Droits des séropositifs : La société civile divisée sur l’opportunité de légiférer PDF Imprimer Envoyer
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Par Dourlaye   
Jeudi, 02 Décembre 2010 11:19

Une conférence-débat, en prélude à la Journée mondiale de lutte contre le sida, s’est tenue ce mardi 30 novembre 2010à Yaoundé.

Le Réseau camerounais des associations des personnes vivant avec le VIH/SIDA (RéCAP+), une association qui milite pour l’adoption d’une loi spécifique destinée à faire respecter les droits et devoirs des personnes atteintes par la maladie, a convié les organisations sœurs autour du thème « Lumières sur les droits humains liés au VIH : Quel intérêt pour une loi spécifique autour du VIH au Cameroun ? ». Autrement dit, faut-il une loi spécifique pour protéger les personnes infectées ou affectées ?


Connaissant la solidarité des organisations de la société civile dans pareille sujet, on était loin de croire qu’on pouvait assister à des positions divergentes, contraires et contradictoires. Pourtant, c’est ce qui est arrivé lors de cette rencontre dont le modérateur le Docteur Mamadou Sakho, Représentant résident de l’Onusida, s’est retrouvé parfois en position d’arbitre.


Le son de cloche discordant est venu de La Cameroon National Association For Family Welfare (CAMNAFAW), une association œuvrant dans la santé de reproduction. Selon elle, « créer une loi spécifique pour les personnes vivant avec le Vih, contribuera à plus les discriminer et à les stigmatiser davantage. Parce qu’il faudra les traiter différemment».


Une position qui tranche nette avec celle de Michel Olivier Irogo, président du (RéCAP+) qui affirme que « des gens ont perdu leur emploi à cause de leur statut de séropositif. Certains statuts sont divulgués par le corps médical alors que ce statut doit être confidentiel. On a des procès en justice pour que ces personnes soient réhabilitées dans leurs droits. La loi est incontournable, puisque ces choses se passent dans l’indifférence totale ».


Jean Marie Talom, président du Réseau de défense des droits sociaux, de renchérir « certes il y a le code pénal qui protège tout individu, mais le fait qu’il ait été rédigé en 1967 alors que le sida fit son apparition vers les années 80, rend son application anachronique aux personnes infectées ».


L’unanimité escomptée des participants autour de la question, n’a pu donc être trouvée. « C’est ça aussi le Cameroun,a (dit Docteur Mamadou Sakho). Il y a toujours le pour et le contre et je crois que c’est ça qui nous permet de poser le problème pour avancer ».


Pour l’instant, 25 pays africains ont déjà adopté une loi spécifique sur le vih pour être en phase avec la Déclaration d’Abuja sur le vih.


Le dernier pays en date est le Sénégal qui a adopté en février dernier une loi qui prévoit des sanctions sévères à l’encontre de toute personne qui, de façon délibérée, chercherait à transmettre la maladie à d’autres personnes saines.

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