Burkina Faso: La case du « médiateur » brûle PDF Imprimer Envoyer
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Par Aboudi Ottou   
Vendredi, 15 Avril 2011 10:42

A la suite d’une mutinerie qui a éclaté dans la nuit de jeudi 14 avril 2011, Blaise Compaoré a momentanément fuit la capitale pour se refugier dans sa ville natale.

 

Le président du Burkina Faso a fort besoin des qualités de médiateur dont-il se prévalait dans la crise ivoirienne pour arrêter la furie de ses soldats qui veulent visiblement sa peau.

 

La mutinerie qui a éclaté ce jeudi autour de 22 heures dans la caserne du régiment présidentiel, enceinte qui abrite également le palais du président Blaise Compaoré, s’étend. Depuis ce matin, trois autres camps militaires dont l'un des plus importants de la ville, sont entrés dans la danse rapporte l’Afp.

 

Le domicile du général Dominique Diendiéré, chef d'état-major particulier du président Blaise Compaoré, qui se trouve dans une caserne à 3 km de celle du régiment présidentiel, a été totalement incendiée. La situation est telle que Compaoré qui s’est d’abord refugié sous bonne escorte dans l’ancien palais de la présidence, dans le centre-ville a été contraint de quitter Ouagadougou la capitale politique pour Ziniaré, sa ville natale située à une trentaine de kilomètre au nord de la capitale.

 

Même si certaine source cité par l’Afp indique qu’il serait revenu et que « des discussions ont lieu avec les mutins et ils sont en train de déposer les armes », des tirs sont toujours entendus à proximité des trois casernes.

 

Selon un officier joint par RFI, il s'agit d'un mouvement de colère de militaires qui protestent contre le non-versement d'une indemnité de logement qui leur avait été promise.

 

Mais la situation paraît plus compliquée que ne veulent l’admettre les autorités burkinabés, quand on sait que déjà à la fin du mois de mars, c’est plusieurs garnisons dans le pays qui étaient rentrées en mutinerie. Et à en croire DirectScoop l’agence de presse panafricaine, les mutins avaient clairement demandé le départ de Compaoré. Un mouvement qui avait été précédé par des manifestations d’étudiants réprimées.

 

Et pour ne rien arranger, le 8 avril dernier, des dizaines de milliers de Burkinabé ont manifesté à travers le pays contre les mauvaises conditions de vie.

 

Blaise Compaoré arrivé au pouvoir en 1987 après un coup d’Etat qui coûta la vie au président Sankara s’est maintenu à la tête du pays à la suite d’un simulacre d’élection en novembre 2010. L’homme aujourd’hui contesté a pourtant été déclaré vainqueur avec plus de 80% de voix. Comme quoi « on peut tromper une partie du peuple tout le temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps. » A méditer.

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Mise à jour le Vendredi, 15 Avril 2011 12:06
 
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