| Elecam : La déferlante des réformes |
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| Par Guy Zogo | |||
| Mercredi, 22 Février 2012 13:13 | |||
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A peine la refonte des listes électorales acquise, l’organe électoral cède déjà sur la biométrie. Que cache ce train des réformes qui est lancé à grande vitesse ?
Faire table rase du passé serait-il le nouveau crédo d’Elecam ? Toute porte à croire que cette institution est subitement pénétrée d’une nouvelle vision de la conduite des élections au Cameroun. En l’espace de deux semaines, au pas de charge, l’on est passé de l’acceptation, contre toute attente, de la refonte des listes électorales à l’introduction toute aussi inattendue de la biométrie.
Bien entendu, peu importe que dans un passé récent quelques personnes curieuses aient laissé entendre qu’il n’était pas possible de recourir à la refonte des listes électorales, vu les délais impartis pour la tenue des élections législatives et municipales. Il y a même eu pire, le président du Conseil Electoral d’Elecam, Fonkam Azu’u, qui a affirmé qu’on ne pouvait adopter la biométrie parce qu’elle n’est pas prévue par la loi électorale camerounaise.
Refus des réformes
Allons, c’est de la vieille histoire, comme écrirait San Antonio avec son humour dans ses romans, les thuriféraires ont, depuis, sans coup férir, entonné les chants de gloire de ces réformes mises à l’actif du bon sens et de la bonne foi du gouvernement. Soit.
Mais à la vérité personne n’est dupe et il convient de reconnaître que l’idée de la réforme n’est pas la chose la mieux partagée au Cameroun. C’est souvent au forceps que nous consentons à changer, même lorsque tout indique l’obsolescence du système ou de la méthode que nous continuons à prioriser.
Qu’on se souvienne du retour au multipartisme en 1991. Le pouvoir ne dut lâcher du lest que lorsque la pression de la rue conjuguée à celle de l’étranger devint si intense qu’il n’était plus possible de faire autrement. Paul Biya se trouvait alors contraint de déclarer aux militants de son parti, le 28 Juin 1990, au cours d’un congrès ordinaire du RDPC « Préparons nous à la concurrence ».
Qu’on prenne aussi l’évolution de la conduite des élections, on s’aperçoit encore des mêmes errements. Depuis 2000, l’on est passé par l’Observatoire National des Elections I et II avant de déboucher sur ELECAM en 2006 qui, d’une certaine manière en est à sa deuxième phase avec l’élargissement de son Conseil Electoral de 12 à 18 membres.
Tant de tergiversations qui grève considérablement le budget de l’Etat auraient pu être évitées si nous avions eu le courage des réformes en optant clairement pour un système électoral se voulant avant gardiste et forcément nationaliste, parce que ne laissant aucune latitude à l’extérieur de nous dicter la conduite à tenir.
Pressions internationales
Or que voyons nous dans les dernières orientations prises par Elecam ? Que c’est sous la pression de l’extérieur que les réformes s’enclenchent avec toute la vitesse que nous observons actuellement.
Dès la réélection de Paul Biya en octobre 2011, les partenaires internationaux du Cameroun avaient donné un signal fort en dénonçant sans ambages les irrégularités et surtout en appelant à davantage de transparence pour les échéances électorales futures. Yaoundé les avaient sans doute rangées parmi les admonestations habituelles de la fameuse communauté internationale portées à s’exprimer de la sorte pour mieux garantir ses intérêts sur le continent.
Cette appréciation était sans doute mauvaise, la preuve étant là que l’heure n’est plus à la rigolade. Quelques signes sont éloquents : au terme de sa visite au Cameroun, l’émissaire de Barack Obama, Eileen Chamberlain Donahoe, par ailleurs représentante des Etats Unis au Conseil des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, s’est déportée jusqu’à Genève où séjourne le chef de l’Etat, même si le siège de son institution s’y trouve, pour le rencontrer. Il n’est pas difficile d’imaginer qu’elle tenait à lui répéter de vive voix les attentes des Etats Unis en matière de transparence électorale au Cameroun.
A l’allure où va le train des réformes d’Elecam, rien n’exclut que dans les prochains jours le centre d’intérêt se déplace vers le découpage électoral, l’introduction d’un code électoral unique, l’introduction du bulletin unique et d’un deuxième tour à l’élection présidentielle. De quoi obliger Paul Biya et les siens à boire le calice jusqu’au bout.
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| Mise à jour le Mercredi, 22 Février 2012 13:28 |
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