2e Affaire Albatros : De renvoi en renvoi PDF Imprimer Envoyer
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Par Julien Chongwang, LNE   
Mercredi, 14 Avril 2010 10:57

Comme les audiences précédentes, celle d’hier n’a pas vu l’ouverture des débats.

 



Ce mardi 13 avril 2010 s’est tenue la quatrième audience du procès de Thierry Ngongang et de trois de ses invités qui avaient pris part à l’émission « Cartes sur Table » sur l’affaire Albatros le 1er juin 2008 sur les antennes de la chaîne de télévision Stv.

 

En plus du présentateur de l’émission, les prévenus ont pour noms Ananie Rabier Bindji (journaliste à Canal 2 International), Dr Aboya Manassé (politologue enseignant d’université) et Alex Gustave Azébazé (journaliste et premier secrétaire national par intérim du Syndicat national des journalistes du Cameroun – Snjc.

 

Mais, dans ce procès, les jours se suivent et se ressemblent. Et hier, le tribunal de première instance de Douala Bonanjo qui traite de cette affaire a une fois de plus concédé un renvoi sans que l’on entre dans le fond du dossier.

 

Le renvoi d’hier a été fait à la demande de Me Jackson Ngnie Kamga, conseil d’Alex Gustave Azébazé. Celui-ci a signifié cette demande par le truchement de l’un de ses collaborateurs ; car lui-même se trouve à l’extérieur du pays en ce moment.

 

Cette demande n’a pas trouvé d’opposition ni chez ses confrères de la défense, ni du côté du ministère public. Un autre avocat de la défense a d’ailleurs reconnu que c’est un renvoi « utile » ; c’est-à-dire un renvoi qui laisse un temps suffisant à toutes les parties pour être fin prêtes à l’ouverture des débats. C’est donc à ce titre là que le tribunal a consenti un renvoi de près de deux mois, puisque la prochaine audience est programmée pour le 8 juin 2010.

Lassitude

Ce renvoi a provoqué un sentiment de lassitude chez les prévenus et chez le nombreux public qui fait le déplacement du Tpi de Douala Bonanjo chaque jour où cette affaire est programmée. Il est vrai que c’est la quatrième fois que l’on renvoie cette affaire sans même effleurer les questions de formes.

 

Ce dossier avait été appelé pour la première fois le 12 janvier 2010. Ce jour-là, les avocats de la défense avaient unanimement demandé un renvoi pour qu’ils aient le temps de prendre connaissance du dossier d’accusation.

 

L’affaire avait alors été remise au 9 février 2010. A cette audience, ce sont des avocats nouvellement constitués par les prévenus qui demandaient eux-aussi un renvoi pour la même raison. Là aussi, ni le ministère public, ni les autres avocats de la défense n’avaient trouvé à redire et l’affaire avait été remise au 9 mars 2010.

 

Mais à l’ouverture d’audience, l’un des avocats d’Ananie Rabier Bindji prenait la parole pour signifier la demande formulée par Me Emmanuel Pensy qui, du fait de son absence à cette audience-là sollicitait un renvoi. Certains avocats de la défense avaient essayé de s’opposer à cette demande de renvoi au motif que Me Emmanuel Pensy n’était pas le seul conseil de ce prévenu. Et qu’en son absence et en présence de ses confrères constitués par ce même prévenu, les débats pouvaient s’ouvrir. A l’opposé, le ministère public, ne s’opposait pas à cette demande de renvoi. Au terme de cet échange, le tribunal optait pour un renvoi au 13 avril 2010…

Genèse

Il faut remonter à presque deux ans plutôt pour trouver la genèse de ce problème. Le 1er juin 2008, Thierry Ngogang recevait dans son émission « Cartes sur table » ses trois co-prévenus et Jean Marc Soboth, alors premier secrétaire national du Snjc. L’échange entre les cinq hommes portait sur l’audition quelques jours plus tôt de Yves Michel Fotso (ancien administrateur directeur général de la Camair) par la police judiciaire au sujet de l’affaire Albatros. Du nom de l’avion présidentiel dont l’acquisition en 2004 fut entachée de nombreuses irrégularités que la justice n’a toujours pas fini de démêler.

 

Les déclarations des panélistes et des pièces que détenaient certains d’entre eux avaient alors ému les autorités judiciaires. Celles-ci ayant tôt fait de crier à la violation du secret de l’instruction. Quelques jours plus tard, ces panélistes étaient à leur tour entendus par la police judiciaire de Douala. On avait cru l’affaire enterrée quand elle a ressurgi le 12 janvier 2010 au Tpi de Douala Bonanjo.

Article La Nouvelle Expression

 

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