| Cameroun : Le droit d’auteur de l’art musical dans l’impasse |
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| Par Eric Boniface Tchouakeu | |||
| Samedi, 17 Octobre 2009 12:09 | |||
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L’affaire CMC-MINCULT plombe le recouvrement des droits d’auteurs de l’art musical... Enquête
9 septembre 2009. La cour suprême en ces deux chambres réunies et à l’unanimité des juges prend deux décisions. Elles rendent définitivement applicable l’ordonnance prise le 17 décembre 2008 par Emmanuel Sandeu, un juge de l’auguste institution.
La décision judiciaire de fin 2008 suspend les effets de deux décisions de la ministre de la culture Ama Tutu Muna. La première, n°0089 /mincult/cab du 12 mai 2008 retirait l’agrément à la Cameroon Music Cooporation (CMC), la société alors en charge de la gestion collective du droit d’auteur et des droits voisins de l’art musical. Et la seconde n°0089/mincult/CAB du 15 mai 2008, mettait en place un comité ad hoc qui a piloté l’assemblé générale ayant conduit à la naissance de la Société Civile Camerounaise de l’Art Musical (SOCAM) l’actuelle société dans le domaine qui possède un agrément. Les décisions de la plus haute juridiction du Cameroun attendent cependant toujours d’être appliquées.
Pour monsieur Oyono spécialiste du droit administratif, la CMC a été remise en scelle depuis le 17 décembre 2008 et ce en dépit de l’expiration théorique de son agrément en mis septembre 2008. L’expiration de l’agrément qui est accordé pour 5 ans renouvelable par le ministre de la culture, est la principale raison évoquée par les adversaires de la CMC et notamment le professeur Adolphe Minkoa Shey agrégé de droit privé et de sciences criminelles et président de la Commission Permanente de Médiation et de Contrôle des sociètés de gestion collective du droit d'auteur et des droits voisins (CPMC), pour ne pas rétablir la CMC dans ses droits.
La décision de la cour suprême du 09 septembre 2009 confirme de manière définitive la toute première décision du 17 septembre 2008. Mais elle est toujours non appliquée, en attendant l’issue de l’affaire au fond.
L’exécution des décisions de justice en matière d’administration au Cameroun, n’est pas évidente. Pour Yves Nlomo Assam titulaire d’un DEA en droit public, « au Cameroun, le juge administratif n’a pas la compétence d’obliger ou d’émettre l’injonction à l’administration. S’il le fait il sera coupable d’une infraction punie par l’article 126B du code pénale. L’administration n’est pas obligée, cependant, ne veut pas dire qu’elle ne doit pas le faire. Du moins sur la base des principes de la démocratie et de l’état de droit, l’administration doit exécuter les décisions du juge. Et elle à compétence liée. C’est-à dire qu’elle est obligée d’agir. Mais l’administration a aussi un pouvoir discrétionnaire c’est- à dire qu’elle peut apprécier les moments ou les circonstances dans lesquelles il lui revient d’appliquer les décisions. Il ne faut cependant pas confondre pouvoir discrétionnaire qui vise l’intérêt général et l’arbitraire qui vise l’intérêt particulier».
Professeur Jean Ngatsi agrégé des facultés de droit est plus formel. « La ministre de la culture doit appliquer les décisions de la cour suprême. Et si elle ne le fait pas, elle est en rébellion contre la cour suprême et s’expose à des sanctions prévues en la matière».
La SOCAM en difficulté
Les dirigeants de la CMC auréolés par les décisions de la cours suprême ont saisi la plupart des gros redevables du droit d’auteur pour leur demander de ne pas reverser leurs cotisations à la SOCAM. Odile Ngaska, la présidente du conseil d’administration de la SOCAM a d’ailleurs relevé ces actions, qui pénalisent la SOCAM, dans un message aux artistes, en marge de la répartition des droits d’exécutions publiques le 23 septembre 2009.
« La CMC est en voie d’obtenir du président du tribunal de première instance de Yaoundé-centre administratif, une ordonnance demandant à la SOCAM de cesser ses activités », affirme Guy ZOGO, le responsable de la communication de la CMC. Ce dernier affirme en outre que la CMC, va poursuivre en justice les dirigeants de la SOCAM pour « rébellion contre les décisions de la cour suprême, activités illégales, détournements des biens sociaux et escroquerie en bande organisée ».
D’autres artistes par contre sont entrain de signer des pétitions réclamant la convocation d’une assemblée générale extraordinaire de la CMC pour en prononcer la dissolution.
« Selon l’article 42 des statuts de la CMC qui compte plus de 6500 membres, le tiers des membres doit écrire au PCA pour demander une assemblée générale extraordinaire en vue de dissoudre la CMC. Cela ne peut se passer autrement. Et ceux qui signent les pétitions se réclament de la SOCAM et non de la CMC », signale Guy Zogo.Il ajoute qu’au cours de l’assemblée générale du 10 mai 2008, une résolution appelant à la continuité des activités de la CMC a été votée. « Une assemblée générale devant conduire à la dissolution de la CMC n’est donc pas à l’ordre du jour », précise Guy Zogo.
Ce dernier est interpellé aux premières heures de la matinée du 10 mai, et interrogé pendant plusieurs heures par la police, avant de repartir libre, à cause notamment d’une plainte de la ministre. Dans l’après midi, lorsque Sam Mbende rejoint le palais des congrès avec ses partisans, il y trouve le professeur Minkoa Shey, entrain de diriger les travaux de l’assemblée générale. Dans une ambiance électrique, le président de la CPMC est expulsé de la salle. L’assemblée générale se tiendra finalement sans les représentants de la tutelle et des autres concurrents de Sam Mbende au poste de PCA, qui ont décidé à leur tour de quitter la salle, permettant ainsi la facile reconduction du PCA sortant.
Et jusqu’à présent, l’on attend toujours que le juge se prononce au fond de l’affaire. Une attente préjudiciable à l’artiste de façon générale, quelque soit la société de gestion collective du droit d’auteur, à laquelle il est affilié. Car la CMC, ou la SOCAM, perçoit aussi pour le compte des trois autres sociétés avant le partage inter social.
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| Mise à jour le Samedi, 14 Août 2010 18:51 |
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