CEMAC : Un expert financier accuse Antoine Tsimi PDF Imprimer Envoyer
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Par Aboudi Ottou   
Jeudi, 25 Février 2010 09:49

Dans une chronique libre plubiée ce matin dans le quotidien camerounais le Jour, Jean-Marie Nsue, affirme que le président de la Commission de la CEMAC aurait soumis aux chefs d’Etat des propositions de décisions et de recommandations travesties «pour atteindre Le Vice-Gouverneur ANDELY qui aurait pu, comme par le passé, assurer l'intérim du Gouverneur si un nouveau n'était pas nommé tout de suite. »

 


Pourquoi Le Président de la Commission, Antoine Ntsimi a induit les chefs d'Etats en erreur. Les Communiqués de Presse des dernières réunions des organes de décision de la BEAC, tenues les 4 et 5 février 2010 à Yaoundé, confirment ce qui se murmurait déjà, à savoir que le Président de la Commission, Monsieur Antoine NTSIMI, avait soumis aux Chefs d'Etats des propositions de décisions et de recommandations, qui n'avaient pas été examinées et adoptées par le Comité Ministériel de l'UMAC ; elles ne découleraient pas des conclusions des Audits commandés et la plupart n'étaient pas conformes aux textes et statuts de la BEAC.


La plupart des ministres n'auraient donc vu certaines décisions et recommandations qu'à la lecture du Communiqué Final et à la réception quelques jours plus tard d'une longue liste de recommandations que Monsieur NTSIMI a fait rapidement signer au Président Centrafricain, dans la salle, à la fin du Sommet. Entre autres décision et recommandations, les suivantes posent des problèmes :

 

I- Les sanctions disciplinaires :La conférence des Chefs d'Etat a décidé de «relever de leurs fonctions Messieurs Philibert ANDZEMBE. Rigobert Roger ANDELY, André MFOULA et Madame Christiane Joëlle ASSAKO». Elle recommande par ailleurs qu'ils soient licenciés sans indemnités. Cette décision pose plusieurs problèmes :sur le fond, les accusations graves de collusion, de soupçon de corruption et autres fautes lourdes les sous-tendent ne proviendraient pas des conclusions des rapports des audits sur le placement à la S.G. et n'auraient pas été formellement établies. Sur la forme, si la nomination et la révocation du Gouverneur et du Vice-Gouverneur relèvent bien des compétences de la conférence des Chefs d' Etat, celles d'un Directeur Central et d'un cadre sans fonction nominative, ne relèvent pas de cette haute instance.


La Conférence recommande la « suspension trois (3) mois, sans solde ni indemnités de fonctions, des Membres du Gouvernement de la Banque... » et une « suspension d'un (1) mois, sans solde ni indemnités de fonctions, des Directeurs Nationaux... », pour les mêmes motifs non établis par les audits généraux de collusion, de mauvaise gouvernance, de soupçon de corruption, de fautes lourdes etc.... Si cette recommandation devait être appliquée, tous ces responsables suspendus ( y compris le nouveau Gouverneur, Directeur Général avant sa nomination) devraient rester chez eux, pendant trois pour les premiers et un mois pour les autres. Pendant ce temps qui ferait fonctionner la Banque, tant au siège que dans les Direction Nationales ?


Sur les gra\es malversations de Paris, des rapports d'audits déjà sortis, accablent descadres d'une filière nationale, le Président de la Commission est resté curieusement très laconique. Sur ce sujet où le monde entier attendait des décisions, le Président de la commission a tout simplement botté en touche ; juste deux phrases vagues, renvoyant les sanctions aux Autorités de la Banque avec l'aide des Etats.


Le président de la commission propose également un audit additionnel sur la gestion des signes monétaires dans laquelle il voit de la collusion et des soupçons de corruption, mettant ainsi cause la Banque de France et la Monnaie de Paris, institutions publiques Françaises, principaux partenaires de la BEAC dans le domaine.


II- Le contrôle et de l'assainissement de l'environnement du travail de la Banque.
La plupart des recommandations reprises ici sont déjà mises en application à la Banque en liaison avec le FMI, suite à la découverte des malversations du Bureau de Paris.
 

III - Création d'un Groupe de suivi d'un plan de renforcement de la BEAC présidé par la Commission de la CEMAC. Un tel groupe existe déjà. Monsieur Antoine NTSIMI, en cherchant à le présider, veut tout simplement diriger la Banque. Comment lui, le président d'une institution que tout le monde trouve inefficace, n'arrivant pas à bien conduire ses propres projets et dont les bailleurs de fonds demandent avec insistance le renforcement des capacités et l'amélioration de la gouvernance, va-t-il maintenant, en plus, venir chapeauter le fonctionnement courant de la BEAC? Pourquoi le Président de la Commission aurait-il posé de tels actes ? pourquoi prendre le risque de présenter des conclusions travesties des rapports des Audits aux Chefs d'état ?


Le Gouverneur ANDZEMBE avait déjà été retiré par son pays pour d'autres raisons, Le Président NTSIMI lui a quand même porté de graves accusations par rapport au placement pour atteindre Le Vice-Gouverneur ANDELY qui aurait pu, comme par le passé, assurer l'intérim du Gouverneur si un nouveau n'était pas nommé tout de suite.


Ce n'est pas par ignorance des textes qu'il a proposé à la conférence des Chefs d'Etat de relever de leurs fonctions, sur des accusation non établies, un Directeur et un Cadre, tous deux Camerounais, mettant ainsi en difficulté le Chef d'Etat du Cameroun dans ce sommet où tous les coups étaient comptés. D'autres cadres de toutes les nationalités, encore en fonction, ont vu leurs responsabilités mises en cause par les audits, tant dans le problème du placement que dans celui des maKersations de Paris, sans pour autant que leurs noms soient évoqués à Bangui.


Ensuite, pourquoi d'aussi virulentes accusations calomnieuses et de lourdes sanctions contre les Membres du Gouvernement et les Directeurs Nationaux, qui ne sont impliqués ni dans le l'affaire du placement, ni dans celle du Bureau de Paris, à qui les audits de la Banque ne reprochent rien et dont la plupart ne sont là que depuis très peu de temps? Pourquoi chercher à tout prix à discréditer des institutions partenaires de la BEAC : Banque de France, monnaies de Paris, Société Générale, avec lesquelles celle-ci doit continuer à travailler?


Le sommet de Bangui était annoncé comme celui de toutes les incertitudes. La rotation des postes de responsables des Institutions par ordre alphabétique était largement évoquée même exigée par certains Etats. Tout était donc possible.
Malheureusement, cela ne s'est pas passé comme il a prévu, les Chefs d'Etat ont choisi M.ABAGA NCHAMA, Equato-Guinéen, Directeur Général jusqu'à sa nomination.


C'est ainsi que le Conseil d'Administration et le Comité Ministériel, à travers leurs résolutions, sont en train de reprendre la main et essayer, autant que faire se peut, de limiter les dégâts causés par ces manipulations. Ils devront forcément remonter jusqu'aux Chefs d'Etat et leur dire la vérité.


Certains de ces problèmes vont arriver sur la table du nouveau Gouverneur dont on dit qu'il est respectueux des textes, intelligent et courageux. Une de ses priorités annoncées étant la restauration de la sérénité au sein de la Banque, il lui faudra toutes ces qualités pour les traiter avec tact et en toute indépendance afin, non seulement de rassurer les responsables de tous les niveaux qui, suite aux décisions inédites de Bangui, se sentent sous la menace de sanctions venues d'ailleurs, mais aussi de ramener un climat de confiance et de respect dans les relations avec des différents partenaires.


Expert financier, Yaoundé

 

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