Présidentielle 2011 : Les conditions d’un report réunies PDF Imprimer Envoyer
Note des utilisateurs: / 0
MauvaisTrès bien 
Par Abel Thierry Onana   
Mardi, 12 Juillet 2011 10:46

Le déploiement d’Elecam à l’étranger, et l’inscription des camerounais de la diaspora seront difficilement achevés au mois d’octobre prochain.

 

L’équation difficile à résoudre d’ici octobre est de rendre réelle le vote de la diaspora adopté par l’Assemblée nationale dans la mi-journée du samedi 09 juillet 2011. S’il est admis que les opérations de vote vont se dérouler dans les représentations diplomatiques du Cameroun, la chose du point de vue pratique pose cependant un certain nombre de problèmes qui d’emblée hypothèquent la tenue de la prochaine consultation électorale d’octobre prochain, si tant est que le gouvernement tient à ce que les choses se fassent de manière tout au plus transparente, ou du moins, de façon à réunir le minimum consensuel de légitimité.

 

Ils sont nombreux, en effet ceux qui crient à l’inopérationalité de cette nouvelle disposition constitutionnelle accordant le droit de vote aux nationaux établies ou résidents à l’étranger, depuis l’annonce de son adoption par l’Assemblée Nationale.

 

Et parmi eux, se recrute en bonne place des affidés du régime et biyayistes ostentateurs de la cause Rdpc. C’est ce qui se dégage par exemple des propos du politologue ancien membre de la diaspora et non moins fervent militant du parti des flammes, Pascal Charlemagne Messanga Nyamding. Ce dernier a martelé de façon répétée que le vote des compatriotes de la diaspora causera d’énormes difficultés s’il devait se faire uniquement dans les ambassades et les consulats du Cameroun.

 

Pour illustrer ses propos, ce dernier a laissé entendre qu’il serait difficile pour un camerounais vivant à Bordeaux, d’aller voter par exemple à Marseille. Il faudrait de son point de vue qu’une commission ad ‘hoc soit mise sur pied pour étudier et mettre en place des conditions réelles qui permettraient de mettre d’assoir les commodités de l’exercice de droit du vote à l’étranger. Ce qui l’amène à conclure en attendant, « qu’on a accordé techniquement le droit de vote aux camerounais de la diaspora, mais sur le plan pratique, on n’a rien mis en place pour qu’ils puissent voter ».

 

Une autre critique de cette nouvelle disposition de loi est vient du Dr. Eric Mathias Nguini Owona. Cet autre politologue et enseignant d’université pense qu’il faudra d’abord en finir avec le problème de la double nationalité de nos compatriotes vivant à l’étranger. Si l’Etat ne leur accorde pas le droit à la double nationalité, beaucoup seront d’office exclus du processus électoral. Cette nouvelle disposition de loi manquerait alors au passage de sincérité pour ne demeurer qu’une opération de marketing politique du président Paul Biya.

 

Il est aussi évoqué comme problèmes et non des moindres, ceux de l’extension d’Elecam à l’étranger, ainsi que de la représentation des partis politiques. Ce volet de la question soulevé par certains observateurs viserait d’un côté, à permettre à l’organe chargé de l’organisation des élections de pouvoir mener son travail sur place, et de l’autre aux partis politiques de l’opposition d’avoir un regard sur ces opérations de manières à régler le détail de leur crédibilité. Et au regarde la loi qui indique que le corps électoral doit être convoqué 60 jours avant la date de l’élection, il ne reste à Elecam qu’un peu plus d’un mois pour se déployer sur le terrain et procéder aux inscriptions des camerounais de la diaspora sur les listes électorales.

 

Elecam toujours contesté

 

Au sujet d’Elecam justement, de nombreux observateurs doutent que la structure puisse être suffisamment outillée et opérationnelle ne serait-ce que déjà pour ce qui est du triangle national, d’ici le mois d’octobre 2011. C’est ce qui justifierait d’ailleurs que la direction des élections soit jusqu’ici assumée par un cadre du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, qui a naguère assuré l’organisation des élections au Cameroun.

 

De plus, la crédibilité d’Elecam n’est toujours pas acquise malgré la nomination de ses six nouveaux membres qui doivent porter à 18 le Conseil électoral. Le Sdf le principal parti d’opposition continue de parler de politique de l’autruche et n’a toujours pas levé son ultimatum : « il y aura pas des élections au Cameroun avec Elecam dans sa configuration actuelle ».

 

Louis Tobie Mbida, candidat à la prochaine présidentielle a récemment écrit une lettre pour demander au président de la République de renvoyer ces consultations électorales arguant que les conditions pour la tenue d’une élection crédible ne sont pas réunies. Les faits ainsi présentés semblent lui donner raison.

 

N’en déplaise donc à Hilary Clinton, la secrétaire d’Etat américaine aux relations extérieurs qui a demandé de son côté au peuple camerounais de tout faire pour élire son président avant la fin de cette année en court, la légitimité d’un report viendra certainement aussi de l’extérieur. Car, il sera difficile pour les camerounais de la diaspora, après avoir longtemps bataillé et longtemps attendu d’être électeurs, de refuser qu’on mette sur pied, des conditions idoines pour un meilleur exercice de ce droit.

Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Vos détails de compte:
Commentaire:
[b] [i] [u] [url] [quote] [code] [img]   
:D:):(:0:shock::confused:8):lol::x:P:oops::cry:
:evil::twisted::roll::wink::!::?::idea::arrow:
Security
Saisissez le code que vous voyez.

Bookmark with:

Deli.cio.us    Digg    reddit    Facebook    StumbleUpon    Newsvine
Mise à jour le Mercredi, 13 Juillet 2011 06:57
 
  • Les plus récentes
  • Les plus lues
  • Les plus commentées