Révolution Tchiroma: Jusqu’où va t-il aller? PDF Imprimer Envoyer
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Par Benjamin Fouda Effa   
Lundi, 05 Octobre 2009 07:23

 

Le nouveau ministre de la communication  (MINCOM) et porte parole du gouvernement du Cameroun est en rupture avec les anciens usages de la communication gouvernementale du régime de Yaoundé... Enquête

En fin juillet 2009 moins d’un mois après sa nomination, ISSSA TCHIROMA  BAKARY, le ministre de la communication est dans la suite qui accompagne le chef de l’Etat Paul Biya à Paris, pour la visite officielle qu’il effectue en France à l’invitation du président SARKOZY. De mémoire de journaliste, cela faisait plus de 20 ans que le Président de la République n’avait pas trouvé utile d’amener un ministre de la communication dans l’un de ses voyages officiels. Le dernier MINCOM à avoir effectué un voyage officiel avec le chef de l’Etat est en effet Henri Bandolo Ministre de l’information et de la culture de 1990 à 1992, décédé le 16 juillet 1997.

Lors du voyage de paris, le ministre TCHIROMA marque l’opinion médiatique camerounaise en donnant des interviews depuis paris à deux chaînes  privées basées à yaoundé, la RTS et MAGIC FM.  Il rend compte des activités du chef de l’Etat en France. Les audiences qu’il accorde, les visites qu’il effectue, bref son agenda. Une grande première.

  1. Les camerounais étaient habitué à attendre la fin de la visite pour savoir ce que leur président a effectué, de la bouche du journaliste de la CRTV qui ne revenait souvent rendre ces informations qu’une fois le président de retour au bercail. Pour une fois, d’une bouche autorisée et à temps, les camerounais avaient enfin la possibilité de suivre quasiment de jour en jour les mouvements de leurs chef en visite à l’étranger.
  2. Cette fois l’information est passée par les radios privées. Un privilège au regard des discriminations du passé. L’attitude de quelques un dans la même position avait fini par friser le mépris reléguant depuis toujours  les médias privés au second rang en ce qui concerne l’accès à l’information officielle.

D’ailleurs le ministre Tchiroma estime que ce n’est  pas encore assez pour mettre fin à ces clivages (presse publique-presse privée).  Des sources indiquent qu’il négocie en ce moment l’enrôlement des journalistes de médias privés dans les voyages du chef de l’Etat. Au Cameroun, seul une petite poignée de journalistes de la CRTV, la radio et télévision d’Etat et de Cameroun Tribune la presse d’Etat  est admise dans les voyages présidentiels depuis toujours. Même la couverture des événements au palais présidentiel à yaoundé est aussi une exclusivité des journalistes des médias d’Etat. Petite avancée sur cette question, lors de la visite du président élu de la République Gabonaise à Yaoundé le  11 Septembre dernier, des dizaines de journalistes des médias privés ont été accrédité par la direction de la sécurité présidentielle. Ceux-ci étaient transportés par des bus spécialement affrétés par le ministère de la communication au palais présidentiel ainsi que dans tous les lieux d’escale du cortège présidentiel.

RUPTURE

Feu de paille, pensent certains observateurs, mais d’autres analystes camerounais y voient une véritable révolution.

La méthode Tchiroma s’impose aussi par l’information rapide de l’opinion. Le ministre de la communication n’hésite pas à convoquer  des conférences ou des points de presse à tout moment pour rendre l’information officielle aux médias. Tel a été le cas lors de la gestion des deux catastrophes ferroviaires des 28 et 29 Août dernier  à Yaoundé. Le ministre a du réunir les journalistes trois fois en deux jours pour indiquer les informations liées aux drames. Faits tout aussi nouveaux au regard du mutisme qui caractérise le pouvoir de Yaoundé.

L’un des casse-tête du nouveaux MINCOM est la problématique de la subvention de la presse privée au Cameroun. Des sources bien introduites indiquent la volonté du ministre Tchiroma de faire passer cette enveloppe des 150 000 000 FCFA (cent cinquante millions) actuelles à  500 000 000  de FCFA (cinq cent mille).

La volonté est affichée, la détermination aussi, la confiance du chef de l’Etat certainement. Cette fois, l’opinion est curieuse de savoir jusqu’où va aller Tchiroma ? Aura-t-il suffisamment les mains libres pour aller le plus loin possible ? Ministre venu au gouvernement à partir de l’opposition, les caciques du RDPC, le parti au pouvoir ne vont-ils pas s’inquiéter  de la grosse confiance dont il jouit visiblement auprès du chef de l’Etat et lui jeter ainsi les bâtons dans les roues ? Seul l’avenir va en dire plus.

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Mise à jour le Samedi, 17 Octobre 2009 17:44
 
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