| Presse publique-presse privée : Les clivages demeurent |
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| Par Aboudi Ottou/ A.T. Onana | |||
| Mercredi, 04 Mai 2011 11:42 | |||
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A sa nomination comme ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary s’était promis de mettre fin aux inégalités de traitement entre la presse publique et la presse privée. Près de deux années après, force est de constater qu’on a très peu évolué.
Le président de la République est en ce moment au Vatican. Il y a pris part à la cérémonie de béatification de Jean-Paul II. Avec lui, seuls les journalistes des médias d’Etats : Crtv et Cameroon Tribune. Et ça, l’arrivée le 30 juin 2009 de Issa Tchiroma à la tête du ministère de la Communication n’y a rien changé.
Le ministre de la Communication explique que la couverture par les médias privés des voyages du chef de l’Etat est dans le « pipe ». Tous est maintenant question de « timing » et de « tempo » qui appartient au président de la République.
Seulement en ce qui concerne l’accès aux sources officielles d’informations, l’injustice ne s’arrête pas là. L’enseignant de journalisme Sosthène Médard Lipot constate par exemple que les médias publics continuent à être les seuls qui ont l’exclusivité des textes officiels tels les arrêtés, les lois et les nominations.
Sur cet aspect, d’accès aux sources, Jean Baptiste Biayé de Prospective Nouvelle dénonce les blocages administratifs. Pour accéder à une information dans l’administration, ajoute ce directeur de publication, il faut toujours que ce soit la hiérarchie qui donne l’autorisation.
Financement
En plus de la publicité, la Crtv par exemple bénéficie de la redevance audiovisuelle estimée à plusieurs milliards de Fcfa. Alors que la presse privée doit se partager les 250 millions de Fcfa représentant l’aide publique à la communication privée avec d’autres acteurs de la communication sociale (imprimeurs, agences de publicités, associations…).
Pour Sosthène Médard Lipot, parler d’« aide » est même déjà révélateur du type de soutien que l’Etat apporte. Cela suppose que l’autre est dans une situation d’indigence et de survie. Cet enseignant de journalisme rappelle que la presse devrait être un pouvoir. Il faudrait pour cela arriver d’après lui, à « un soutien soutenu » qui lui permette de jouer tous ses rôles.
Insistant sur ce point, Linus Otoko de Radio Siantou, précise qu’Issa Tchiroma a chiffré le nombre de médias privés présents au Cameroun à 400 en 2010. Il est incompréhensible, poursuit-il, que seulement 33 d’entre eux bénéficient de cette aide aussi modique soit-elle. Cette situation est d’autant inacceptable pour lui qu’il rappelle que notre pays est le seul au monde où l’on appelle cette subvention de l’Etat « aide ».
A ces critiques, le Mincom répond que « l’idée d’un compte d’affectation spécial en guise de d’appui substantiel aux actions médiatiques est en étude ».
Petites avancés
Bien que les attentes restent nombreuses face aux promesses du ministre de la Communication, on s’accorde à lui reconnaitre quelques mérites dans le secteur privé de ce corps de métier. Biayé de Prospective Nouvelle, remarque par exemple que bon nombre de journalistes sont de plus accrédités aux évènements liés au président de la République et à la première dame.
Silvain Andzongo de l’hebdomadaire Repères souligne que depuis l’arrivée d’Issa Tchiroma à son poste, tous les médias sont invités au même titre à ses conférences de presse ; ce dernier étant par ailleurs, le porte-parole du gouvernement. L’on a d’ailleurs souvent vu le Mincom réagir sur certains plateaux de télés privées avant les médias d’Etat, ajoute-il.
Ce sont là des avancées qui ne relèvent que des compétences exclusives du patron du quatrième pouvoir et qui ne sont pas d’envergure pour rattraper le secteur public, d’après de nombreux journalistes de la presse privée.
Le rédacteur en chef de Radio Siantou Tabi Clarkson souhaite à cet effet que son action soit harmonisée avec celle du ministre du Travail et de la sécurité sociale pour que la convention collective de cette profession soit appliquée.
François Bikoro du groupe L’Anecdote, de son côté, pense que c’est plutôt le ministre des Finances qui devrait être appelé en renfort pour appliquer les exonérations concernant les intrants liés à la fabrication des journaux.
Pour Bikoro, le Mincom ne peut que faire des actions liées à la politique gouvernementale dont il n’est pas le garant et qui n’accorde pas une grande place au développement la presse privée. Il ne peut se limiter ainsi qu’à faire des promesses pour rassurer les journalistes.
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