Religion: l'islam encourage t-il la mendicité? PDF Print E-mail
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By Antoine Zanga   
Saturday, 12 December 2009 16:25

Dans les carrefours les plus populeux de Yaoundé, des mendiants sont assis dans l'espoir que quelque pièce leur sera donnée. Ils disent attendre l'aumône prescrit par le coran.

 

 


Carrefour Wardha. Hommes, femmes et enfants d'un teint noir foncé, vêtu de pagnes ou de boubou, ont tous une petite assiette par terre pour ceux qui sont assis ou en main pour ceux qui sont debout. Ils ont même un chapelet musulman qu'ils égrainent de temps en temps.

 

 

Certains déclinent leurs identités. Ce sont des noms musulmans. Sur le champ, ils vont demander un peu d'argent. En présentant une femme assise de l'autre côté de la route, Aboubacar l'un d'entre eux dira que l'argent qu'il travaille est remis à sa maman.

 

Deux hommes et une autre femme sont assis à côté de la maman d'Aboubacar. Tous vont confirmer qu'ils sont musulmans. Ils diront même que le coran demande à leurs frères de leur donner l'aumône et que c'est pour cette raison qu'ils sont là.

 

 

 

Ce que dit le coran

 

Dans la sourate 9 verset 60 du saint coran, huit catégories de personnes/ objets doivent bénéficier de la zakat (aumône en arabe). Il s’agit des pauvres, des nécessiteux, des endettés, des prisonniers des nouveaux convertis, des collecteurs de la zakat des voyageurs en détresse et de la voie de Dieu (elle comprend principalement la guerre sainte et la construction des édifices publics). Quand le montant de la zakat est peu élevé, les pauvres et les nécessiteux doivent être prioritaires. Mais en période d’hostilité, c’est la guerre sainte qui est prioritaire.

 

Au cours d’une prière à l’époque du prophète Mahomet, un croyant s’est levé pour demander l’aumône. Le prophète l’a fortement réprimandé. Il avait alors interdit aux musulmans de ne plus jamais le faire. Mais il a tout de même recommandé que le pauvre ou le nécessiteux puisse avoir une part dans la banque islamique.

 

Ainsi dans les pays dont la constituions est établie selon la loi islamique, c’est la banque islamique qui gère le fruit de la zakat. Elle a donc le rôle de recenser tous les pauvres et les nécessiteux pour les empêcher d’aller à la rue.
 

 

« Cette banque n’existe pas au Cameroun. Il n’existe non plus un conseil national islamique chez nous. Il n’ ya nul part dans le coran un passage qui demande à un pauvre d’aller dans la rue pour demander l’aumône » déclare l’imam Oumar Njimogny que nous avons rencontré au quartier Briqueterie, où vie une forte communauté musulmane,
Comme pour tenter d’excuser ceux qui le font au Cameroun.


La loi coranique sur l'aumône: une faille pour les mendiants

 

Les musulmans sont généralement stricts sur les prescriptions coraniques. Cette contrainte religieuse implique une obligation morale. Les mendiants le savent très bien. Raison pour laquelle même ceux qui peuvent travailler de leurs mains se font passer pour des mendiants.

 

Au quartier Briqueterie, la canicule est à son paroxysme, un groupe de musulmans écoutent attentivement une chanson orientale. Le premier est commerçant. Pour lui ces gens qui sont en bordure de rue ne sont pas musulmans. Ils utilisent l’islam pour avoir de l’argent car un vrai musulman ne peut pas aller dans la rue pour demander l’aumône parce qu’il sait que le prophète l’avait formellement interdit.

 

Pour le deuxième, ce ne sont même pas des camerounais. Ils sont ressortissants des pays voisins. Ces deux commerçants vont tout de même dire qu’ils ont l’habitude de leur donner l’aumône parce qu’ils le font pour Allah et non pour les mendiants.

 

Ali est assis à côté d’eux. Il dira avec force qu’il ne leur donne rien. Il explique « quand on ces mendiants passent au marché plusieurs commerçant au nom de la religion leur remettent viande, riz, huile, (…) qu’ils vont ensuite revendre au lieu de manger ». C’est aussi ces mêmes mendiants qui lui font de la monnaie quand il en a besoin. « Ça veut dire que c’est des hommes d’affaire » a-t-il conclu.

 

L’un des mendiants approchés nous a carrément dit qu’il est impossible pour lui de laisser son activité parce que c’est avec elle qu’il nourrit sa famille. Selon certaines informations, certains se seraient même construit des maisons en mendiant. Seulement, elle ne manque pas de conséquences.

 

La forte présence de ces hommes détériore l’image de la ville. Pour mener leur activité, ces gens utilisent des enfants qui n’auront plus la chance d’aller à l’école.

 

 

 

Selon le sociologue Serge Aimé Bikoï ces enfants mendiants qui déambulent à côté des feux de signalisation sont souvent victime d’accidents et enrôlés dans les réseaux de prostitution et de banditisme. Pour l’imam Oumar Njimogny, c’est l’échec de la prédication dans les mosquées mais surtout des pouvoirs publics.


La loi camerounaise interdit la mendicité

La mendicité est une infraction qui est classée délit réprimée par les articles 245 et 246 du code pénal camerounais.
L’article 245 parle de la mendicité simple c’est-à dire, celle pratiquée par des personnes qui, ayant des moyens de subsistance ou pouvant se les procurer par le travail, sollicitent la charité en quelque lieu que ce soit.

L’article 246 lui parle de la mendicité aggravée c’est-à dire lorsque qu’un individu demande la charité en usant d’injures, de menace ou de violence ; lorsqu’il entre sans permission dans une habitation ou lorsqu’il simule des plaies.

Les peines en courues vont de 15 jours à 6 mois de prison ferme pour l’art 245 et de 6 mois à 2 ans pour l’art 246.
 

 


 

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Last Updated on Saturday, 12 December 2009 17:59
 
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