Cameroun : Vers une présidentielle anticipée? PDF Imprimer Envoyer
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Par Eric Boniface Tchouakeu   
Jeudi, 12 Novembre 2009 14:26

Certains militants du parti au pouvoir, appelent leur leader à convoquer le corps électoral en 2010, et non en 2011 comme prévu. Le président peut-ils suivre ces appels ? Enquête

 

Le vendredi O6 novembre 2009, à l’occasion de la célébration des 27ans de l’accession de Paul Biya à la magistrature suprême, les militants de plusieurs sections RDPC, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais, parti au pouvoir notamment les militants de la section Haut Nkam Est ,basée à Bakou, à l’ouest du pays, ont appelé Paul Biya à convoquer l’élection présidentielle en 2010, sans autre précision et à se porter candidat à cette élection. Pour Lucien Wantou Siantou, président de cette section, et maire de Bakou, « les militants ont soif, las d’attendre et donc, sont pressés de voir leur guide éclairé, rempiler pour continuer son œuvre à la tête du Cameroun ». « Nous sommes prêts et si on attend 2011, on peut avoir des surprises », renchérit un autre militant de la section.

Des signes avant – coureurs.

Les appels des militants du RDPC peuvent être perçus comme des signes annonciateurs de l’anticipation de la présidentielle. C’est à peu près le même scénario que l’on a eu avant la modification constitutionnelle et notamment de l’article qui limitait le nombre de mandats présidentiels, en avril 2008. Il y a ensuite la sortie en 2009, du livre du journaliste Français François Mattéi, qui fait un portrait idyllique du Président Biya. Et puis l’autre élément déterminant, est la dernière sortie médiatique du Président, au moyen d’une lettre qu’il a écrite aux militants de son parti et aux Camerounais. Dans cette missive Paul Biya évoque notamment l’avenir du Cameroun, dans lequel il compte jouer un rôle majeur. Il y parle aussi des appels et des motions de soutient qui lui sont adressés depuis peu, et remercie leurs auteurs. Ce qui fait dire à de nombreux analystes que le Président sera bien au départ de la prochaine présidentielle. Théoriquement prévue en 2011 .Toutes ces manœuvres font aussi penser au politologue Mathias Eric Owona Nguini, que l’anticipation de la présidentielle est tout à fait possible.

L’obstacle constitutionnel

Si jamais la prochaine élection devait se tenir avant la date initiale, il faudrait passer par une révision de la loi fondamentale, « car la constitution dans sa version actuelle ne permet pas l’éventualité de l’anticipation », explique Owona Nguini. Mais au regard du rapport de force politique au parlement, un projet de modification constitutionnelle du pouvoir en ce sens, ne devrait pas avoir du mal à passer. Le RDPC détient au parlement une majorité écrasante pouvant lui permettre de faire passer n’importe quel texte.

L’épreuve du consensus politique

Dans la logique de la gouvernance politique, lorsque l’on décide d’anticiper les élections, la décision elle-même ainsi que la date de la future élection anticipée devraient être arrêtées par consensus politique. Un tel consensus relativement à l’anticipation de la prochaine présidentielle, est loin d’être acquis. Si Paul Zambo, le Leader du MDIR, le Mouvement pour le Développement Intégral de la République, se déclare prêt à tout moment et ne voit aucun inconvénient à ce que la présidentielle soit anticipée, Jean Takougang, du SDF, le Social Democratic Front, le principal parti d’opposition souhaite que l’élection se déroule à l’échéance prévue parce que «  c’est cette date là qui est connue depuis de tous ». Il faut préciser que l’obtention du consensus relève plus de la morale politique et ne constitue pas une obligation légale au Cameroun.
Si la prochaine présidentielle est organisée de façon anticipée, ce ne sera pas une grande première au Cameroun .La présidentielle de 1992, avait été organisée de façon anticipée. L’anticipation des élections en démocratie, permet, aux dirigeants de conserver leurs postes lorsqu’ils jouissent d’une opinion favorable au sein des électeurs, ou de résoudre les crises politiques en cas d’impasse. L’anticipation de la présidentielle peut avoir lieu pour éviter qu’en 2011, l’élection ne se transforme en un référendum, Pour ou Contre Biya, relativement, à la modification constitutionnelle de 2008.


 

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Mise à jour le Jeudi, 12 Novembre 2009 15:07
 
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