Alfred Dan Moussa : « Il faut achever le débat sur la dépénalisation des délits de presse » PDF Imprimer Envoyer
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Par Alfred Dan Moussa Président international de l'Upf   
Lundi, 03 Mai 2010 11:58

La mort de Bibi Ngota dans les conditions décriées par le monde entier ne doit laisser personne sans réaction.

L'Union internationale de la presse francophone (UPF) saisit l'occasion de la célébration de la 19ème édition de la Journée internationale de la liberté de la presse pour inviter les consœurs et les confrères à avoir une pensée pour les professionnels(les) de l'information qui nous ont devancé dans l'au-delà, depuis janvier 2010. Entre autres : Toufik Boughedir (Tunisie), le 2 janvier 2010 ; Bobbie Tsankov (Bulgarie), le 5 janvier 2010 ; Andis Hadjicostis (Chypre), le 11janvier 2010 ; Paulin Criwa Zéli (Côte d'Ivoire), le 2 février 2010 ; Mamadouba Sylla (Guinée), le 10 février 2010 ; Patient Chebeya Bankome dit Montigomo (RDC), le 5 avril 2010 ; Martial Ouédraogo (Burkina Faso), le samedi 10 avril 2010 Aboubacar Lansana Camara (Guinée), le 16 avril 2010 ;Lamba Mansaré (Guinée), le 16 avril 2010 ;Germain Ngota Ngota ( Cameroun), le 22 avril 2010 ;Baya Gacemi (Algérie), le 25 avril 2010.Liste non exhaustive des disparus.

 

Certains sont morts de maladie. D'autres ont été abattus, à bout portant, pour avoir revendiqué le droit du public à l'information. Les tueurs ont disparu dans la nature.

 

A Yaoundé, au Cameroun, un directeur de publication est mort, en prison. Aucune condamnation de non assistance à un détenu qui présentait, pourtant, des signes évidents de mauvaise santé, ne doit passer sous silence. Ce laxisme coupable ne doit rester impuni. Germain Ngota Ngota, 38 ans, patron de l'hebdomadaire Cameroun Express, aurait pu être sauvé. Sa mort, le 22 avril 2010, dans les conditions décriées par le monde entier, ne doit laisser personne sans réaction. Elle doit être accompagnée d'une enquête digne, et de décisions courageuses du gouvernement camerounais.

 

C'est pourquoi l'UPF demande au Président de la République de saisir cette occasion malheureuse pour faire achever le débat sur la dépénalisation des délits de presse, ou suppression de la peine privative de liberté, en choisissant l'option des peines pécuniaires raisonnables, en lieu et place de l'emprisonnement pour délits de presse. Les 41èmes Assises de l'UPF, en novembre 2009, à Yaoundé, ont été, de ce point de vue, riches en enseignements et arguments convaincants, en faveur de la suppression de la peine privative de liberté, en faveur des sanctions économiques non suicidaires et de la mise en place d'une véritable instance d'auto-régulation.

 

C'est pourquoi l'UPF a foi que la disparition de ces femmes et hommes des médias sera une source de motivation profonde à continuer la lutte pour la suppression de la peine privative de liberté, pour la levée des interdictions de vendre, de paraître et d'émettre, qui frappent certains médias.

 

A Rabat, au Maroc, où l'UPF donne rendez-vous à plus de 200 journalistes francophones, du 31 mai au 5 juin 2010, l'occasion sera belle de renforcer le plaidoyer pour le droit du public à l'information, pour la liberté d'expression et de la presse. Préparons-nous donc à participer, nombreux, à ce double rendez-vous : 60ème anniversaire et 42ème assises de l'UPF, dans la capitale marocaine.
Bonne journée du 3 mai 2010.


 

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