péage routier: pourquoi les recettes baissent PDF Imprimer Envoyer
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Par Faustin Balla   
Vendredi, 13 Novembre 2009 20:39

Les recettes routières constituées en grande partie des fonds du péage routier, ont connu une baisse drastique depuis 2007. Au Conseil national de la route on accuse le Programme de sécurisation des recettes routières de mauvaise gestion. Enquête


La prochaine session du Conseil national de la route (Conaroute) qui se tient dans quelques jours, courant mois de novembre 2009 promet déjà d’être houleuse. Et pour cause, plusieurs parties prenantes à cette structure chargée de réfléchir sur les voies et moyens permettant un développement et un entretien harmonieux du réseau routier national, confient sous anonymat, fonder beaucoup d’espoir en la capacité du nouveau Premier ministre (Pm) Philémon Yang à opérer une véritable redynamisation des instruments de financement tels que le péage routier. Les membres du Conaroute qui partagent ce point de vue fondent leur raisonnement sur le fait que la chaîne d’intervenants dans la collecte et la gestion des fonds issus du péage routier est jonchée de goulots d’étranglement. Sous le magister d’Ephraïm Inoni, l’ex-Premier ministre, l’on avait perçu un souci de voir ceux-ci démantelés sans qu’on ne comprenne bien par contre les motifs de réticence observée. Plusieurs directives du Pm trouvaient ainsi du mal à se faire appliquer.

A titre d’illustration et selon une source au programme de sécurisation des recettes routières, les caisses de l’Etat reçoivent annuellement un peu plus de quatre milliards de francs CFA des taxes et pénalités récoltées auprès des usagers de la route. Ceci depuis l’exercice 2007. Un chiffre irréel lorsqu’on sait que le programme ci-dessus gère non seulement les recettes issues du péage, mais également celles venant du pesage routier. Pourtant en 2006 déjà, le comité de gestion du péage routier produisait seul le double de ce montant. Les pouvoirs publics en créant le programme de sécurisation des recettes routières avait cru mettre en place un dispositif plus efficace que le comité existant. Aussi lui avait-il également ajouté comme ressources, les revenus tirés du pesage. L’échec de cette opération vient d’ailleurs de se confirmer avec l’audit en cours au sein de cette structure. Au ministère des finances, on ne cache plus la probabilité de voir une refondation de la gestion des recettes routières survenir au terme de cet audit.

Décaissements sans traçabilité

S’agissant des causes de cette régression, les spéculations vont bon train. Il en ressort par exemple que le Programme souffre avant tout d’un mal congénital : son caractère dispendieux, soit 100 millions de francs CFA de budget annuel pour le fonctionnement ! Bien plus, les méthodes de travail en vigueur au Programme sont également sujettes à des interrogations. Les visites de contrôles par exemple sont devenues inexistantes. Pourtant elles avaient lieu systématiquement chaque fin du mois dans les péages. Mêmes les contrôles inopinés étaient réguliers.

 A ce qui précède s’ajoutent des comportements tenant à de la mal gouvernance. camerounactu.net apprend ainsi qu’il est courant que les agents affectés au Programme fassent des décaissements de fonds directement dans des péages sous forme de frais de mission ! Sans traçabilité. Or du temps du comité c’est le trésor public qui procédait à de tels paiements.

Les membres du Programme se défendent de ces différentes accusations. Ils arguent que leurs performances sont dues au fait que l’inflation observée des coûts des produits pétroliers a affecté le secteur des transports. Beaucoup de propriétaires de véhicules préfèrent emprunter ceux des agences de transport en commun plutôt que de prendre la route avec les leurs.

Mais quoi qu’il en soit, la situation décrite ci-dessus ne constitue plus une information même pour les décideurs. La preuve, le sujet a déjà fait l’objet de discussions au sein du Conaroute. Les dites discussions ont abouti d’ailleurs à des directives du Pm mais non suivies, d’effet. Des sources internes au Conaroute, ont confié que le Chef du gouvernement a par exemple demandé que des efforts supplémentaires soient déployés afin de rationaliser les gains du péage routier dans la boucle constituée des routes reliant Yaoundé à Douala, Bafoussam et Yaoundé. Selon les experts, les points de péage installés sur celles-ci fournissent environ 80% des fonds issus du péage routier. Toutefois, aucun indice ne prouve un quelconque début de mise en œuvre de cette directive. Il en est de même pour bien d’autres. Une attitude qui cache mal que le statu quo actuel profite à bien de personnes qui ont du mal à laisser s’échapper leurs avantages indus.
 

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Mise à jour le Samedi, 14 Novembre 2009 10:37
 
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