| NOUN : Le Roi et le Maire se déchirent à Foumban |
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| Par Aboudi Ottou | |
| Lundi, 05 Octobre 2009 07:04 | |
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15 Août 2009, MBOMBO NJOYA vient de marquer des points dans « la guerre » qui l’oppose à son rival politique NDAM NJOYA pour le control de l’ère géographique Bamoun. Ibrahim VESSAH MONGBET, soutenu par le sultan et les autorités administratives a été installé comme chef supérieur du groupement NJINKA, dans l’un des plus grands foyers Bamoun dans les encablures de Foumban au détriment de son oncle NDAM NJOYA, soutenu quand à lui par une vingtaine de chefs de villages. C’est l’épilogue d’un feuilleton qui dure depuis le 23 Septembre 1993 date du décès de l’ancien chef ALASSA VESSAH MFOUAPOU. Le conflit s’est matérialisé par une série d’affrontements qui ont fait un mort et de nombreux blessés. NDAM NJOYA se dit tout simplement victime d’un complot, savamment ourdi par son rival politique de toujours dans la région, le sultan MBOMBO NJOYA roi des Bamoun. La veille de l’installation de VESSAH MONGBET comme chef supérieur NJINKA, le préfet du Noun a reçu par le canal de son deuxième adjoint un mémorandum. Un document de quatre pages qui remet en question l’installation de VESSAH MONGBET à NJINKA. Le document est signé de 15 personnes dont ADAMOU NDAM NJOYA. Ces personnes estiment que « la procédure de désignation du soit disant chef du groupement NJINKA n’a pas respecté les normes règlementaires en vigueur, donnant ainsi l’exemple type illustrant les connivences entre l’autorité traditionnelle principale (le sultan roi des Bamoun) et les autorités administratives… », Lit-on dans ce mémorandum adressé au Chef de l’Etat Paul BIYA. Au cours de cette installation aussi, des militants UDC conduit par trois députés de ce parti dont Patricia TOMAINO NDAM NJOYA (épouse NDAM NJOYA) venus manifesté leur opposition huent le cortège du roi MBOMBO NJOYA.
La haine entre les deux hommes est telle que sur le calendrier 2008 produit par la commune de Foumban dirigée par NDAM NJOYA, calendrier retraçant la lignée des Rois Bamoun, le 19e Roi de la lignée, IBRAHIM MBOMBO NJOYA n’y figure pas.
Division de la société Bamoun
Tous les évènements regroupant l’UDC, l’Union Démocratique Camerounaise et le RDPC, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais ou la suite royale ne se terminent presque toujours jamais sans éclat de voix. Il y a quelques semaines, lors de l’inhumation de NJI NJORI, un notable à la cours royale et cacique de l’UDC, une altercation oppose des militants UDC à la suite royale. A l’origine, une banale affaire de préséance entre le Roi et les dirigeants de l’UDC. Dans la capitale politique du Noun, Foumban, les structures sociales sont en paire, ou en voie de l’être : Un lieu de prière construit par MBOMBO NJOYA, un autre par NDAM NJOYA ; un centre de santé par l’un, un autre par l’autre ; Une radio communautaire pour le sultan, une autre en construction pour le maire. « J’ai fais construire un puits dans mon village (Foumban). Pendant la saison de pluie aucun militant UDC ne vient puiser de l’eau. Ils disent que c’est l’eau du RDPC. En saison sèche, certains viennent la puiser la nuit suppliant mes parents de ne pas faire courir le bruit de leur présence », témoigne Henri TOUPENDI, diplomate, historien et militant RDPC. « Même après les deux hommes, nous ne sommes pas loin du scénario rwandais » affirme-t-il.
Un combat entre deux hommes et deux idéologies politiques
Les premières frictions entre NDAM NJOYA et MBOMBO NJOYA remontent à 1982. Cette année là, le président AMADOU AHIDJO renvoi NDAM NJOYA du gouvernement et le fait remplacer au regard de l’équilibre régionalo-politique en vigueur au Cameroun par MBOMBO NJOYA. Avec l’arrivé de Paul BIYA à la tête du pays, les choses vont se compliquer pour le président de l’UDC. Paul BIYA ne porterait pas NDAM NJOYA à cœur. Du temps où il était premier Ministre, NDAM NJOYA outrepassait son autorité pour se référer directement au Président de la République. Selon le politologue Mathias Eric OWONA NGUINI, les deux hommes seraient également opposés dans la « guerre » pour la succession du président AMADOU AHIDJO. BIYA va maintenir MBOMBO NJOYA au gouvernement jusqu’à son intronisation comme Roi des Bamoun en 1992. « De 1982 à 1992, MBOMBO NJOYA va travailler pour détruire la carrière étatique de NDAM », confesse Henri TOUPENDI. « NDAM NJOYA va profiter du multipartisme pour se tailler un territoire, une audience politique qui lui permet de ressurgir ».
1991, NDAM NJOYA crée son parti et le présente aux Bamoun avec la bénédiction du Roi d’alors, NJI MOLUH SEIDOU, le père de MBOMBO NJOYA. Lors des rixes électorales de 92 et 96, les deux frères enveniment la population. Le sultan (MBOMBO NJOYA qui a succédé en 1992 à son père NJIMOLUH SEIDOU) ordonne à ses sujets « d’adhérer à son parti, le RDPC, au risque de ne pas bénéficier des fruits de la croissance ». Le président de l’UDC de son côté diabolise le Roi et prétend lutter « pour libérer les Bamoun du joug de la famille royale » à laquelle il appartient lui-même. On assiste à un schisme au sein de la population. Avec la victoire de NDAM NJOYA sur MBOMBO NJOYA pour la course à la mairie de Foumban, la crise devient interminable. Ce qui se présente en 1996 comme un combat électoral pour la mairie de Foumban se transforme. « Je ne pense pas que NDAM NJOYA soit contre la monarchie. Il a un autre projet de formalisation de la monarchie qui soit à son avantage. Aujourd’hui, le combat entre NDAM NJOYA et MBOMBO NJOYA est un conflit d’appropriation de ce qui reste de l’institution monarchique Bamoun ». Observe le politologue OWONA NGUINI.
Au sultanat, les proches du Roi tentent de masquer le côté politique du conflit. D’après NJI NCHARE, directeur des affaires culturelles au palais royal et particulier du Roi, la pomme de discorde entre les deux hommes est une affaire de succession au sein de la famille NJOYA AROUNA à laquelle appartient NDAM NJOYA. A la mort de VESSAH NJOYA, successeur de NJOYA AROUNA père de NDAM NJOYA, en 1993, NDAM NJOYA veut succéder à son frère au mépris du testament de leur père et de la tradition Bamoun.
Toujours est-il que c’est avec l’avènement du multipartisme au début des années 90, que les batailles entre ces deux commis de l’Etat se sont révélées au grand jour. Des batailles qui plombent le développement du Noun. Foumban, mère de la réunification du Cameroun, jadis menue d’un réseau d’adduction d’eau et d’éclairage public est aujourd’hui assoiffée et plongée dans le noir.
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| Mise à jour le Vendredi, 16 Octobre 2009 14:44 |
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