Sérail : Les dossiers qui attendent Paul Biya PDF Imprimer Envoyer
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Par Par Faustin Balla   
Mardi, 05 Octobre 2010 07:26

Parti du Cameroun le 7 septembre dernier, le chef de l’Etat est de retour depuis samedi, au petit matin. Il retrouve sur sa table plus d’un sujet requérant de lui, une décision d’une certaine urgence.


Pendant deux de leurs séances de réflexion, les membres du « club de la pensée » sis au centre commercial de la Cité verte, ont eu pour thème central des discussions l’amélioration du système électoral camerounais. On imagine bien que ceci leur a été suscité par le début des inscriptions sur les listes électorales sous la houlette des membres d’Elections Cameroon-Elecam. Les délais de plus en plus serrés qui nous séparent de l’échéance d’octobre 2011, date de la prochaine présidentielle, font que les préoccupations liées à l’inscription d’au moins 9 millions d’électeurs ainsi qu’à l’harmonisation des textes constituant le code électoral pour toutes les consultations, soient d’acuité. Le retour de Paul Biya au Cameroun à la suite de sa brillante participation à la 65ème session de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies-Onu-devra permettre d’y voir un peu plus clair. Ce d’autant plus que l’on parle de l’insuffisance des ressources financières du côté d’Elecam ! Mais ce ne sera pas tout.


Le cas Essimi Menye


Dans la journée de jeudi, 23 septembre 2010, l’affaire du cambriolage du cabinet du Ministre des finances connaissait un rebondissement retentissant. Le sous-officier de gendarmerie Nkollo Menye, ex- secrétaire particulier du ministre Essimi Menye (il est également l’un de ses neveux), s’évadait de la prison centrale de Kondengui où il avait été placé sous mandat de dépôt quelques semaines auparavant. Il avait été reconnu par les enquêteurs commis à cette affaire, comme l’un des suspects premiers. Son évasion survenait au moment où d’autres suspects dans la même affaire étaient appréhendés depuis la Lybie.


Au sein du ministère des finances plusieurs personnes faisaient le lien étroit entre ce cambriolage et l’assainissement du fichier solde de l’Etat s’agissant spécifiquement du personnel des forces de défense. Des indiscrétions laissaient entendre que ce chantier avait déjà fait découvrir des cas de personnes avec deux salaires ou plus par mois.


A la suite de son évasion, on a laissé entendre que pendant qu’il était en pleine audition chez le juge d’instruction, il a demandé à se soulager d’un besoin naturel. Puis, plus rien ! Son geôlier, son épouse et un intendant de prison sont aujourd’hui en garde à vue. Il pèse sur eux des soupçons de complicité avec le fugitif. Le plus curieux est qu’ils sont tous de la tribu Eton, celle du Ministre et du fugitif.


Gouvernement


L’autre sujet qui fait couler encre et salive depuis des mois est bien celui de la formation d’un nouveau gouvernement. Les mouvements effectués, il y a peu dans la préfectorale ainsi qu’au sein des secrétaires généraux des ministères sans oublier le limogeage le 31 août, d’Emmanuel Edou du poste de Délégué général à la sureté nationale –Dgsn-ont fait croire que cette échéance fatidique était déjà imminente. Ce d’autant plus que des sources très souvent introduites, susurraient que le chef de l’Etat avait déjà mis la main sur la dernière mouture de ce décret.


L’urgence de ce chantier résiderait pour certains sur le fait qu’il pourrait apporter une sentence présidentielle tant aux bagarres entre membres influents du sérail et surtout aux soupçons de coups d’Etat révélateurs d’un déficit dans le système sécuritaire du pays. Et ce n’est pas sortie mystérieuse du pays de l’ex-patron de la défense Remy Ze Meka qui serait moins préoccupante.


Toutefois, plutôt qu’une simple redistribution des postes au sein de l’appareil gouvernant, le mouvement attendu, selon le souhait de plusieurs personnes, gagnerait à porter sur une réduction du nombre de départements ministériels. Ceci aurait entre autres avantages de réduire peut-être les dépenses de fonctionnement de l’Etat.


Congrès


Dans le week-end des 25 et 26 septembre 2010, Hilaire Kamga et ses co-équipiers de l’offre Orange, se réunissaient à Bamenda. C’était pour donner une nouvelle impulsion à leur plan de conquête du pouvoir suprême en 2011. Durant ce rendez-vous, ils ont résolu de faire de Bernard Muna leur candidat devant challenger Paul Biya, si jamais il sort vainqueur des primaires au sein de l’offre Orange. L’une des conséquences du choix du chairman de l’Alliance des forces progressistes – Afp- est qu’il met haro sur les supputations qui voyaient le cardinal Christian Tumi ou Mathias Eric Owona Nguini, candidat de l’offre Orange.


Il est autant révélateur de ce qu’au sein de l’opposition les choses s’organisent de façon décisive pour 2011. Pourtant dans la majorité présidentielle on semble trainer le pas et le congrès ordinaire du parti au pouvoir reste un serpent de mer. Pourtant, il pourrait faire taire certains litiges qui ont cours au sein du Rdpc. Notamment la question du dauphinat de Paul Biya ou les entrées et sorties du bureau politique et du comité central.


Corruption


La commission nationale de lutte contre la corruption (Conac) a achevé ses multiples ateliers, séminaires et autres consultations destinées à l’élaboration d’une Stratégie nationale de lutte contre la corruption(Snlcc). Le document final est d’ailleurs en voie d’être transmis à la présidence de la République cette semaine, où il devra être approuvé et éventuellement amendé. Mais d’ores et déjà on note en son sein des mesures révolutionnaires qui pourraient bien mettre corrupteurs et corrompus en difficultés.


A titre d’exemple le paiement des taxes et impôts a très souvent été astucieusement contourné par les prestataires de services à l’Etat. Aujourd’hui la Conac expérimente le paiement de ses facteurs aux fournisseurs sur présentation de justificatifs de règlement aux finances de la Tva (Taxe sur la valeur ajoutée) et de l’Ir (Impôt sur le revenu).
La validation et la mise en application expresses de cette stratégie ainsi que l’adoption d’une loi sur la corruption aideraient bien le régime en place à se faire une nouvelle crédibilité. Un agenda bien surchargé.

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