Election du 09 octobre : Doit-on craindre pour la paix ? PDF Imprimer Envoyer
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Par Eric Boniface Tchouakeu   
Samedi, 08 Octobre 2011 11:24

Ces dernières semaines, l’exaltation de la paix, ou encore les appels du peuple à la préservation de la paix sont plus présentes que par le passé dans les discours de nombreux acteurs politiques, notammment ceux qui tiennent les rênes du pouvoir, et de la société civile. Ces discours épousent à la vérité le contexte de l’élection présidentielle qui doit se dérouler ce 09 octobre.

 

 

Ainsi le peuple est invité à préserver la paix avant, pendant et après l’élection qui doit permettre de désigner le Chef de l’Etat pour les sept prochaines années. Les médias d’Etat sont particulièrement mis à contribution pour relayer le message. Pour certains analystes, ces appels à la préservation de la paix sociale sont, une manœuvre du pouvoir en place visant à détourner la population de ses difficultés réelles en pleine période électorale. Et même si ce point de vue est pertinent, il n’en demeure pas moins vrai que la menace sur la paix sociale existe réellement, bien plus aujourd’hui, que par le passé au Cameroun.

 

D’abord il faut savoir que les discours récurrents des dirigeants en place sur la paix, au delà d’un argument électoraliste, fait certainement suite aux informations qu’ils détiennent sur les menaces supposées, ou réelles visant la paix sociale. En pleine campagne électorale, l’on a enregistré une attaque sur le pont du Wouri à Douala. Quelque soit la version des faits que l’on retient, il semble bien que l’assaillant ou les assaillants voulaient faire passer un message politique : le départ de Paul Biya du pouvoir. Par ailleurs, des explosifs ont été découverts dans un bureau d’Elections Cameroon, l’arbitre des élections dans la ville de Limbé. Fort heureusement, ces actes n’ont pas jusqu’ici, occasionné des conséquences significatives.

 

Ensuite, il faut relever que le discours du pouvoir sur l’intérêt de la préservation de la paix, peut être considéré comme une réponse à de nombreux groupes de Camerounais, installés à l’extérieur pour la plupart, qui n’hésitent pas en cette période, à appeler au soulèvement populaire, y compris armé contre le régime. Cette catégorie d’opposants qui prônent au passage le boycott de l’élection présidentielle, perçue comme une mascarade, mobilisent principalement sur des réseaux sociaux.

 

Enfin, le contexte international peut avoir une influence négative sur la paix au Cameroun. Une certaine opinion estime par exemple, que les dirigeants des grandes puissances que sont : les Etats-Unis, la Grande Bretagne, et la France, ne veulent plus des Chefs d’Etats qui ont une certaine longévité au pouvoir, à l’instar de Paul Biya, 29 ans de règne. Cette opinion redoute alors une destabilisation du Cameroun orchestrée par ces puissances. De même, certains analystes, au regard du niveau de frustrations accumulées par le peuple depuis de nombreuses années, considèrent le Cameroun, comme le principal pays au sud du Sahara, où le printemps arabe est susceptible de se propager.

 

Reste maintenant, à tous ceux qui tiennent le discours de la paix, si chère aux peuples à travers le monde, de donner un réel contenu à leurs paroles. C’est un truisme aujourd’hui d’affirmer que la paix ne signifie pas simplement absence de guerre. Elle veut surtout dire, justice sociale, bien être pour tous, entre autres.

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Mise à jour le Samedi, 08 Octobre 2011 11:48
 
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