| Attaque : Des pirates sévissent encore à Bakassi |
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| Par David Nouwou, LNE | |||
| Mardi, 30 Mars 2010 10:15 | |||
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Une brigade de gendarmerie saccagée. Des armes et des munitions emportées, de même que le moteur de l’embarcation du sous-préfet de Bamuso. Les assaillants sont repartis comme ils sont venus. Arrogants.
Les quelques hommes au poste ne pouvaient riposter. D’abord parce que leur effectif ne leur permet pas d’engager une résistance qui s’assimile à un suicide. Ensuite parce qu’ils ont été pris de court. Selon les mêmes sources, les policiers qui tenaient un poste de police, non loin de là, ont eux aussi décampé devant la puissance de feu des assaillants qui ont tiré sans cesse depuis leur débarquement.
Les pirates, qui n’ont rencontré aucune résistance en face, auraient saccagé la brigade de gendarmerie et récupéré toutes les armes et minutions en stock dans le magasin. Pour l’heure, on ignore la quantité du butin emporté dans cette unité de gendarmerie. Mais ils se seraient retirés après plusieurs heures de tirs nourris, en emportant le moteur de l’embarcation du sous-préfet de Bamuso.
L’ennemi ne dort jamais
Un militaire habitué des missions à Bakassi qui connaît bien la région relativise l’importance de cette attaque en indiquant que le poste de gendarmerie de Bamuso, le plus avancé en mer, est légèrement équipé parce qu’il sert simplement de surveillance. Et que le gros du contingent d’hommes armés se trouve un peu plus à l’intérieur du continent, à Djangassa où vit l’essentiel de la population de cet arrondissement.
Les assaillants que des sources militaires évaluent à une cinquantaine, sont repartis. Sans être inquiétés.
Depuis bientôt huit mois que le Bataillon d’intervention rapide (Bir) est déployé dans la région de Bakassi, on n’a plus entendu parler des attaques des pirates de mer qui étaient devenues fréquentes dans cette péninsule très riches en ressources pétrolières et halieutiques dont le processus de rétrocession au Cameroun par le Nigeria n’est pas entièrement à son terme.
Peut-être prenaient-ils le temps d’étudier les forces et les faiblesses de ce corps d’élite tant vanté et présenté comme « la terreur des terroristes ». Une source haut placée dans le corps de la défense nationale met un bémol sur cette attaque. « il n’existe de degré zéro de sécurité dans aucun pays du monde souligne-t-elle. L’ennemi ne dort jamais et il est comme le virus qui, en permanence, est en train de chercher à nuire. Il faut simplement tirer les conséquences de l’attaque. Et Bakassi a un bon dispositif de sécurité ».
Urgence que le Bir redore son blason
Ce corps expéditionnaire qui va désormais assurer la sécurité de la péninsule justifie d’une formation d’hommes rompus dans les techniques de lutte contre la grande criminalité. Comme les pirates de mer. Les moyens de télécommunication par satellite, notamment les systèmes Gps dont ils se sont dotés leur permettent un quadrillage efficace de tout le golfe de Guinée. Démonstration de cette puissance de frappe a été faite au ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense , Edgar Alain Mebe Ngo’o et sa suite en novembre dernier, lorsqu’il a initié sa première visite des unités relevant du deuxième secteur militaire interarmées répartis dans les régions du Littoral, du Sud Ouest, de l’Ouest et du Nord-Ouest.
Discrédit
Depuis que le Bir est là donc, c’est la paix sur la façade maritime du Cameroun. Cette sécurité est naturellement mise à l’actif du Bir, croit-on fermement dans l’opinion publique. Comment alors comprendre que des assaillants aient pu sillonner cette région au point d’atteindre la zone de Bamuso, commettre des forfaits et repartir sans que le Bir qui est supposé couvrir toute la région ne s’en rende compte?
Sur un terrain où l’on ne l’attendait point, c’est depuis la nuit du 23 au 24 février 2010 que ce corps d’élite s’est invité brutalement dans l’actualité nationale plutôt par des exactions que ses éléments ont perpétrées sur les populations civiles à Limbe, faisant plusieurs dizaines de blessés et des dégâts matériels importants.
Le 15 mars dernier, le Mindef a prononcé des sanctions graves à l’encontre d’une vingtaine de ces éléments impliqués dans les exactions, des peines allant de la suspension temporaire à la radiation du corps des forces armées nationales. Comme si cela ne suffisait pas, moins d’une semaine plus tard, soit le 19 mars, une quinzaine des éléments du même corps se sont livrés aux actes de vandalisme à Kumba sur les conducteurs de mototaxi, dans une ville où ils n’étaient pas en mission. Ils sont quelques-uns encore détenus la compagnie de gendarmerie de la Meme pour besoin d’enquête. Tous ces faits viennent jeter un discrédit sur une unité d’élite qui a plutôt besoin de rassurer.
Cet ancien officier de l’armée israélienne chargé de l’encadrement des Bataillons d’intervention rapide (Bir) depuis sa création il y a une dizaine d’années au Cameroun, s’est toujours montré fier et confiant quant à la « discipline de fer » et l’efficacité à toute épreuve de ses hommes. Certains esprits rigides soutiennent même que c’est une armée dans une armée, parce qu’elle bénéficie des dotations et des formations spéciales. Son chef soutient plutôt qu’il fait beaucoup de chose avec très peu de moyens. Ce que des sources bien introduites dans l’armée ne démentent pas.
Du grand nord du Cameroun où cette unité donne de la riposte aux redoutables coupeurs de route, ses missions se sont élargies dans le grand sud, particulièrement dans la péninsule de Bakassi où les pirates de mer commençaient à régner en maîtres. Avec la rétrocession de la péninsule au Cameroun, la zone avait besoin d’une plus grande sécurisation. Afin que Yaoundé affirme sa pleine autorité sur le territoire retrouvé. Avraham Avir Silvan a donné toutes ces garanties.
Mais la discipline dont le Mindef dit qu’elle est « la force principale des armées », vient d’être mise à rude épreuve avec tous les actes de vandalisme dont ses hommes viennent de se rendre coupables. Le fait que des inconnus puissamment armés aient pu impunément violer le territoire que les hommes de cet ancien colonel sont supposés contrôler, suscite des interrogations et exigent des solutions dans l’urgence.
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| Mise à jour le Mardi, 30 Mars 2010 11:31 |
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