Cemac : La société civile préoccupée par les mouvements de personnes PDF Imprimer Envoyer
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Par Christian Shalai   
Jeudi, 15 Avril 2010 06:23

Elle a récemment organisé à Yaoundé, un atelier sous régional sur le suivi des politiques migratoires.

 

 

C’est officiellement le 1er avril dernier que le passeport biométrique Cemac, matérialisant la libre circulation des biens et des personnes aux différentes frontières ainsi que l’engagement des chefs d’Etat de la sous région lors du dernier sommet de Bangui en République centrafricaine est finalement entrée en vigueur.

 

Mais à l’heure où la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale accueille cette autre « reforme salutaire », force est de constater avec regret que les expulsions massives, répétitives et régulières des étrangers en Guinée équatoriale s’accentuent. En outre, 92% de la migration africaine est intra-africaine et seulement 8% vont vers les autres continents.

 

Pourtant aujourd’hui, on note une absence de véritable politique migratoire dans les pays africains. Laquelle politique est de plus en plus confinée à l’aspect sécuritaire et complétée par le non respect des conventions et accords signées et ratifiées sur les droits de l’homme et les migrations. Plus grave, on remarque également une absence de cadre institutionnel et juridique sur les gestions des migrations légales.

 

On assiste plutôt à une application partielle et même partiale du régime générale de protection des droits de l’homme aux émigrés et des conventions sous-régionales.

 

C’est conscient de ces différentes irrégularités qui grippent l’appareil migratoire en Afrique que le groupe de recherche et d’action sur les migrations en Afrique centrale (Grami-Ac) a voulu à travers un séminaire de trois jours s’organiser à renforcer les capacités des organisations de sociétés civiles afin de se positionner en tant que partenaires des pouvoirs publics et des bailleurs de fonds ans le dialogue sur les politiques publiques et les stratégies de coopération liées aux questions migratoires, particulièrement en Afrique centrale. Ceci afin d’ « éviter les violations des droits de l’homme et la dignité humaine ».

 

L’essentiel de la réflexion des participants à cet atelier qui a regroupé des experts de l’Afrique centrale, de l’Ouest et de l’Est, tournait donc autour de l’absence des dispositifs d’encadrement, de réinsertions des refoulés et des expulsés, des difficultés dans l’obtention des visas, de l’impact réel de la contribution financière de la diaspora dans le Produit international brut (Pib) et le développement des différents pays africains de la corruption, des arnaques et des tracasseries des étrangers aux frontières et à l’intérieur du pays.


Espoir


Toutes choses qui font croire que la vague d’émi-immigration qui est devenu un phénomène social, part de l’échec des politiques de développement (absence d’alternance politique, de meilleures conditions sanitaires et d’insertion professionnelle. Un état des lieux qui remet en question la véritable application du passeport Cemac pourtant conçu pour éviter ce genre de tumultes.

 

Au terme dudit atelier, les séminaristes ont proposé certaines recommandations parmi lesquels la conscientisation des masses médias dans l’accompagnement et la sensibilisation sur les questions d’immigration. Oeuvrer pour que les pays d’accueil délivrent les visas sur des bases claires et objectives et non sur des critères opaques comme c’est le cas à présent ; ce d’autant plus que, ce sont eux qui fixent souverainement les dits critères.

 

Pour Jean Jacques Abéga Mbelle, président de la Fondation Conseil jeune, une association de la société civile, Les pays d’accueil devraient humaniser les reconduites aux frontières. Notamment grâce à la « mise en place de véritables politiques migratoires dans les pays africains. Dénoncer la signature des accords de gestion des flux migratoire signés par certains pays africains. Faire appliquer l’article 6 des accords de Cotonou. Faire du lobbying et des mobilisations auprès des parlementaires et des gouvernements. Faire un plaidoyer pour la non modification de l’article 13 relatif à l’inclusion des principes de réadmission ».

 

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