Douala :Un imam et un chef bagarrent à Nyalla pour un million PDF Print E-mail
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By Hervé Endong, LNE   
Wednesday, 20 January 2010 12:13

Le représentant du conseil des chefs musulmans du quartier limoge l’imam de ladite mosquée, et s’accapare des prières. Sous prétexte que ce dernier le lèse dans la répartition de la subvention de la présidence de la République.

Depuis le dimanche 17 janvier 2010, le climat est particulièrement délétère à la mosquée centrale de Nyalla, quartier située à environ 3 kilomètres du quartier Ndokoti. Tout ceci, à cause d’une affaire opposant Abdoul Moumouni, représentant local du conseil des chefs musulmans du Littoral et du Sud-ouest à Issiakou Limam, iman de la mosquée. Ce dernier, en service dans cette mosquée depuis 1985, est devenu pratiquement la risée d’Abdoul Moumouni qui, apprend-on, «s’enorgueillit de sa posture de « chef » pour le dénigrer et l’humilier en public ». Tout commence en décembre selon les témoignages recueillis sur place. «Un jour, l’imam vient à la mosquée pour diriger la prière. Malheureusement, quand il y arrive, Abdoul Mamouni lui fait savoir qu’il est suspendu, sans véritablement donner les raisons de cette suspension peu orthodoxe », narre un musulman sous le sceau de l’anonymat.

 

Le patron de la mosquée n’oppose pas de résistance. Il se retire, se disant que cette décision émane du conseil des chefs musulmans présidé par sa majesté Tanko Amadou, seule instance habilitée à décider à prendre cette décision, le représentant de Nyalla n’ayant pas tous les pouvoirs dévolus aux chefs. Entre-temps, c’est le branle-bas à la mosquée. L’imam central n’étant plus là, le représentant du conseil des chefs dirige les prières. La situation dure un mois environ. Ce qui amène l’imam suspendu à entreprendre une action à l’endroit du conseil des chefs pour en savoir plus sur cet acte jugé d’abusif. «Voyant que ce conseil allait se réunir pour se prononcer sur le sujet, Abdoul Moumouni a convoqué une réunion où il a décidé de remplacer l’imam central, et a même présenté son successeur », indiquent nos sources. «Ce jour, constant quelques épisodes de contestation, il a martelé que c’est lui qui décide et n’a pas à suivre les ordres du conseil », ajoutent-elles. C’est donc cette décision qui soulève un tollé général du côté des fidèles musulmans qui, pour la plupart, sont contre cette décision.

 

Bagarre

 

Dimanche dernier donc, une bagarre a même éclaté dans la mosquée, après une altercation provoquée par les jeunes musulmans qui désapprouvent la manière d’agir de ce « chef ». «Quand l’imam est venu diriger la prière, à la demande des jeunes, le chef  s’est opposé et la bagarre a commencé. Et les fidèles sont venus porter le représentant du chef et le jeter dehors », relatent nos informateurs. Ces derniers sont décidés d’ailleurs à ne plus l’accepter dans cette mosquée. Il n’y a rien à se mettre sous la dent à propos de ses véritables motivations, car il a évité tout débat. Joint au téléphone hier, en mi-journée, Abdoul Moumouni, demande de le rappeler dans cinq minutes, question pour lui de « régler certains détails ». Ce que nous faisons. Malheureusement, dès qu’il reconnaît la voix, il nous raccroche au nez. Avant d’étendre son téléphone.

 

L’imam Issiakou, quant à lui, ne passe pas par quatre chemins pour expliquer la cause de cette situation malheureuse. «Depuis que la présidence de la République a commencé à envoyer l’aide annuelle, les problèmes ont commencé », explique-t-il, déçu. En effet, chaque année, l’imam de la mosquée centrale de Nyalla reçoit de la présidence de la République un million FCfa, comme ses 12 autres confrères établis à Douala. « Cet argent est un appui accordé par le chef d’Etat aux différents ministres de culte du pays pour leurs différentes prières élevées en faveur de la paix », apprend-on. «Le représentant du conseil voudrait que ce soit lui qui récupère l’argent et le partage. Ce que je refuse car c’est mon nom qui est bel et bien inscrit sur la liste », explique l’imam Issiakou. Voilà le nœud du problème d’après lui.

 

Ce problème préoccupe déjà toutes les élites du grand Nord de la ville. Et les différents avis recueillis sont en faveur de l’imam. « J’ai appris cela. Les musulmans sont organisés. A mon avis, ce n’est pas de cette manière qu’il faut destituer un imam. La communauté musulmane est dirigée par un conseil des chefs dirigé par El Hadj Tanko Amadou. Il revient à se conseil d’en décider », réagit El Hadj Mohamadou Yacoubou, président de l’Alliance nationale des jeunes musulmans du Cameroun (Anjmc). Ce dernier pense que le problème ne se serait pas posé si ce chef était allé voir le patriarche Tanko, ou même son vice El Hadj Adamou Labo
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