| Fru Ndi : La mue d’un opposant historique |
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| Par Pierre-Patrick Mouandjo | |||
| Samedi, 08 Janvier 2011 12:24 | |||
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En l’espace d’un mois, ce qui ne s’était pas produit en 21 ans de multipartisme au Cameroun, a eu lieu à deux reprises. John Fru Ndi a rencontré le président de la République. Et au moment où l’on annonce, que les deux hommes se verront à nouveau à Ebolowa lors du comice agropastoral, camerounactu s’intéresse au parcours sinueux du leader jusqu’ici incontesté de l’opposition camerounaise.
10 décembre 2010 et 5 janvier 2011. Ce sont là, deux dates clés dans l’histoire de la démocratie balbutiante du Cameroun. La première, renvoi au tout premier tête à tête accordé à John Fru Ndi par le chef de l’Etat camerounais, en marge de sa visite à Bamenda dans le cadre de la célébration du cinquantenaire de l’armée. Une audience intervenue après que diverses demandes allant dans ce sens du patron du Social democratic front n’aient obtenu de réponse.
La deuxième indication temporelle est liée, au souhait de meilleurs vœux de nouvel an adressés par le chairman au président de la République lors de la cérémonie consacrée à ce rituel au palais de l’Unité.
Si de l’avis certains politologues, à l’instar du Dr Mathias Eric Owona Nguini, ces deux événements inédits n’ont pas de véritable impact pouvant être considéré comme de « simples civilités », pour d’autres, comme le Dr Aboya Manassé, c’est la preuve d’une « convergence de vue par rapport à la marche du pays ».
Radical
Pourtant, l’homme qui s’est fait connaitre des camerounais le 26 mai 1990, en créant avec une dizaine de personnes, le Social democratic front à Bamenda s’est par le passé caractérisé par son radicalisme vis-à-vis du pouvoir.
A titre d’illustration, lors de l’élection présidentielle de 1992 survenue après le restauration du multipartisme, Fru Ndi, candidat copté par « l’Union pour le changement », une coalition de 20 partis politiques et associations, conteste les résultats du scrutin qui le classe deuxième avec 35% de suffrages exprimés contre 39% à son principal rival Paul Biya.
Le natif de Baba II, crie au complot, affirmant que les chiffres ont été manipulés en sa défaveur et que Biya et son régime sont illégitimes. Cela plus ses slogans vindicatifs et à la limite incendiaires tels « Suffer don finish » (« fini la misère »), « Power to the people !» (Pouvoir au peuple !) Ou encore « Biya must go ! » (Biya doit partir !) vont lui valoir pendant un temps, une assignation à résidence surveillée.
Autre fait, lors de l’élection présidentielle de 1997 pour protester contre le refus des pouvoirs publics de mettre en place une commission électorale indépendante, l’ex militant de l’Union nationale du Cameroun et conseiller municipal du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) à Bamenda, va décider de boycotter et ne pas présenter sa candidature pour briguer la candidature suprême.
Perte de vitesse
De retour face aux urnes en 2004 pour la présidentielle, Fru Ndi constate avec son score de 17,4% % que, sa notoriété auprès des électeurs s’est effritée. Idem pour le parti qu’il dirige d’une main de fer depuis 20 ans. De 42 parlementaires à l’Assemblée nationale en 1997, il n’en compte actuellement que 15. Le nombre de conseillers municipaux et de maires a lui aussi fatalement chuté.
Peut être est ce pour cela, que Fru Ndi décrit comme autocratique par ses anciens collaborateurs qu’il n’hésite pas à bouter hors de son parti, quand ceux-ci ne plient pas bagage avant, même s’il conteste des structures comme Elections Cameroon, au point de faire des recours, semble avoir perdu de son aura.
Retranché dans sa ferme de Ntarikon dans son Nord-Ouest natal, où il s’est reconverti dans le monde agricole après avoir fait dans les affaires (librairie et médias), le père de neufs ans dont les deux épouses ont rendues l’âme (Susan Ndi morte en accouchant en 1973 et Rose Ndi décédé en 2005 des suites de maladie), a plus d’une fois été accusé par ses compères opposants d’avoir des relations coupables avec le pouvoir qu’il a tant décrié.
Les casseroles
Selon plusieurs recherches dont celles du journaliste Xavier Luc Deutchoua (qui exerçait à Mutations) et du Comité catholique contre la faim et pour le développement (Ccfd), John Fru Ndi aurait accumulé une fortune de plus de 125 millions de dollars (environ 62.500.000.000 en francs Cfa), de laquelle, « plus de 70 % de l’argent provient de ses deals politiques avec le chef de l’Etat camerounais en fonction ».
En outre, d’après lesdites investigations, le « notable respectable » en référence à son patronyme Ni en sa langue locale, a « perçu 500 millions de Fcfa lors de la présidentielle de 2004 pour casser la dynamique de l’opposition qui préférait la candidature de Ndam Njoya à la sienne.
Tout comme son nom est associé à la mort tragique d’un de ses militants Grégoire Diboulé, décédée lors d’un affrontement interne du Sdf à Yaoundé en mai 2008. L’affaire est toujours en instance devant les juridictions pénales.
Et malgré qu’il n’harangue plus autant les foules qu’au l’aube de la décennie 1990, le septuagénaire né le 7juillet 1941, bien qu’il ne l’a pas encore déclaré officiellement, ni été investi par le Sdf, sera sans doute, le plus farouche adversaire de Biya en octobre prochain.
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| Mise à jour le Samedi, 08 Janvier 2011 13:28 |
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