous vous en souvenez bien. On en saura certainement davantage dans les prochaines heures. En effet, un projet de loi visant à conforter l’impartialité de Elecam sera bientôt soumis à l’examen de l’auguste chambre. Il portera sur la participation des partis politiques et éventuellement de la société civile dans la gestion du processus électoral et l’implication judicieuse des administrations de l’Etat et des structures judiciaires, tout en maintenant à Elecam, son caractère d’organisme indépendant chargé de l’organisation, de la gestion, de la supervision de l’ensemble du processus électoral et référendaire. De plus, l’organisation et le fonctionnement de la Commission des droits de l’homme et des libertés vont connaître des modifications, j’allais dire des évolutions notables. Celles-ci permettront, d’une part, à la Commission nationale des droits de l’Homme et des libertés d’être accréditée auprès du Comité international de coordination des institutions nationales des droits de l’Homme et des libertés, de bénéficier des opportunités de  coopération qu’offre ce cadre et, d’autre part, d’afficher la volonté jamais prise à défaut de la plus haute autorité de l’Etat, de faire du Cameroun un Etat de droit et de liberté
Source Le Jour
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