| Alain Fogue : Un universitaire obsédé par le pouvoir |
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| By Aboudi Ottou | |||
| Tuesday, 10 May 2011 15:15 | |||
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Ses activités sont choisies depuis une dizaine d'années pour un seul dessein, le pouvoir.
Pas besoin de passer une journée en compagnie d’Alain Fogue pour se rendre compte que sa vie n’est rythmée que par son ambition d’accéder au pouvoir. Récemment encore à quelques proches à qui il faisait visiter son complexe commercial nouvellement sorti de terre près de la Radio Tiemeni Siantou au quartier Mvog Mbi à Yaoundé, l’enseignant confiait qu’ « avec mes ambitions politiques, on ne sait jamais ce qui peut arriver ». Et de poursuivre, « j’ai fait ceci pour que, si je ne suis plus là, ma famille puisse survivre ». D’ailleurs en moins de six heures passé à échanger avec cet enseignant d’université, la petite phrase, « je veux gouverner » est revenue plusieurs fois.
Mais si Alain Fogue tient tant à gouverner, c’est parce qu’il veut révolutionner les choses. « Je veux faire une politique qui libère et non une politique qui opprime. Une politique responsable avec l’autorité de faire faire et l’obligation de rendre compte », rêvait – il déjà, alors étudiant en science politique dans le milieu des années 90. Une vision de la politique qui lui a été inspiré des hommes politiques de France. Ce pays où il a passé 13 des 42 années de sa vie à étudier et à travailler.
Apprentissage
C’est que, lorsque le petit Fogue Tedom obtient son baccalauréat en 1989, le Cameroun est en crise. Les conditions de vie et d’étude qu’il a vu se détériorer avec le départ d’Ahmadou Ahidjo du pouvoir en 1982, deviennent chaotiques. « Nous étions des milliers à suivre un cours dans un amphi. Il fallait se réveiller à 4 heures du matin pour avoir une place assise. Il n’y avait ni laboratoire ni bibliothèque… », se souvient-il avec irritation.
Une situation qui a conduit à la création du « Parlement ». Une organisation estudiantine à l’origine des violentes contestations sociopolitiques qui ont embrasé l’université dans les années 1990 et revendiquait entre autre, la tenue d’une conférence nationale souveraine.
C’est à ce moment que Fogue fait ses premières classes en politique. « Je participais à tous les rassemblements du Parlement tout naturellement parce que je me sentais en phase avec leurs revendications ». Il comprend alors que c’est « par la politique qu’on peut résoudre les problèmes d’une société ».
Mais très vite, la contestation se généralise pour aboutir à ce que l’on a appelé « les villes mortes ». Pour sauver son avenir, le papa de Fogue hypothèque son salaire de fonctionnaire pour envoyer son fils poursuivre ses études en France.
Il y débarque en 1991. Le contraste est saisissant. « Tout ce qui paraissait impossible au Cameroun devient très simple. A l’université par exemple, chaque département à une bibliothèque…». Le jeune homme a l’impression d’être passé de l’enfer au paradis.
Durant son séjour au pays de Molière, il comprend très vite que si la France est si développée, c’est grâce à l’action de ses politiques. Ses études de science politique le confortent dans son idée. Il ne rêve plus que d’une chose, rentrer au pays pour mettre le Cameroun au pas de la politique française.
Dans l’arène
2004. Il signe son retour, nanti d’un doctorat en science politique option Relations internationales et stratégie. Après quatre années d’observation pendant lesquelles il se consacre notamment à ses tâches d’enseignants, il créé son parti politique, le Mouvement populaire républicain (Mpr) et envahi progressivement la scène médiatique. Les camerounais découvrent alors un universitaire au vitriol qui ne fait aucun quartier au régime en place puis progressivement, l’homme politique.
En cette année 2011, l’homme se fait d’ailleurs remarquer au mois de mars en appelant dans une lettre ouverte, le président Paul Biya à ne plus se porter candidat à la prochaine élection présidentielle. La lettre sonne comme une provocation. Elle intervient alors qu’on dédicace le 3ème volume de « Paul Biya : L’appel du peuple », un concentré de motion de soutien au président.
C’est encore lui qui monte au charbon en début du mois d’avril 2011, pour condamner « les intellectuels du ventre » après la publication dans Cameroon Tribune, le journal gouvernemental, de « la déclaration de déférence des enseignants-chercheurs des universités d’Etat au président Paul Biya ».
Le politologue réussit même le pari d’organiser à travers le Caped, son centre d’étude et de recherche, un débat très couru, entre signataires et non signataires de cette motion de soutien des enseignants-chercheurs des universités d’Etat.
Des actions en droite ligne avec les objectifs du Mpr pour cette année 2011 : « œuvrer pour l’alternance ». Et le projet de société à travers lequel Dr Fogue compte convaincre les camerounais de le porter à la tête de l’Etat, repose sur trois grandes idées : restaurer l’autorité de l’Etat ; mettre en place les conditions d’une justice indépendante et œuvre à la mise en place d’une véritable paix. Le programme détaillé du Mouvement populaire républicain sort d’ailleurs bientôt et sera présenté au public lors du lancement officiel des activités du parti qui compte à ce jour 366 membres.
Le complexe commercial d'Alain Fogue, sis au quartier Mvog Mbi à Yaoundé
Représailles
Mais lorsqu’on affiche clairement son adversité à l’égard de Paul Biya, on doit s’attendre à prendre des coups. C’est ainsi que le géostratège est par exemple prié par le général Gambou, commandant du Cours supérieur interarmées de défense, de partir en 2009 de cette école. Le général lui a clairement signifié que devenu président d’un parti politique, il ne peut plus continuer à y enseigner. Pourtant, Fogue qui jure ne jamais parler de politique avec ses étudiants, affirme que ses collègues militants du Rdpc, le parti au pouvoir, continuent à y dispenser des enseignements.
Le politologue a également vu son nom disparaitre des emplois de temps de l’Institut des relations internationales du Cameroun (Iric), où il dispensait entre 2006 et 2007 le cours de « éléments de stratégie ». Aucune explication ne lui est donnée par le directeur de l’école, le Pr Mouelle Kombi, militant Rdpc.
Sa convocation au Secrétariat d’Etat à la défense (Sed) après sa lettre ouverte à Paul Biya, ou encore son passage à tabac le 9 juin 2010 devant le groupe L’Anecdote à Yaoundé, sont à inscrire dans le même registre.
Même les étudiants que dirige Alain Fogue ne sont pas épargnés. L’un d’entre eux affirme par exemple avoir vu son nom disparaitre de la liste des moniteurs en science politique à l’Université de Yaoundé II Soa. La situation est au point où, « certains collègues m’évite (…). Je sens le souffre. Il ne fait pas bon d’être vu en ma compagnie…», rigole le prof pour qui tout cela fait parti de « petites brimades de quelques marginaux, qui sont sans effet pour le projet que j’ai (devenir président de la République Ndlr).» Des brimades qui inquiètent pourtant son entourage. Pour eux « le prof est tellement entêté qu’il minimise tous les risques».
Secrets Cet homme qui parle à longueur de journée de « transparence », de « rendre compte », de « l’application de l’article 66 de la Constitution sur la déclaration des biens », a pourtant des sujets tabous, aux rangs desquels ses affaires et son épouse.
Son épouse, certainement parce qu’elle est française. En bon stratège, Fogue comprend très bien qu’avec la montée du sentiment anti-français au Cameroun qui accompagne les interventions de la France en Côte d’Ivoire et en Lybie, son épouse n’est pas forcement un atout. Surtout que le président du Mpr a clairement soutenu Ouattara. Même s’il confesse qu’il n’a rien contre le nationalisme de Gbagbo et que c’est son déficit stratégique qui le désole.
De même, ce type discret qui aime à se fondre dans la masse se doute bien que révéler l’étendu de ses biens pourrait contribuer à l’éloigner des camerounais qui pour la plupart tire le diable par la queue. C’est certainement pourquoi Alain Fogue Tedom dont le Cv indique pourtant qu’il a « plus de 10 ans d’expérience dans le monde de l’entreprise en Europe et en Afrique », se limite à dire concernant sa casquette d’homme d’affaires, que ses employés ont un salaire décents et sont affiliés à la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps) avant de conclure, « je me sens plus à l’aise d’aborder ce sujet avec mon chef de centre des impôts qu’avec des journalistes ».
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| Last Updated on Monday, 13 June 2011 17:12 |
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le courage de prendre leurs destin au lieu de faire le civisme moutounnier et la
politique du ventre.
bravo mon fère