Burkina Faso : La mutinerie se propage PDF Imprimer Envoyer
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Par Antoine Zanga   
Lundi, 18 Avril 2011 12:10

La dissolution du gouvernement avec le limogeage du chef d’état major sans compter les autres nominations dans l’armée n’ont pas suffi pour calmer les mouvements de contestation dans le pays des hommes intègres.

 

Le mouvement de soldats mutins qui touche le Burkina Faso depuis quatre jours, s’est étendu à la ville de Kaya (centre), après celles de Ouagadougou, Pô et Tenkodogo.

 

Des gendarmes et des militaires ont tiré en l’air toute la nuit de dimanche 17 avril 2011 dans la ville de Kaya. Cette ville est située à une centaine de kilomètres de la capitale Ouagadougou.

 

Ils ont mis le feu au le domicile du chef du corps du régiment du commandement d’appui et de soutien (Cas). Le domicile du commandant de la première région militaire à Kaya a aussi été vandalisée.

 

Cette scène est intervenue un jour après les mouvements de contestation orchestrés par les commerçants du marché central de Ouagadougou samedi 16 avril 2011. Ils protestent contre des militaires qui ont pillé et détruit leurs boutiques après avoir tiré en l’air dans trois garnisons de Ouagadougou.

 

Mécontents, les commerçants ont incendié le siège du parti au pouvoir, des véhicules situés dans l’enceinte du ministère du Commerce et de l’Assemblée nationale.

 

Ils ont aussi brûlé des pneus et érigé des barricades dans plusieurs endroits de la ville. Ils ont par la suite été dispersés par des militaires, ce qui a permis un retour au calme dans l’après-midi de samedi.

 

Ces incidents interviennent après les mesures prises par le gouvernement vendredi 15 avril. Le président de la République Blaise Compaoré a dissout le gouvernement dirigé par le Premier ministre Tertius Zongo et limogé le chef d’état major des armées, Dominique Djindjéré. Samedi, des nominations ont également eu lieu à la tête de l’armée de terre et de la gendarmerie.

 

Du côté de l’opposition, ces mesures sont insuffisantes au regard de la profondeur de la crise. Le chef de l’Etat doit tout simplement dire à son peuple qu’il ne se représentera plus en 2015, fin de son mandat, estime certains. Alors qu’il est au pouvoir depuis 1987, Blaise Compaoré est entrain de faire l’expérience de certains pays voisins où il s’est bâti une personnalité de médiateur.

 

Ce lundi 18 avril, le calme est relatif mais l’on craint une reprise des violences pouvant aller à l’enlisement dans ce pays.

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Mise à jour le Mardi, 19 Avril 2011 11:51
 
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