| An 27 : les chantiers actuels du renouveau |
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| Par la rédaction | |||
| Vendredi, 06 Novembre 2009 14:10 | |||
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Paul Biya a 27 ans à la tête du Cameroun ce 06 novembre. Un anniversaire placé sous le prisme de
La démocratie en construction Le président Biya a accédé à la magistrature suprême le 06 novembre 1982, après la démission du premier président Camerounais Ahmadou Ahidjo deux jours plus tôt. Depuis lors, l’homme a imprimé sa marque sur le terrain politique, avec entre autre l’ouverture démocratique. par Eric Boniface Tchouakeu « Je voudrais que les Camerounais retiennent de moi, l’homme qui leur a apporté la démocratie », confiait Paul Biya à un journaliste français au cours de ses premières années de pouvoir. Après avoir annoncé sa fidélité et en même temps la rupture par rapport à la politique menée plus d’une vingtaine d’années durant par son prédécesseur, Paul Biya a tracé les grandes lignes de sa philosophie politique, baptisée politique du Renouveau dans son livre intitulé : « pour le libéralisme communautaire ».L’auteur est déjà préoccupé par les questions de démocratie dans cet ouvrage. Cependant c’est à la fin des années 1990, c’est vrai sous la poussée des fortes contestations politiques internes, du discours de La Baule prononcée par le président Français François Mitterrand, qui encourage la démocratisation des pays Africains, et même du vent d’Est, diront certains que le président Biya a décidé de mener le Cameroun sur le chemin de la démocratie. Il fera notamment voté, par un parlement monocolore, de nombreuses lois dites lois des libertés en décembre 1990.L’une de ces lois autorisait le multipartisme, et c’est ainsi que plusieurs formations politiques vont naître à côté du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais, parti unique à l’époque.
Le peuple, arbitre du jeu politique
C’est en 1992 que Paul Biya a fait pour la première fois face aux élections pluralistes multitipartisanes, avec du succès puisqu’il a été réélu à la tête du pays. Il ne cesse depuis de se faire réélire. Les perdants ont à chaque fois dénoncé les fraudes au profit du vainqueur et la façon dont le processus électoral est conduit. En réponse à ces critiques, Paul Biya essaye de proposer des correctifs. On a ainsi vu par exemple la mise sur pied d’un Observatoire National des Elections, et puis tout récemment la création d’Elections Cameroon, un nouvel organe indépendant chargé de gérer l’ensemble du processus électoral au Cameroun. L’on attend encore de voir cet organisme à l’œuvre pour apprécier les opinions de ses défenseurs et celles de ses poufendeurs.Les élections libres sont à la démocratie ce que le sang est au corps humain et le mérite est déjà de réussir à organiser ces élections suivant le calendrier prévu, et de permettre au peuple de s’exprimer, même si des efforts devant aboutir à un véritable consensus sur les lois électorales, c’est-à-dire les règles du jeu, doivent se poursuivre. La liberté d’opinion en marche Contrairement au passé, les lois permettent aujourd’hui aux citoyens Camerounais d’émettre leurs opinions sans la moindre inquiétude. En pratique cela est bien visible à travers plusieurs supports qui permettent de véhiculer la pensée. Et l’un des supports utilisés pour véhiculer la pensée est la presse. Il existe au Cameroun plus de 600 presses écrites, plus de 100 chaines de radios commerciales etcommunautaires et plus de 10 chaines de télévisions. Chaque organe a sa ligne éditoriale et traite l’information en toute indépendance, en toute liberté. Seuls quelques médias notamment deux radios privées, ont récemment été fermées par le gouvernement, à cause entre autre des dérives professionnelles. Les journalistes dans leur grande majorité approuvent ces mesures. La liberté d’expression, il faut le signaler est un corollaire de la démocratie, car la presse de par sa mission de veille dans la société, est considérée comme le 4ème pouvoir, mieux un contre poids aux pouvoirs éxécutif, législatif, et judiciaire. Le renouveau en permettant à la presse d’être libre a marqué un point important sur le terrain de la démocratie. Reste cependant à donner à l’ensemble de cette presse des moyens pour qu’elle puisse fonctionner de façon optimale, et la débarrasser de ces brebis galeuses. C’est la démocratie camerounaise qui en sortira grandie.
Diplomatie : la touche Paul Biya
Le président de la république durant les 27 ans de son règne a adopté une méthode douce, presque discrète, mais efficace. Par Bob Rice L’action diplomatique forte et qui peut servir de modèle sur le plan international est la façon dont Paul Biya a mené le différent territorial qui a opposé plusieurs années durant le Cameroun et le Nigeria au sujet de la presqu’île de Bakassi. Au lieu d’utiliser la force militaire, la solution que lui ont à maintes reprises quasiment imposés les événements sur le terrain, les militaires Nigérians ayant envahi plus de la moitié du territoire querelé, le président a privilégié le dialogue, et la force du droit. Ainsi après plusieurs années de procédure devant la CIJ, la cour internationale de justice à La Haye aux Pays Bas, une juridiction créée par l’ONU, le Cameroun a fini par obtenir une décision favorable le 10 octobre 2002.Ce jour là en effet, la cour dans un arrêt, a reconnu que la péninsule de Bakassi était un territoire camerounais. A côté de la procédure en justice, Paul Biya n’avait pas rompu le dialogue avec les autorités nigérianes. On l’a vu à plusieurs sommets sur la question de Bakassi, à Cara au Togo, Genève en Suisse ou encore Greentree aux Etats-Unis. Chaque sommet était une occasion de dialogue entre le Cameroun et le Nigeria. Même après la décision de la CIJ, c’est par la concertation notamment au sein de la commission mixte, mise sur pied par les deux pays sous l’égide de l’ONU, que l’arrêt a été complètement mis en œuvre. Le Cameroun a récupéré Bakassi de manière concrète et définitive le 14 août 2008.Et depuis lors le pays et son voisin Nigérian ont décidé d’intensifier leurs relations notamment économiques. En dehors de la solution du problème de Bakassi, le président Biya depuis son arrivée au pouvoir honore toutes les rencontres internationales intéressantes pour le Cameroun tant au niveau sous régional, Africain que mondial De manière officielle ou discrètement il défend les intérêts du Cameroun et prête son concours à la résolution des problèmes internes dans certains pays, ou des conflits à grande échelle
L’économie au centre des préoccupations du Renouveau Depuis son accession à la magistrature suprême, le chef de l’Etat camerounais accorde une attention particulière à l’économie nationale. par Dourlaye Ce n’est un secret pour personne. Tous ou presque s’accordent à dire que le Cameroun est le moteur de l’Afrique Centrale. Un compatriote avait dit « il suffit de fermer le robinet Cameroun pour voir les pays voisins souffrir ». Il est vrai que la nature a doté le Cameroun d’une géographie propice au développement mais c’est d’abord l’œuvre de tous les camerounais et de son chef, le président Biya Paul Biya. Il ne faut pas mettre entre parenthèses la terrible épreuve de 1986 que les spécialistes nomment crise économique. Toutes les conditions semblaient réunies en ces moments là pour que les camerounais baissent les bras. Mais réalistes et optimistes, ils avaient reçu de leur président la ferme assurance qu’ils ne seront pas abandonnés. Le surendettement étant resté persistant, l’initiative en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) mise en place à la fin des années 90 est venue consacrer une nouvelle phase et offre visiblement de nouvelles opportunités. Le début de la relance économique Grâce à l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative Pays Pauvres très endettés (PPTE) le 28 avril 2006, le Cameroun a conquis sa crédibilité auprès des instances financières internationales et de ses partenaires au développement. Aujourd’hui le défi majeur de la politique économique du pays c’est le raffermissement et la consolidation de la croissance économique. Et pour y parvenir, le gouvernement s’est appuyé sur un vaste programme d’investissement dans divers secteurs. Et le document porte bien son nom. Il est structuré en trois grandes parties, la première consacrée aux infrastructures et à l’énergie, la deuxième au transport et communications et la dernière à la production agricole Infrastructure et énergie
Ce secteur concerne les domaines routier, portuaire, aéroportuaire, et les télécommunications, etc. Ainsi, le premier projet est la construction d’un barrage réservoir d’une capacité de 6 milliards de m3 à Lom Pangar, dans la région de l’Est Cameroun, département du Lom et Djerem. Evalué à environ 120 milliards de FCFA, le barrage devrait permettre d’accroître l’offre énergétique de manière à satisfaire, à moindre coût, les besoins en électricité, pour améliorer la compétitivité des entreprises et soutenir la croissance économique du pays. Il va aussi permettre d’augmenter la régulation du fleuve Sanaga et saturer, en période d’étiage, les centrales hydroélectriques situées ou à construire en aval (Song lou lou, Edéa et Nachtigal). Le second projet ici est celui de l’aménagement hydroélectrique de Memve’ele, dont l’objectif spécifique est de produire de l’électricité en quantité suffisante pour sécuriser le Réseau interconnecté Sud (RIS), et connecter éventuellement la Guinée Equatoriale et le Gabon. Coût des travaux, 365 milliards de FCFA. Transport et communication
Tout d’abord, il y a ici le programme d’accompagnement du port en eau profonde de Kribi. D’un coût total estimé à 282 milliards de FCFA, le Port en eau profonde de Kribi sera une infrastructure de pointe sur la côte Ouest africaine. Il devrait entraîner la construction d’un complexe industrialo-portuaire associé, l'exploitation des mines, la création de la desserte ferroviaire du port et son raccordement au réseau ferroviaire national et la construction d'autres voies de communication pour rallier le site. Il est question notamment de réhabiliter l’actuel aérodrome situé à une quinzaine de km de Kribi, doté d’une piste de 2000m de long, mais qui ne dispose pas d’aérogare. Les premières études qui précèdent la phase de construction ont commencé. Le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire était sur le site le 14 octobre dernier. Les travaux de construction des installations purement portuaires vont démarrer en mars 2010. Ensuite, il y a l’aménagement des entrées Est et Ouest de la ville de Douala ; Longueur totale des accès, 32,8 km dont 19,3 coté Est et 13,5 coté Ouest. L’analyse des trafics et la projection à l’horizon 2030 ont conduis à échelonner la réalisation des travaux de près de 120 milliards de FCFA HT, l’agence française pour le développement (AFD), la banque mondiale et le japon sont les principaux bailleurs. Enfin dans ce domaine, il y a le projet de contournement de la ville de Douala avec franchissement du wouri. Il s’agit en effet de la construction d’un deuxième pont sur le Wouri. Selon la municipalité de Douala, 33.000 véhicules empruntent chaque jour ce pont. Des experts ont constaté que certains des pylônes de l'ouvrage, qui vibre au passage des véhicules, ne reposent plus sur rien au fond de l'eau. L’ouvrage a été réhabilité pour un montant de 13 milliards de FCFA. Une étude pour la construction d'un deuxième pont sur ce fleuve Wouri a été bouclée en février dernier mais le problème de son financement n'est pas résolu pour le moment. Développement de la production agricole C’est le domaine le plus consistant en matière de projet pour le gouvernement, le premier étant le développement des filières de croissance et de compétitivité. Il s’agit dans le secteur agricole, des filières palmier à huile, mais, riz, manioc, oignon, banane-plantain, élevage à cycle court. Les principales composantes sont entre autres le renforcement des capacités de recherche et de production pour la mise à disposition des semences de base de qualité, l’appui à la productivité et à la mécanisation agricole, la formation des exploitants dans l’utilisation d’engins agricoles. Et dans le secteur industriel (bois, coton, tourisme…), il est question d’aider à la transformation du bois, réhabiliter, aménager et désenclaver les parcs nationaux et les sites touristiques. Autre projet, le programme de reconversion économique de la filière banane-plantain, qui consiste à : ouvrir le monde paysan à de nouvelles perspectives de développement économique et social, promouvoir la production industrielle de la banane-plantain, moderniser, densifier et diversifier les sentiers industriels de l’arborescence de la filière. La phase pilote du programme est évalué à 31,5 milliards de nos francs. Ensuite, il y a le projet de mise en place de cinq (05) instituts agricoles au Cameroun, soit un institut par zone agro écologique. Le coût du présent projet est de 55 milliards de FCFA et devrait durer deux ans. L’objectif est de développer la formation initiale et continue des professionnels dans les métiers agropastoraux en vue d’accroître la production et la productivité dans ce domaine, favoriser l’insertion socioprofessionnelle et la croissance. Le neuvième projet consiste en la mise en place des unités d’abattage, de conditionnement et de stockage au Cameroun. Objectifs, améliorer durablement la compétitivité de la viande camerounaise sur le plan local et régional, sécuriser la viande camerounaise par rapport aux risques de pandémie (grippe aviaire et porcine…). Avec 46 milliards de FCFA chaque chef lieux des 10 régions du pays devrait être doté d’une unité entièrement équipée. A noter qu’un cadre juridique régissant les partenariats public-privé a été mis en place. Il permet aux investisseurs/ opérateurs privés de réaliser sans garantie de l’Etat des infrastructures, d’en assurer la gestion et l’exploitation pour obtenir le retour de l’investissement. C’est aussi ça les grandes ambitions !
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| Mise à jour le Mardi, 10 Novembre 2009 10:26 |
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