Yves Gounin : la France n’a pas d’intérêt en Afrique PDF Imprimer Envoyer
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Par Dourlaye   
Vendredi, 04 Décembre 2009 00:02

Dans une conférence qui s'est tenue au Centre Culturel Français de Yaoundé, Yves Gounin a présenté son ouvrage intitulé "La France en Afrique : le combat des Anciens et des Modernes".
L'ancien premier conseiller à l'ambassade de France au Kenya a tenté d'expliquer à travers son livrepourquoi la France n'a plus des intérêts en Afrique.


L'exposé de cet ancien conseiller juridique du Président de la République du Sénégal de 2006 à 2009 a drainé une foule immense. Etudiants, enseignants, journalistes, chercheurs de tout bord ont répondu présent. Le parcours de cet énarque a certainement convaincu le public autant que le contenu provocateur de l'ouvrage.

Dans son exposé, l'auteur présente une Afrique dont l'intérêt est marginal pour la France. "Le pétrole, le gaz et d'autres produits du sous-sol peuvent être obtenus du Moyen Orient que du Golfe de Guinée par la France dit-il ". A ce niveau, une bonne partie du public n'est pas d'accord. A la question de savoir quelle explication donner à la présence massive française en Afrique si elle n'y voit pas d'intérêt, Yves Gounin répond que ces intérêts, s'ils existent, concernent qu’une infime partie des français, notamment les Anciens donc le caractère paternaliste trahi l'envi de voir ceux qui ont pris les reines du pouvoir après les indépendances s'éterniser au pouvoir.

Pour lui, un brillant diplomate français souhaite travailler à Washington, en chine ou au Brésil que d'être envoyé dans les "postes à moustiques en Afrique». Cependant, l'auteur se plait à dresser un portrait croisé très amusant de deux poids lourds de la diplomatie française et qui, paradoxalement, sont en poste en Afrique. Il s'agit de Pierre Jacques Acquenot en poste à Kinshassa et Jean Didier Roisin, ambassadeur de la France au Gabon.

Et Sarkozy dans tout ça? Yves Gounin explique que ce personnage matérialise un lieu emblématique d'un affrontement entre les anciens et les modernes. Il avait bien souhaité la rupture avec les méthodes paternalistes en tant que candidat à la présidentielle, mais se ravivé une fois élu président de la République française.
Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il y avait un débat houleux mais méthodique au Centre Culturel Français. D'un coté une posture franche et sans ambigüités du conférencier, et de l'autre un public décidé à comprendre comment la France peut se passer de l'Afrique.


Pour Yves Gourin, l'Afrique doit prendre son destin en main. La ruée de certains dirigeants du continent vers la Chine est un effet de mode et que d'ici cinq ans on en parlera plus.

La question de l'esclavage a été également soulevée, non sans passion. Question intéressante selon l'orateur, mais qui indemniser et comment? On peut même s'immoler devant les champs Elysées, on ne peut jamais obtenir satisfaction à cette préoccupation. Le problème d'indemnisation de l'esclavage divise même la communauté noire en France. Comme thérapie à cette problématique, il conseille aux africains de faire table rase du passé et de regarder vers l'avenir. Il préfère également que l'Etat français accompagne les Etats africains à se développer.
 

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Mise à jour le Vendredi, 04 Décembre 2009 02:28
 
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