| Présidentielle 2011 : Pourquoi Paul Biya aura tort de reporter l’élection |
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| Par Guy Zogo | |||
| Jeudi, 28 Juillet 2011 16:13 | |||
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Pressé à la fois par l’opposition et les partenaires internationaux du Cameroun, le chef de l’Etat parait de plus en plus indécis, au point qu’il pourrait reporter l’élection présidentielle, s’aventurant ainsi sur un terrain inconnu.
Le Rdpc et son champion, Paul Biya, ne sont jamais aussi bons que lorsqu’ils évoluent sur un terrain où le calendrier et les règles du jeu, fixées par eux, sont naturellement à leur avantage. Depuis le retour au multipartisme en 1991, seules les législatives de mars 1992 ont semblé leur échapper. Du fait justement que le microcosme politique bouillonnant de l’époque ne permettait la maîtrise de quoi que ce soit.
Avec la présidentielle de 2011, en principe prévue en octobre prochain, et à propos de laquelle se profile un report, Paul Biya, comme en1992 se retrouverait dans l’inconnu s’il faisait ce choix.
Plombée depuis la révision constitutionnelle de 2008, qui a levé la limitation des mandats à la tête de l’Etat, la présidence de Paul Biya est plus que jamais mise à mal à l’approche de l’élection présidentielle.
Sur les coups de boutoirs de l’opposition et les admonestations de partenaires internationaux, Paul Biya a déjà cédé au moins en parti sur Elecam. Certes cet organe a été dépouillé de l’une de ses principales raisons d’être, la publication des résultats provisoires, mais en ouvrant son Conseil électoral à d’autres sensibilités, il y a un lâchage de lest plus que patent. Idem pour le vote de la diaspora, dont l’introduction, à la six-quatre-deux, ne laisse entrevoir rien de pensé mais plutôt une démarche subie.
En reportant la présidentielle, il s’éloignerait à nouveau des calculs de beaucoup dans son camp. Ce serait une troisième reculade qui pourrait en appeler d’autres. En effet, rien n’exclurait par exemple que soit exigée l’instauration d’un deuxième tour à cette élection. Une éventualité qui contrebalancerait totalement les limites introduites dans le fonctionnement d’Elecam et les précautions juridiques prises auprès de la Cour Constitutionnelle, donnant ainsi du grain à moudre à ceux qui espèrent une issue à l’ivoirienne. Pas de quoi enchanter le parti au pouvoir peu coutumier aux turbulences dans sa trajectoire.
D’hier à aujourd’hui
Dans cette logique, il y a donc lieu de conclure que Paul Biya aurait tort de reporter la présidentielle. Il mettrait à mal les calculs de son parti, au moins une frange importante de celui-ci qui brille par son activisme, quasi assurée de sa candidature et de sa réélection dans son fauteuil à Etoudi. Il s’exposerait donc et les siens avec, tant on sait, selon un vieil adage, que qui remet à demain trouve malheur en chemin. Surtout, ce serait pour lui une erreur de continuer à croire qu’il peut disposer à sa guise du calendrier politique au Cameroun .Tout coule, rien ne demeure, dit Héraclite. Paul Biya qui a fait ses humanités le sait pertinemment et serait bien inspiré de ne pas confondre hier à aujourd’hui.
Hier, avec le parti unique et même malgré le retour précipité au multipartisme, il trônait, faisant même fi des récriminations de la communauté internationale. Aujourd’hui, la donne est radicalement différente. Contrairement à la présidentielle de 1992 qui se rapproche le plus de la situation actuelle, au cours de laquelle les Etats-Unis se montrèrent très critiques mais finalement impuissants vis-à-vis de lui, rien n’est plus comme avant.
A Washington, s’est adjoint Paris désormais peut porté à défendre de la même manière les intérêts du pré carré, en laissant Paul Biya s’éterniser au pouvoir alors que ce qu’elle considérait comme la menace anglophone, en 1992, n’est plus de mise .D’autres ,à l’instar de l’Union Européenne voire l’ONU , n’en sont pas si éloignés .Cette convergence de vues négatives au sujet de Paul Biya devrait l’inquiéter et le déterminer, selon une démarche immuable au RDPC, à continuer à évoluer sur un terrain connu. Bien évidemment que seule cette posture peut rassurer le parti au pouvoir et son candidat putatif.
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