Chine –Cameroun : Au-delà de l’émerveillement PDF Imprimer Envoyer
Note des utilisateurs: / 0
MauvaisTrès bien 
Par Pierre-Patrick Mouandjo   
Mercredi, 12 Janvier 2011 18:22

Au moment où se célèbre le quarantenaire des relations sino-camerounaises avec pour point d’orgue la visite de trois jours du vice-Premier ministre chargé de l’agriculture de l’Empire du milieu à Yaoundé, des observateurs relativisent les retombées de cette coopération.

La construction du palais des Congrès et du palais Polyvalent des sports de Yaoundé, celle, de l’hôpital gynéco obstétrique de Ngousso, du barrage hydroélectrique de Lagdo ou encore l’octroi de prêts divers. Voilà, quelques réalisations et actions concrètes faites par la Chine au Cameroun depuis le 26 mars 1971, date d’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays.

 

Un travail constamment encensé par les autorités du Cameroun qui relèvent que les relations bilatérales sino-camerounaises sont palpables. D’ailleurs à ce propos, Paul Biya lors de l’inauguration du palais des sports le 21 juin 2009, saluait « l’exemplarité et la générosité » de la Chine vis-à-vis du Cameroun.

 

Pour magnifier cette coopération, le communicateur politique Charles Ateba Eyéné a même récemment publié un ouvrage : « La pénétration de la Chine en Afrique et les espoirs de la rupture du pacte colonial ». L’écrivain y affirme que cette collaboration est beaucoup plus bénéfique que celle existante avec l’Occident.

 

Le militant du Rdpc argumente dans son livre que « les routes construites par les chinois nous font réaliser des économies ». A titre d’illustration, il explique que si la construction de l’échangeur situé au niveau des services de la région du Centre à Yaoundé fait par des entreprises françaises à une dizaine de milliards de Fcfa avait été confiée à des chinois, elle aurait nécessité beaucoup moins de moyens.

 

L’envers du décor

Pourtant ces édifices peu onéreux et placés sous le sceau de la magnanimité de la Chine ne se font pas sans contrepartie. C’est ainsi que depuis quelques années, de vastes étendues de terres camerounaises sont par exemple cédées à des entreprises chinoises. On parle de milliers d’hectares qui sont en leur possession notamment à Nanga-Eboko et à Ndjoré.

 

Une situation déplorée et jugée inquiétante par Jacob Kotcho, le secrétaire permanent de l’Association citoyenne des intérêts collectifs (Acdic). Membre de la Coalition souveraineté alimentaire Cameroun (Cosac), il indique que cela est préjudiciable à la production agricole camerounaise, ce d’autant plus que, les récoltes faites sur ces terres ne sont pas destinées à satisfaire les besoins de la population locale mais plutôt de la Chine où elles sont exportées.

 

Le géo – stratège Alain Fogué conseille de ce fait aux camerounais de ne pas perdre de vue que « tout pays, quel qu’il soit, ne vient pas développer le Cameroun ou y faire de la philanthropie, mais avant tout chercher des éléments de son propre développement ». Il revient donc au Cameroun, dans sa coopération avec la Chine ou d’autres partenaires internationaux, d’intégrer des objectifs clairs et précis pour son développement. L’enseignant d’université cite par exemple l’acquisition du savoir-faire ou encore le transfert de technologie.

Lire aussi

Cameroun : Cohabitation à double clivage entre Camerounais et chinois

Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Vos détails de compte:
Commentaire:
[b] [i] [u] [url] [quote] [code] [img]   
:D:):(:0:shock::confused:8):lol::x:P:oops::cry:
:evil::twisted::roll::wink::!::?::idea::arrow:
Security
Saisissez le code que vous voyez.

Bookmark with:

Deli.cio.us    Digg    reddit    Facebook    StumbleUpon    Newsvine
Mise à jour le Jeudi, 13 Janvier 2011 08:22
 
  • Les plus récentes
  • Les plus lues
  • Les plus commentées