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Befe Ateba accusé de travailler contre la liberté de la presse PDF Imprimer Envoyer
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Par Jean-Marie Nkoussa   
Mercredi, 27 Juin 2012 15:37
Les journalistes s’étonnent que le président du Conseil national de la communication (Cnc) s’illustre davantage dans les mises en garde et autres rappels à l’ordre à l’encontre des médias.

Le courroux des hommes de médias est consécutif au rappel à l’ordre du président du Conseil national de la communication sur le dépôt judiciaire des journaux. Dans un communiqué publié ce 27 juin dans Cameroon Tribune, le quotidien gouvernemental, Joseph Befe Ateba exhorte les propriétaires des organes de presses écrites à la demande dit-il du procureur de la République de la Cour d'appel du Centre, parquet du tribunal de première instance Yaoundé-Centre administratif, à respecter les dispositions de l’article 13 de la loi du 19 décembre 1990 sur  la liberté de la communication sociale.

 

D’après cet article, « Chaque organe de presse est astreint au dépôt judiciaire. A ce titre, le directeur de publication est tenu de déposer auprès du procureur de la République, deux (2) heures au plus tard après la parution, deux (2) exemplaires signés de chaque édition ».

 

Ce que la totalité de directeurs de publication que nous avons joint au téléphone avouent ne pas faire. « Quant vous arrivez chez le procureur pour déposer des exemplaires de journaux, on vous regarde surpris », indique Parfait Siki, le directeur de la rédaction de Repères. « C’est une petite négligence » se justifie pour sa part Emmanuel Gustave Samnick, le directeur de publication du quotidien L’Actu.

 

« C’est une grossièreté qui doit-être abrogée », commente Rodrigue Ntongue. Le chef du service politique du quotidien privé Le Messager, soutient que le procureur de la République peut s’il le désir,e s’offrir lui-même et à ses frais, un exemplaire du journal. Les entreprises de presse payant des taxes et impôts.

 

Le Cnc hors sujet


Les hommes de médias s’étonnent par ailleurs que le Cnc s’illustre davantage dans les mises en garde et autres rappel à l’ordre. « On est quand même surpris que le Conseil national de la communication fasse plus parler de lui dans la restriction des libertés de la presse que dans sa promotion », souligne avec amertume Parfait Siki.

 

Le directeur de la rédaction de l’hebdomadaire Repères croit savoir que l’organe de régulation de la presse a des dossiers plus brûlants sur sa table. Le Cnc d’après lui, devrait s’intéresser aux dérives de certains journaux notamment sur l’affaire Marafa Hamidou Yaya. « Pourquoi ce n’est que maintenant qu’il (Befe Ateba Ndlr) fait son rappel. Et puis que fait le Cnc depuis sa création, pourquoi les membres n’ont pas été nommés jusqu’ici…» autant de questions qui font dire à Parfait Siki que le Cnc passe complètement à côté du sujet.

 

Un avis partagé par le directeur de publication du quotidien L’Actu. Pour Emmanuel Gustave Samnick, le Cnc gagnerait à assainir le milieu de la presse, avant d’éventuels ultimatums. « Il faudrait aller voir du côté de ces journaux créés par des pontes du régime, qui au mépris de toute règle d’éthique et de déontologie, s’attaquent parfois et sans fondement à la vie privé des personnalités », suggère-t-il.

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Mise à jour le Jeudi, 28 Juin 2012 11:59
 
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