Minfopra : 52 fonctionnaires privés de reclassement PDF Imprimer Envoyer
Note des utilisateurs: / 14
MauvaisTrès bien 
Écrit par Guy Zogo   
Jeudi, 27 Octobre 2011 10:57

Des responsables de ce département ministériel sont mis à l’index comme étant au centre de pratiques s’apparentant à une extorsion de fonds pour appliquer des règles pourtant prévues par la loi.

L’affaire fait grand bruit au ministère de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative. 52 fonctionnaires sont en passe de porter plainte contre l’Etat du Cameroun pour obtenir leur reclassement conformément au statut général de la fonction publique. En effet, malgré des instructions claires du ministre de la Fonction Publique, Emmanuel Bonde, le 29 juillet de cette année, au Directeur de la Gestion des Carrières l’enjoignant de « lever cette suspension non fondée », rien n’a été fait. En cause, le refus de l’administration de la fonction publique de procéder à leur avancement sur titre, c’est –à –dire sur la base de leurs diplômes obtenus après un retour dans des écoles de formation.

 

Globalement, le calvaire de ces fonctionnaires dure depuis 2007, lorsqu’ils ont vu le traitement de leurs dossiers de reclassement suspendu. Selon les explications de Alain Vianney Menguele, chef de bureau des Intégrations au service des Personnels administratifs et financiers (CISBPAF) de la sous direction des Personnels fonctionnaires, « les dossiers auraient mis tant de temps à ce poste parce qu’il y aurait eu suspension du traitement de certains dossiers de reclassement sur titre ». Le même chef de bureau argue aussi que « dès sa prise de service au CBISPAF, sa hiérarchie lui aurait demandé d’arrêter les traitements y relatifs et les dossiers initiés lui ont été retournés par son chef hiérarchique avec la mention « Bien vouloir attendre l’instruction de la hiérarchie par rapport au reclassement sur la base du diplôme ».


Fonction publique à deux vitesses

 

Pour les fonctionnaires victimes de cette injustice, la seule explication plausible est la volonté des responsables du Minfopra de leur extorquer de l’argent pour assurer le traitement de leurs dossiers. L’une des têtes de file de ces fonctionnaires, Pierre Pepito Bolango, ne va pas par quatre chemins. Il accuse Madame Nfor, Catherine Moungwa, Philippe Ngolle Ngwesse, Peter Cho et Armand Menguele d’être les têtes pensantes de ce système qu’il qualifie de « pourri ». Son cas incite certainement à une telle sévérité. Sollicitant un reclassement sur titre au grade de secrétaire d’administration et de secrétaire d’administration principal depuis 2007, son dossier comme ceux des autres n’avaient toujours pas été solutionnés le 29 juillet dernier, à quelques jours de son départ à la retraite fixé au 31 août 2011.

 

Une colère qui est d’autant plus forte que cette démarche est contraire aux dispositions du décret n°94 /199 du 07 octobre 1994 portant statut Général de la Fonction Publique de l’Etat, mais aussi à celles contenues dans les différents statuts particuliers et spéciaux de certains corps de fonctionnaires de l’Etat. Des avantages pourtant reconnus aux fonctionnaires titulaires du brevet de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature(ENAM), aux fonctionnaires d’active des Douanes titulaires des diplômes de certaines écoles étrangères reconnues, des corps de la documentation et de la Comptabilité matière.

 

Saisie de ce dossier, l’inspection générale du ministère de la Fonction publique a interrogé MM. Menguele et Ernest Cho Ngu, directeur de la Gestion des carrières (nouvellement affecté à ce poste), tous les deux ont affirmé ne pas savoir l’origine de ces blocages.

 

Peu convaincue par ces explications, l’inspection générale du Minfopra a préféré s’adresser directement au ministre de la Fonction publique, Emmanuel Bonde. Les inspecteurs généraux constatent alors qu’ « en l’absence d’une base juridique justifiant le gel du traitement de certains dossiers de reclassements sur diplôme, il faudrait s’attendre à d’éventuels procès à ce sujet », avant de poursuivre « En attendant les instructions contraires de la hiérarchie qui n’auraient probablement pas un effet rétroactif, la justice sociale commanderait que l’on respecte les textes en vigueur ». Depuis lors, le ministre de la Fonction publique a donné des instructions qui n’ont toujours pas été appliquées à ce jour.

Bookmark with:

Deli.cio.us    Digg    reddit    Facebook    StumbleUpon    Newsvine
Mise à jour le Jeudi, 27 Octobre 2011 11:52
 
  • Les plus récentes
  • Les plus lues
  • Les plus commentées