Effondrements des immeubles : l’Anor indexe la qualité du matériel PDF Imprimer Envoyer
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Par Carole Prudence Tienctheu   
Vendredi, 20 Août 2010 17:20

L’agence Nationale des Normes et de la Qualité(Anor) a tenue une réunion de concertation ce vendredi 20 août 2010 avec les principaux intervenants dans le domaine des fers à béton et du ciment.


La réunion de ce jour portait sur «comment faire respecter les normes d’application obligatoire des fers à béton et du ciment au Cameroun». Prétexte tout trouvé pour parler des causes des effondrements des immeubles récurrents ces derniers temps au Cameroun. Et premier sur le banc des accusés, la mauvaise qualité du matériel utilisé.


Pour le représentant du ministre du Commerce « les opérateurs économiques et importateurs contournent la loi et mettent à la disposition des consommateurs des fers de 6,5 au lieu de 8, des fers de 8,5 et les font passer pour ceux de 10 et les fers de 4,5 pour ceux de 6 ». Selon ce dernier, ce sont ces fers qui coûtent moins cher qui sont prisés par les techniciens et propriétaires d’immeubles en chantiers.


La non réalisation des études topographiques, la corruption, la non expertise des experts en bâtiment, la mains d’œuvre inexperte et le non respect des normes (ciment, dosage…) font également partie de la liste des défis qui interpellent l’Anor.


Pour Charles Boto’o A Ngon, Directeur général de l’Anor « il est temps de ne plus se laisser tromper ». Pour y parvenir, des mesures ont été évoquées séance tenante par ce dernier. Il s’agit désormais pour les opérateurs économiques et importateurs de ciment, de mettre leurs produits à la disposition des experts pour analyses.


Des précisions ont été faites dans ce sens par le directeur général de l’Anor «les opérateurs économiques et importateurs sont désormais contraints à ne point sortir ces matériaux importés du port sans que les analyses soient effectuées par les techniciens du Labo génie et mis à disposition 7 jours après les prélèvements ».


Autre prescription, le ciment ne respectant pas les prescriptions de l’étiquetage n’entreront pas au Cameroun a-t-on également appris au cours de cette réunion. D’autre part, les producteurs de fer et ciment locaux seront soumis aux mêmes règles mais de façon mensuelle.


Les récalcitrants doivent désormais s’attendre aux sanctions prévues par la réglementation en vigueur. La plus importante étant la saisie et la destruction des produits ne respectant pas les normes.


Pour Delor Magellan Kamseu Kamgaing président national de la Ligue Camerounaise des Consommateurs « il ne s’agit plus de tergiverser mais d’une question de vie ou de mort ; les consommateurs camerounais étant traumatisés par ce qu’ils vivent et redoutent d’être les prochaines victimes de tels matériaux de construction».


Il va falloir à l’Anor de travailler main dans la main avec les laboratoires d’analyses, Importateurs, Opérateurs Economiques et les administrations concernées (impôts, ministère du commerce, Comité de Facilitation du Trafic …), pour éviter d’autres effondrements d’immeubles.


Mais vu le ton qui est monté d’un cran au cours de cette réunion entre le directeur général de l’Anor et les principaux intervenants de ces filières, les choses s’annoncent difficiles pour cette institution chargée de veiller à la bonne qualité des produits commercialisés sur le territoire camerounais.

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