La feuille de route pour s’introduire en bourse PDF Imprimer Envoyer
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Par La COSUMAF   
Jeudi, 18 Novembre 2010 11:28

 

Les « Avantages » de l’introduction en Bourse ont été exposées dans le précèdent article intitulé « Pourquoi Amener les entreprises de la CEMAC à la cote officielle de la Bourse Régionale des valeurs Mobilières » en sigle BVMAC. Maintenant, il importe d’avoir une claire idée du processus d’introduction en bourse et des conditions à satisfaire pour utiliser à bon escient cette technique moderne de financement.
On ne le dira jamais assez, l’introduction en Bourse a pour vocation d'être un formidable accélérateur pour le développement d'une entreprise. Pour en tirer tous les bénéfices, il convient de se bien préparer en établissant une feuille de route générale qui se décline en plusieurs étapes
 
I)-LES CRITERES D’ELIGIBILITE A UNE INTRODUCTION EN BOURSE
 
Une entreprise de la CEMAC qui veut s’émanciper en venant à la Bourse Régionale doit satisfaire certains critères à la fois qualitatifs et quantitatifs.
 
Au niveau des critères qualitatifs, l’entreprise en question dispose d’un véritable potentiel de croissance. Par conséquent elle doit avoir un projet de développement précis susceptible d'intéresser des investisseurs financiers.
 
En ce qui concerne les critères quantitatifs, Il est conseillé d'avoir un certain nombre d'années d'existence, ne serait-ce que pour pouvoir présenter les bilans de deux ou trois exercices comptables à l’Autorité de régulation des marchés financiers.
 
Enfin, avant toute introduction en Bourse, la société doit prendre des mesures préalables qui concernent son organisation notamment en matière juridique.
Certaines mesures sont d’ordre légal
 
- Transformation en société anonyme,
- Les titres doivent être négociables,
- Exigence d’un capital minimum et totalement libéré.
 
D’autres sont facultatives
 
- Toilettage des statuts : suppression de clauses ayant une incidence sur la cession d’actions,
- Etablissement d’un pacte d’actionnaire,
- Obligations déclaratives de franchissement de seuils.
 
Une fois ces critères réunis, l’entreprise doit savoir que l’introduction en Bourse demande l’implication de trois acteurs principaux :
 
-l’entreprise elle-même qui fait la demande d’introduction en Bourse ;
-les investisseurs dont la souscription aux parts de l’entreprise est sollicitée.
Et d’autres intermédiaires (Société de bourse, juristes, agences de communication) qui entourent l’entreprise et lui prodiguent diverses prestations afin qu’elle réussisse son opération d’introduction en bourse
 
II)-LE ROLE DES TROIS ACTEURS MAJEURS
 
LA SOCIETE DE BOURSE jouit dans la réglementation financière édictée par la COSUMAF du monopole de placement. Elle est l’intermédiaire introducteur par lequel l’entreprise émettrice doit obligatoirement passer pour l’admission de ses titres à la cotation. Son rôle est de conseiller les dirigeants tout au long du processus d’introduction, de coordonner les autres acteurs, de réaliser l’évaluation de l’entreprise et enfin de placer les titres de l’augmentation de capital auprès des investisseurs.
 
L’AGENCE DE COMMUNICATION est un prestataire de service spécialisé dont le rôle est d’assister les dirigeants de l’entreprise et d’assurer la communication dans le domaine du marketing financier de l’introduction.
 
En relation étroite avec la Société de Bourse choisie par l’entreprise, elle assiste les dirigeants dans la formalisation des messages que l’entreprise souhaite faire passer auprès de la communauté financière constituée des analystes, des journalistes financiers et des investisseurs institutionnels et organise les rencontres de différentes sortes avec ces trois catégories d’acteurs intéressés.
 
LES INVESTISSEURS
 
Les investisseurs, en leur qualité de nouveaux actionnaires potentiels, constituent la troisième catégorie d’acteurs directement impliqués dans l’opération.
 
La réussite de l’introduction en Bourse dépend de leur participation. Celle-ci est influencée par l’environnement économique, par le climat de confiance sur l’évolution des marchés et par d’autres facteurs plus intrinsèques à l’opération.
 
L’entreprise émettrice des titres ne doit pas se contenter de « séduire » les investisseurs pour garantir la réussite de l’opération ; elle doit définir une politique rigoureuse de gestion à long terme de la valeur afin de susciter une participation durable de ces futurs actionnaires.
 
L’entreprise de la CEMAC qui a satisfait aux critères d’éligibilité à la bourse et qui s’est bien entourée par des spécialistes de cette question peut maintenant entamer une phase cruciale, celle d’élaborer le document d’information qui lui permettra de lever les fonds auprès des investisseurs
 
III)-ETABLISSEMENT DU DOCUMENT D’INFORMATION
 
Le document d’information (DI) est un dossier obligatoire qui sera soumis à COSUMAF dont la mission est de protéger l'épargne. Il comprend entre autre :
 
1)    Les principales caractéristiques de l’opération;
2)    Les responsables du DI
3)    Les renseignements de caractère général concernant l’émetteur et son capital
4)    Les renseignements sur l’activité, le patrimoine, la situation financière, et les résultats
5)    Les renseignements concernant l’évolution et les perspectives récentes
6)    les pièces à joindre au DI lors du dépôt sont listées dans l’instruction relative à l’APE
 
 
Le Document d’Information contient toutes les informations indispensables aux investisseurs pour fonder leur appréciation de la situation globale de l’émetteur et prendre en connaissance de cause une décision d’investissement.
 
Il doit comporter des renseignements relatifs à l’organisation, à la situation financière, à l’activité et aux perspectives de l’émetteur ainsi qu’aux droits attachés aux titres offerts au public et les conditions d’émission de ces derniers.
 
La préparation du document d’information nécessite du temps et bien entendu, une bonne tenue des comptes et des informations concernant entreprise permet de gagner du temps. A titre indicatif, sont déclinés ci-dessous les délais de préparation d’une introduction en bourse
 
Au moins 4 mois avant
 
 Début de l’analyse financière par l’intermédiaire;
-Préparation du projet du document d’information;
 Définition du projet de communication financière;
-Information des commissaires aux comptes;
 Assemblée Générale ou Conseil d’Administration décidant de l’opération
 Contact avec la COSUMAF
 
Au moins 3 mois avant
 
-Remise du projet du document d’information à la COSUMAF;
-Sortie et certification des comptes;
-Réunion des Commissaires aux comptes avec l’émetteur et la Société de Bourse;
-Finalisation des caractéristiques de l’opération et du document d’information;
-Préparation des supports de communication
 
Au moins 2 mois avant
 
 Dépôt du document d’information à la COSUMAF
 Prise de contact avec l’agence de communication
 
Au moins 5 semaines avant
 
-Réunion sur les modalités d’introduction
-Lettre à la Bourse l’informant de l’opération
-Lettre au Dépositaire Central
 
 
1 mois environ
 
-Obtention du visa de la COSUMAF
-Remise du document d’information et des supports de communication pour impression
-Signature de la convention de syndication de placement avec la ou les sociétés de bourse
 
A J-15
 
-
Envoi du document d’information et des supports de communication au réseau placeur
 
Au total, on peut distinguer trois temps fort dans le processus d’introduction en bourse ;
Une première phase consacrée à la sélection des prestataires : Société de Bourse (SB) et Agence de Communication, puis à la préparation du document d’information et son dépôt ainsi que des autres éléments du dossier auprès de la COSUMAF et de la BVMAC
-Commission d’arrangement
-Commission de Placement
-Commission de Centralisation
Commission de Service Financier
-Commission d’Engagement de garantie
-Frais de publicité et lancement de l’Opération
-Frais des actes légaux
-Commission de Visa
-Commission d’enregistrement
Une deuxième phase au cours de laquelle ‘autorité de régulation statue pour valider le document d’information en délivrant le Visa ou non. Parallèlement le même dossier est adressé à la Bourse pour une décision d’admission
Enfin intervient la troisième phase pendant laquelle l’émetteur accompagné de la Société de Bourse mène l’opération de souscription qui se conclut par la première
 
 
Pendant toute cette période, le dirigeant est mobilisé, d’abord par le choix de ses conseils, puis par son rôle d’informateur privilégié et de coordinateur de l’introduction au sein de l’entreprise, par les réunions avec la Société de Bourse, et avec l’agence de communication.
Le temps requis pour ces différentes tâches a pour conséquence une forte réduction de sa disponibilité pour ses taches opérationnelles habituelles
 
IV)-LES COUTS LIES à L’INTRODUCTION
 
Une raison d’être du marché financier est justement d’organiser la levée des fonds au bénéfice des entreprises demandeuses de capitaux. L’attrait de cette opération est son coût qui d’une manière général est plus bas que les intérêts débiteurs consécutifs à un prêt bancaire.
Les éléments de coût d’une telle opération s’articulent de la manière suivante 
 
 Les coûts liés à l’introduction ne s’arrêtent pas au jour de la première cotation. En effet, l’entreprise cotée est engagée à respecter des obligations de transparence et de communication financière, qui se traduisent notamment par :
 
  • l’obligation de publier, sur son site et sur le site de la Bourse Régionale, ses comptes annuels (audités) et semestriels (non audités) ;
  • des frais de marketing financier au titre de la communication et de la valorisation du titre de la société
  • des frais d’agence de communication relatifs aux évènements et rencontres avec la presse, les analystes financiers et les investisseurs) ;
 
V)-OBTENIR LE VISA DU REGULATEUR
 
Le document d’information est ensuite déposé auprès de la COSUMAF pour validation de la demande.
 
Au regard d’une disposition règlementaire, le délai d’instruction est fixé à quarante cinq jours maximum. Durant cet espace de temps, l'entreprise peut être sollicitée à tout moment pour répondre aux questions de la COSUMAF et fournir d'autres documents.
 
Là encore, c'est la Société de Bourse introductrice qui fait le lien avec les autorités de tutelle :( COSUMAF et BVMAC).
 
A la fin de l'instruction, la COSUMAF délivre ou pas un visa autorisant l'entreprise à s'introduire en Bourse.
 
En visant les notes d’information, la COSUMAF ne se prononce pas sur l’opportunité des opérations d’appel public à l’épargne ni sur la qualité de la situation des émetteurs.
 
Le visa de la COSUMAF ne constitue pas une garantie de la qualité du placement, ni de la réussite de l’opération envisagée.
 
Le visa atteste simplement que la COSUMAF a vérifié la pertinence et la cohérence de l’information publiée.
 
Une fois visée, la note d’information, ou son résumé, est publiée dans un journal d’annonces légales. En outre, ladite note est tenue à la disposition du public au siège de l’émetteur, dans tous les établissements chargés du placement des titres objets de l’opération envisagée et à la Bourse des Valeurs, dans le cas d’une introduction en bourse ou de la société déjà cotée.
 
VI)-RENCONTRE AVEC LES INVESTISSEURS
 
Vient ensuite la phase de « Marketing », ou Road show.
 
L'entreprise est amenée à rencontrer des investisseurs par l'intermédiaire de la Société de Bourse. Ces premiers rendez-vous (one to one, petits déjeuners...) sont suivis d'une présentation de l'entreprise à la communauté financière et aux autres sociétés de Bourse.
 
Ensuite a lieu le placement, c'est-à-dire la mise à disposition des actions de l'entreprise. Durant cette période de placement les investisseurs manifestent leurs intentions par des bulletins de souscriptions dûment signés. Ces bulletins sont acheminés par les agents placeurs vers LA SOCIETE DE BOURSE CHEF DE FILE
A la fin de la période de souscription, la société de bourse chef de file communique à chaque membre du syndicat, les souscriptions retenues conformément à la méthode indiquée dans le Document d’Information
 
CONCLUSION
 
Comme on vient de s’en rendre compte l’introduction en bourse est une opération longue et exigeante, voire complexe.
 
Les entreprises de la CEMAC peuvent la redouter et se décourager alors qu’il suffit de s’y bien préparer en prenant appui sur les acteurs du marché financiers qui se chargeront des les accompagner.
 
Il faut ajouter aussi qu’une fois réussie l’introduction en bourse ne se termine pas car l'entreprise est tenue d'assurer un suivi et de répondre à des rendez-vous obligatoires :
-publication trimestrielle, semestrielle et annuelle (comptes certifiés).
Toute opération affectant les titres de l'entreprise doit également être portée à l’attention des investisseurs.
 
L'introduction en Bourse est le plus intéressant levier pour financer sa croissance. « C'est un choix impliquant et très médiatisé », Plus que jamais l'entreprise doit maîtriser l'information qui circule à son sujet. « La Bourse agit comme un aiguillon qui, par une régulière remise en cause, exige des efforts internes et force à l'excellence. »

 

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Mise à jour le Jeudi, 18 Novembre 2010 12:30
 
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