Crise politique en Tunisie : Comment comprendre la réaction tardive de Paris PDF Imprimer Envoyer
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Par Francis Sabikanda   
Lundi, 17 Janvier 2011 13:29

Contrairement à la Côte d’Ivoire où l’on a vu la France donné des injonctions, c’est samedi dernier seulement que l’Elysée a mis fin à son silence observé depuis le début de la crise sociale en Tunisie. Dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion interministérielle, Nicolas Sarkozy a évoqué la non-ingérence et la complexité de la situation en Tunisie.

 

C’est visiblement la politique du deux poids deux mesures que la France applique dans ces deux pays d’Afrique. En Côte d’Ivoire, on a vu la France oublier son principe de non-ingérence qu’il brandit aujourd’hui pour justifier son mutisme quant à la situation qui a prévalu en Tunisie pendant de nombreuses semaines.

 

On était loin des injonctions des différents ministres français qui à l’endroit des partisans de Laurent Gbagbo, disaient qu’ils seraient tenus pour responsables des effusions de sang. Et alors que la police chargeait et tirait sur des jeunes qui criaient leur ras-le-bol, la France « déplorait les violences », appelait à « l’apaisement ».

 

François Baroin, le porte-parole du gouvernement français répondant aux critiques de l’opposition qui condamnaient le silence, a répondu que « la position de la France est équilibrée ». Une position qui selon lui donne la priorité à la prudence.

 

Ce n'est que jeudi, à la veille de la chute de Ben Ali, que la France, par la voix du Premier ministre François Fillon, a condamné « l'utilisation disproportionnée de la violence » par la police tunisienne.

 

Et il a fallu attendre samedi, pour qu’à l’issue d’une réunion interministérielle de crise, Nicolas Sarkozy condamne la répression du régime de Tunis et appelle à « des élections libres dans les meilleurs délais ».

 

Préserver ses intérêts

 

Pour bon nombre d’observateurs et de géopoliticiens, l’attitude de la France durant les semaines qui ont secoué la Tunisie et celle qu’elle a aujourd’hui se justifie par le fait que cette ancienne métropole, donne la priorité aux intérêts qu’elle a dans ces pays d’Afrique.

 

Ainsi, on la vue s’ingérer dans la crise ivoirienne et exiger le départ de Laurent Gbagbo, parce que celui-ci n’est pas considérée par Paris comme la meilleure personne qui puisse assurer les intérêts de l’hexagone en Côte d’Ivoire.

 

Si la France s’est finalement résolue à lâcher Ben Ali considéré comme étant un de ses principaux alliés en Afrique du Nord (au moins 22.000 ressortissants français, dont les deux-tiers sont des bi-nationaux, résidant en Tunisie), c’est parce qu’elle a compris que celui-ci ne résistera pas face à la pression de la rue.

 

Très vite, elle a retourné sa veste pour paraitre sous les couleurs d’un pays soucieux du bien-être des populations tunisiennes. D’où leur « soutien à la démocratie et à la liberté », et leur « appel à des élections libres dans les meilleurs délais », clamés dans le communiqué de l’Elysée de Samedi dernier.

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Mise à jour le Lundi, 17 Janvier 2011 14:31
 
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